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Nouvelles contradictions pour Borsellino

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

Le président de Construction Garnier, Giuseppe Borsellino, a une fois de plus été placé devant des contradictions, aujourd'hui, lors de son retour devant la commission Charbonneau pour une cinquième journée.

Alors qu'il affirmait, le 7 février dernier, avoir fait un chèque de 10 000$ pour Union Montréal en 2004, le témoin est venu dire le contraire ce matin. Avant l'ajournement des audiences publiques, M. Borsellino avait pris l'engagement de produire une copie du chèque qui aurait été remis à Martin Dumont.

Or, l'entrepreneur affirme avoir fait des recherches et ne jamais avoir retrouvé une copie du chèque en question ce qui lui fait dire qu'il n'a jamais contribué à l'ex-parti de Gérald Tremblay.

Relations avec des élus

Questionné au sujet de ses relations avec des élus, Giuseppe Borsellino a aussi admis avoir rencontré d'autres personnes autres que l'ex-ministre libéral Tony Tomassi. Le témoin a ainsi déclaré avoir rencontré Sammy Forcillo, ex-conseiller à la Ville de Montréal, et Frank Zampino, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal. Concernant M. Zampino, M. Borsellino affirme qu'il le rencontrait pour discuter «de perte de poids» et non pour discuter de certains projets.

La commission a aussi fait référence à la fondation de Construction Garnier, Garnier Kids, à laquelle des ministres libéraux ont versé des milliers de dollars en dons à même leur budget discrétionnaire entre 2005 et 2012.

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi ses ministres donnaient à la fondation, Giuseppe Borsellino a tout simplement répondu: «C'est parce que j'ai une bonne cause! C'est mon réseautage qui vient contribuer à cela.» L'entrepreneur a du même coup affirmé que Tony Tomassi et Jacques Dupuis ont participé à des activités de financement de la fondation.

Mafia

Fidèle à lui-même, Giuseppe Borsellino est resté pour le moins évasif lorsque la commission Charbonneau a entamé le délicat sujet de l'infiltration du crime organisé dans le milieu de la construction. Plus tôt dans son témoignage, le témoin avait affirmé que la mafia était partie prenante du domaine, mais avait dit ignorer en savoir plus.

«C'est qui, la mafia, selon vous?» a demandé le procureur de la commission, Me Simon Tremblay. «Je ne sais pas. C'est très difficile pour moi de dire qui sont les joueurs. Nous le sentons.» «Comment le sentez-vous?» a alors demandé la présidente, France Charbonneau. «Nous sentons qu'il y a de la pression. C'est difficile à expliquer. Le meilleur mot qu'on peut trouver c'est: mafia. Mais qui sont les joueurs? Je ne le sais pas», s'est contenté de répondre le président de Construction Garnier ajoutant que «jamais» le crime organisé n'a tenté d'infiltrer son entreprise.

Finalement, Me Tremblay est revenu à la charge concernant l'épisode de juillet 2009 au cours duquel Giuseppe Borsellino a été passé à tabac et dont le témoin dit, encore aujourd'hui, ignorer les raisons.

Le procureur a alors suggéré que c'est parce qu'il a ignoré Carboneutre (entreprise liée à Raynald Desjardins et Domenico Arcuri) lors du projet du prolongement de l'autoroute 25 et parce qu'il a «brûlé» Robert Marcil, sa «porte d'entrée» à la Ville de Montréal, que le président de Garnier a été battu, nécessitant une reconstruction du visage.

Loin d'approuver ou de nier, M. Borsellino s'est contenté de répondre qu'il ignorait les raisons de cette agression.

MISES À JOUR

14h32 - La présidente demande à Borsellino s'il a rencontré Catania ou Milioto peu de temps avant son témoignage. Admet avoir rencontré Catania «une ou deux semaines avant», mais dit ne pas avoir parlé de son témoignage.

14h30 - Fin du contre-interrogatoire par Me Décary.

14h27 - Borsellino dit que Tomassi n'est jamais allé sur le bateau d'Antonio Accurso. Témoin dit ne jamais avoir tenté de corrompre des fonctionnaires et des élus au niveau provincial.

14h21 - Fin du contre-interrogatoire par Me Tremblay. Témoin maintenant contre-interrogé par Me Michel Décary, avocat représentant le Parti libéral du Québec. L'avocat s'intéresse particulièrement à la fondation Garnier Kids. Borsellino dit que Jacques Dupuis a fait des dons parce que le fils de ce dernier est mort de la même maladie qu'a souffert le fils de l'entrepreneur.

