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Un épisode dissociatif, dit une psychiatre

Procès pour meurtre de Tobby Carrier

Tobby Carrier ne voulait pas blesser et encore moins tuer trois membres de sa famille le soir du 31 mars 2009. C'est ce qu'est venue raconter une psychiatre qui témoigne pour la défense, cet avant-midi, au procès du jeune accusé de 22 ans au palais de justice de Rimouski.

La spécialiste, qui a rencontré Carrier à trois reprises pour un total de huit heures, a expliqué que, selon elle, le jeune homme a subi un épisode dissociatif au moment du drame, ce qui fait que son corps et son esprit étaient séparés.

Il semble que ce trouble soit typique des individus suicidaires avec humeur dépressive de longue date, comme c'était alors le cas de Tobby Carrier. Toujours selon la psychiatre, l'accusé serait atteint du trouble de personnalité limite.

Ce témoignage vient donc corroborer celui livré par l'accusé lui-même, hier, alors qu'il affirmait avoir ressenti «une perte de contrôle» et que c'est «[son] corps» qui avait commis les crimes.

La psychiatre a par la suite été malmenée par le procureur de la Couronne en contre-interrogatoire. Ce dernier a tenté de miner la crédibilité du témoin, demandant à la psychiatre si elle avait une expertise concernant les troubles dissociatifs.

Le témoin de la défense a été forcé de répondre par la négative, ajoutant cependant qu'elle avait assisté à plusieurs conférences et lu beaucoup sur le sujet.

La Couronne a aussi demandé à la psychiatre si quelqu'un pouvait feindre un épisode dissociatif. Elle a répondu que cela était possible, mais qu'elle croyait le témoignage de Tobby Carrier.

La preuve de la défense est maintenant terminée. Le procès fera relâche lundi et mardi prochain. La Couronne reviendra ensuite à la charge avec son propre expert en psychiatrie. Viendront finalement les plaidoiries à la suite desquelles les jurés seront séquestrés pour délibérer. On s'attend à un dénouement dans la semaine du 25 février prochain.

Tobby Carrier est accusé du meurtre prémédité de son frère, Ismaël, et de tentative de meurtre sur ses parents, Chantal Michaud et Nelson Carrier. Les crimes se sont produits à l'intérieur du domicile familial de Matane, dans le Bas-Saint-Laurent, il y a près de quatre ans.

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