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Accusé de s'être masturbé au cinéma

Rimouski

Alexandre D'Astous

Un homme de 71 ans de Jonquière, Rénald Bourgeois, est accusé d'avoir commis une action indécente en public en se masturbant dans une salle du cinéma Lido de Rimouski, le 27 septembre 2010, lors du Carrousel international du cinéma jeunesse.

Quatre personnes, dont l'accusé, ont témoigné jeudi lors du procès au palais de justice de Rimouski. L'accusé s'est décrit comme un amateur de cinéma de répertoire et de festivals.

Il dit avoir assisté au Carrousel de Rimouski à une quinzaine de reprises au fil des années, même chose pour le Festival du film de Rouyn-Noranda. Il s'est aussi rendu dans des festivals à Montréal.

Il a nié catégoriquement s'être masturbé et a dit ne pas comprendre pourquoi il avait été expulsé du cinéma.

«Je ne comprenais pas. C'est pourquoi je me suis rendu au poste de police pour dire qu'on m'avait expulsé sans raison. Je suis aussi allé rencontrer la directrice du Festival pour tenter de comprendre. J'ai toujours des bonbons et une bouteille d'eau dans mes poches. C'est peut-être ce qui a mené à la confusion», a-t-il indiqué.

Mouvements de va-et-vient

Une bénévole de l'organisation dit s'être rendue dans la salle après avoir reçu un appel au sujet d'un individu louche.

«Il était assis à l'arrière, dans la dernière rangée. Je suis resté debout, en diagonale avec lui, de manière à pouvoir l'observer du coin de l'œil. Quelques minutes après le début de la projection, il était en train de se masturber. Il avait la tête vers l'arrière et il faisait des mouvements de va-et-vient avec son bras. Je suis sortie chercher une autre adulte et je lui ai demandé d'aller voir si elle voyait la même chose que moi. Elle est revenue me dire que oui. Nous sommes alors allés rencontrer la directrice du cinéma et nous avons convenu de le faire sortir de la salle. À sa sortie, il avait un mouchoir sortant de sa poche et sa chemise était sortie de son pantalon», a-t-elle raconté.

L'avocat de l'accusé, Me Dominic Bouchard, de Saguenay, a plaidé que son client a rendu un témoignage franc et direct de négation.

«Tout est une question de perception. Il dit qu'il prenait des bonbons. Personne n'a vu ses organes génitaux et lors de son expulsion, il n'avait pas le pantalon baissé. S'il avait eu quelque chose à se reprocher, il se serait sûrement retourné rapidement vers le Saguenay, au lieu de se jeter dans la gueule du loup, au poste de police».

Le procureur de la Couronne, Me Luc Cyr, a parlé de la présence d'une preuve circonstancielle forte. «L'explication des bonbons ne tient pas la route puisque les mouvements de va-et-vient ont duré plusieurs minutes», a-t-il dit.

Le juge Jules Berthelot a pris la cause en délibéré. Il rendra sa décision le 3 mai à Matane.