14h14 - Reprise des travaux. Giuseppe Borsellino est contre-interrogé par Me Estelle Tremblay, avocate représentant le Parti québécois. Il est question des contrats du MTQ octroyés à Garnier.

12h36 - Fin du contre-interrogatoire. PAUSE DU DÎNER.

12h27 - On revient sur le contrat du collecteur de la rue Sherbrooke.

12h23 - Fin de l'interrogatoire en chef. Le témoin est maintenant contre-interrogé par Me Martin St-Jean, avocat de la Ville de Montréal. Me St-Jean s'interroge sur un contrat évoqué plus tôt et pour lequel la soumission de Garnier était 83% trop élevée.

12h09 - Procureur suggère au témoin que c'est parce qu'il a ignoré Carboneutre dans le projet de l'autoroute 25 et parce qu'il a «brûlé» Marcil, sa «porte d'entrée» à la Ville de Montréal (le directeur des Travaux publics a été forcé de quitter son poste, en juin, à la suite de l'histoire du voyage) qu'il a été sauvagement battu en juillet 2009. Borsellino répète une fois de plus qu'il ignore pourquoi il a été battu.

12h07 - Me Tremblay place le témoin devant une nouvelle contradiction concernant le prolongement de l'autoroute 25. Témoin affirmait avec certitude que Carboneutre (liée à Raynald Desjardins et Domenico Arcuri) ne pouvait pas traiter les sols contaminés et que c'est pour cette raison qu'il avait utilisé les services d'Écolosol (liée à Antonio Accurso). Faux, démontre un rapport de GENIVAR qui suggérait cinq emplacements pour disposer des sols contaminés, dont Carboneutre.

12h05 - Procureur demande si Dupuis est un «partenaire» de Borsellino, puisqu'il lui a présenté plusieurs projets. L'entrepreneur répond par la négative.

11h57 - Borsellino affirme que c'est Dupuis qui l'a introduit à Guy Gionet.

11h54 - Le témoin affirme ne pas se souvenir du «gars» auquel fait référence la première conversation et au cours de laquelle il est question d'une rencontre avec Guy Gionet, pdg de la SOLIM, bras immobilier du Fonds de solidarité FTQ.

11h46 - L'avocat représentant la FTQ s'objecte à l'écoute des appels. La présidente demande à Me Tremblay d'expliquer pourquoi la commission présente ces appels.

11h42 - On écoute trois appels entre Borsellino et Dupuis (17 avril 2008, 3 juin 2008 et 4 juin 2008).

11h40 - Giuseppe Borcellino a participé à une partie de pêche le 5 juin 2008, à Plattsburgh, avec Robert Marcil et Yves Lortie, à l'invitation de ce dernier. Témoin n'a rien payé. Or, au début de son témoignage, Borsellino avait juré avoir rencontré Marcil à seulement une ou deux reprises, lors de repas, avant de l'inviter en Italie. «J'ai oublié [la partie de pêche]», explique le témoin.

11h35 - Reprise des travaux. Le procureur passe en revue une liste de noms, demandant au témoin s'il connaît ces gens et, si oui, dans quelles circonstances il les a rencontrés.

11h12 - PAUSE

11h11 - «Nous sentons qu'il y a de la pression. C'est difficile à expliquer. Le meilleur mot qu'on peut trouver c'est: mafia. Mais qui sont les joueurs? Je ne le sais pas.»

11h08 - «C'est qui, la mafia, selon vous?» «Je ne sais pas. C'est très difficile pour moi de dire qui sont les joueurs. Nous le sentons.» «Comment le sentez-vous?» demande la présidente. Témoin incapable de répondre, répond qu'il le sent et c'est tout. «C'est difficile à expliquer.»

11h07 - Témoin affirme que le crime organisé n'a jamais tenté d'infiltrer son entreprise. «Jamais», tranche-t-il.

11h04 - Borsellino affirme avoir rencontré Raynald Desjardins au moins une fois.

11h00 - Procureur demande au témoin s'il est inscrit au Registre des lobbyistes. Répond par la négative, mais admet qu'il a essayé plusieurs fois d'y être.

10h58 - Commission produit une photo démontrant que FTQ-Construction contribue à Garnier Kids.

