/finance/homepage

Deux fois plus de pauvres à Montréal

TVA Nouvelles

Photo: Agence QMI

Charles Lecavalier
Agence QMI

Depuis 1997, la pauvreté a reculé partout dans la province, sauf à Montréal, selon un rapport du Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion.

Un Montréalais sur cinq vit aujourd'hui dans la pauvreté, en augmentation de 1,4 point de pourcentage depuis 1997. C'est deux fois plus que dans la région de la Capitale-Nationale, où 8,9 % de la population a un faible revenu, en diminution de 2,6 % durant la même période.

En fait, la région de Québec est une véritable championne de la lutte contre la pauvreté. Elle se classe deuxième au pays en ce qui a trait au taux de faible revenu des personnes. Selon l'étude La pauvreté, les inégalités et l'exclusion sociale: état de situation 2012, Regina est en haut de peloton des populations avec le plus bas pourcentage de gens à faible revenu, mais la Vieille Capitale se positionne avantageusement devant Winnipeg et Calgary.

Montréal se trouve au 15e rang de ce classement, derrière Toronto, mais devant Vancouver et Halifax. Les trois régions métropolitaines québécoises (Sherbrooke, Québec et Montréal) ont toutes «connu une amélioration» par rapport aux autres régions du Canada au cours de la décennie.

En région, la proportion de Gaspésiens ayant un faible revenu a diminué de 5,7 points de pourcentage, s'établissant à 12 %. Même constat sur la Côte-Nord avec une diminution de 4,4 points de pourcentage. La proportion de personnes vivant dans la pauvreté dans le Nord-du-Québec a fondu de 50 %.

Les femmes s'enrichissent

Durant cette décennie, ce sont surtout les femmes et les jeunes qui ont tiré leur épingle du jeu. En 1999, 10,5 % des hommes et 12,7 % des femmes avaient un faible revenu. En 2010, la situation est inversée et 110 000 femmes de moins vivent dans la pauvreté. Elle ne sont plus que 9 % dans cette situation, contre 9,7 % pour les hommes.

En 10 ans, il y a 100 000 enfants de moins qui vivent dans la pauvreté, la proportion diminuant de 13,7 % à 7,5 %. En 1999, près de 40 % des familles monoparentales avec une femme à leur tête vivaient avec un faible revenu. Cette proportion est aujourd'hui de 25 %.

Politiques familiales

Les chercheurs du centre attribuent ces améliorations notables aux politiques familiales généreuses, comme les centres de la petite enfance et l'assurance parentale, ainsi qu'à la scolarisation de plus en plus importante des femmes québécoises.

Les personnes seules et les personnes âgées restent toutefois très vulnérables. Il y a 335 000 Québécois vivant seuls qui sont présentement dans une situation de pauvreté. Ce sont 50 000 Québécois de plus qu'il y a 10 ans. Il n'y avait que 16 000 personnes âges sous le seuil du faible revenu en 2010. Elles sont maintenant 5000.

* * *

PAUVRETÉ

728 000 Nombre de Québécois à faible revenu en 2010
836 000 en 2000

EN RECUL

100 000 enfants de moins
110 000 femmes de moins

EN AUGMENTATION

40 000 personnes âgées de plus
50 000 personnes seules de plus

L'enquête du Centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion est «très importante» et «indique la voie à suivre» dans l'établissement de nouvelles politiques sociales pour protéger les 335 000 Québécois vivant seuls avec un faible revenu.

«On n'a pas le droit comme société de laisser des gens à un tel niveau de dénuement. Je suis horrifiée. Avec 52 % du plancher de faible revenu en fonction du panier de consommation, les gens ont faim. C'est terrible», lance la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, en entrevue.

«Moisson Québec crie famine. Les banques alimentaires sont débordées», ajoute-t-elle.

«Ce document m'indique la voie à suivre. Il nous dit d'aider les personnes seules. Oui, ça veut dire mandater des fonctionnaires pour voir comment je pourrai répondre à ce besoin ciblé par des gens indépendants», explique Mme Maltais.

Elle qualifie l'étude de «jalon important» au moment où elle «réfléchit à revoir la solidarité et les régimes de retraite», rappelant que Pauline Marois lui a confié le mandat de «repenser la solidarité au Québec pour que les personnes les plus vulnérables en bénéficient».

«Il faut aller dans les banques alimentaires et dans les soupes populaires pour voir à quel point il y a des personnes seules qui sont rendues dans un état de pauvreté inacceptable dans une société moderne», ajoute la députée de Taschereau.

Agnès Maltais se réjouit par ailleurs de «l'amélioration exceptionnelle» du statut des familles monoparentales. «Eux autres sont sortis de la pauvreté. Quand tu commences à travailler, tu es vraiment sur la voie de la dignité d'abord et tu brises le cercle de la pauvreté», croit cette dernière.

CPE et assurance parentale

Elle souligne l'importance des centres de la petite enfance et de l'assurance parentale, «donc de la politique familiale déposée par Pauline Marois», dans «l'amélioration notable» de la qualité de vie des familles monoparentales.

«Il faut continuer ces politiques familiales. Il faut continuer de protéger nos enfants. Il faut continuer de protéger nos familles. Maintenant, attention! Il reste des exclus, les personnes seules. Il faut s'en préoccuper.»