10h53 - La commission produit un tableau réunissant les dons versés par des ministres à Garnier Kids à même leur budget discrétionnaire (deniers publics) entre 2005 et 2012.

10h50 - Procureur soulève que plusieurs ministres du PLQ ont donné des milliers de dollars à sa fondation. «C'est parce que j'ai une bonne cause! C'est mon réseautage qui vient contribuer à cela.» Témoin confirme que Tony Tomassi et Jacques Dupuis ont pris part aux événements. Ne croit pas qu'il y en ait d'autres.

10h47 - Témoin questionné au sujet de sa fondation Garnier Kids. Début des activités de la fondation en 2004. À ce moment, la source principale de financement est un souper annuel.

10h43 - Borsellino parlait directement à Milioto. «C'est quelqu'un que je connais depuis longtemps.»

10h38 - Procureur demande au témoin quelles sont ses relations avec Nicolo Milioto, de Mivela. «On l'appelait pour des prix.»

10h31 - On revient à la preuve d'écoute électronique. Le procureur suggère que Borsellino voulait que sa relation avec Dupuis reste secrète. Témoin ne sait trop qui répondre. Ne croit pas qu'il s'agisse de cela. Selon lui, il voulait plus cacher sa relation avec Tomassi.

10h30 - Borsellino dit avoir connu Leo Housakos, mais avant qu'il soit sénateur. Il était alors à l'ADQ.

10h26 - «Avez-vous tenté de séduire d'autres élus?» «Je ne crois pas. Je ne suis pas certain.»

10h21 - Lors de leurs rencontres, Borsellino et Zampino auraient parlé de perte de poids, affirme le témoin. Dit qu'ils ne parlaient pas de travail.

10h14 - Témoin dit aussi avoir rencontré Frank Zampino à son bureau à une reprise. Ne se souvient pas de l'année. Peut-être en 2006, dit-il. «Je voulais qu'il me connaisse mieux.» Fait encore référence au réseautage. Admet finalement qu'il a «peut-être» rencontré M. Zampino une deuxième fois.

10h10 - Borsellino dit avoir mangé avec Sammy Forcillo. L'entrepreneur travaillait alors avec le frère de ce dernier sur un projet avec la Ville de Montréal.

10h09 - Alors qu'il affirmait que Jocelyn Dupuis était un «ami», le témoin parle maintenant de «bonne connaissance».

10h07 - Témoin dit avoir une routine aussi, mais pas la même qu'Accurso.

10h05 - Procureur demande en quoi consiste la «routine». «Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il fait des affaires et que c'est sa façon de faire. Je ne connais pas sa routine. Il va commencer avec les repas du midi et faire son travail.»

10h03 - Me Tremblay reprend officiellement l'interrogatoire de Giuseppe Borsellino et revient sur une preuve d'écoute électronique entre Jocelyn Dupuis et le témoin alors que ce dernier fait référence à Antonio Accurso. Borsellino faisait alors référence à la «routine» de ce dernier.

9h54 - Témoin dit maintenant ne jamais avoir contribué à Union Montréal. «Au meilleur de ma connaissance, non», dit-il.

9h52 - Procureur demande au témoin s'il a d'autres réponses à «corriger». «Je ne sais pas», répond M. Borsellino. «Donc, vous ne savez pas si vous avez dit la vérité?» demande Me Tremblay.

9h49 - Borsellino affirme se souvenir avoir parlé du chèque en question, mais précise qu'il n'était pas certain de ce qu'il affirmait à ce moment.

9h46 - Me Simon Tremblay, procureur de la commission, rappelle au témoin que c'est lui-même qui a affirmé avoir remis 10 000$ à Martin Dumont et non pas à la suite d'une suggestion.

9h43 - Après vérifications, Borsellino dit ne pas avoir fait de chèque de 10 000$ pour Union Montréal et qui aurait été remis à Martin Dumont. Témoin affirme maintenant ne jamais avoir vu Martin Dumont avant que ce dernier se présente à la commission Charbonneau. Il prétend qu'il a plutôt donné 6000$ pour les championnats de la FINA, à Montréal.

9h37 - On règle certaines technicalités, dont les engagements pris par le témoin lors de son témoignage.

9h35 - Giuseppe Borsellino, président de Construction Garnier, se présente à la barre et est assermenté.

9h34 - Début des travaux pour la journée.

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