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Tobby Carrier était-il hors de son corps lors du meurtre?

La défense fait valoir l'épisode dissociatif

Jeudi très chargé dans le procès de Tobby Carrier, ce jeune homme de 22 ans accusé du meurtre au premier degré de son frère Ismaël et de tentatives de meurtre sur son père et sa mère, le 31 mars 2009, à Matane.

La journée a débuté à 10h avec les plaidoiries des procureurs de la défense, Me Rodrigue Beauchesne, et de la Couronne, Me Guy Loiselle. En après-midi, le juge Michel Huot y est allé de ses directives aux jurés, 10 hommes et deux femmes. Il a repris en détail tous les témoignages entendus lors des trois semaines du procès, répétant aux jurés qu'ils avaient chacun à croire ou non les témoignages, en totalité ou en partie.

«L'accusé est présumé innocent et il n'a pas à démontrer son innocence, a indiqué le juge. C'est la Couronne qui doit démontrer, hors de tout doute raisonnable, la culpabilité de l'accusé. Servez-vous de votre bon sens. Tenez compte de toute la preuve pour déterminer ce qui est probable ou vraisemblable. Si vous croyez l'accusé, vous devez l'acquitter de l'accusation de meurtre au premier degré. Il y a un désaccord entre les experts sur l'état d'esprit de l'accusé au moment des événements. Comme la défense admet que l'accusé a causé la mort de son frère. Vous devez déterminer si Tobby Carrier avait l'intention spécifique de causer la mort d'Ismaël ou de lui causer des lésions corporelles qu'il savait de nature à lui causer la mort. Si la réponse est non, vous devez le reconnaître coupable d'homicide involontaire. Si c'est oui, vous devrez déterminer si son geste était prémédité.»

Les directives au jury devaient reprendre jeudi à 19h30 pour au moins une heure et le jury devrait commencer à délibérer seulement vendredi matin.

Plaidoiries

En défense, Me Beauchesne a plaidé que son client avait perdu le contrôle de son corps à la suite d'une surcharge d'émotion. Son experte psychiatre parle de dissociation.

«Pour déterminer la responsabilité de mon client, il faut comprendre son état mental, a déclaré l'avocat de la défense aux jurés. Sa mère dit qu'il avait un visage différent, comme s'il portait un masque, qu'il avait le regard vide. Son père déclare que son attitude a changé lorsqu'il a vu son frère s'effondrer.»

«Il ne posait plus de résistance, comme quelqu'un qui réalisait quelque chose, a ajouté l'avocat. Mon client dit qu'il voyait son corps agir sans avoir de contrôle. Il n'avait pas la capacité formelle de se dire qu'il allait tuer son frère. Nous vous soumettons que sa responsabilité criminelle était amoindrie et qu'il a frappé son frère par réflexe, par accident, dans sa poursuite avec son père.»

Me Guy Loiselle, de la Couronne, a demandé aux jurés de retenir tous les témoignages, car ils sont tous importants pour connaître l'état d'esprit de l'accusé. Il a rappelé que deux psychologues n'ont pas diagnostiqué de dépression chez Tobby Carrier. Il estime que la dissociation peut être feinte.

«Il a dit à son ami Mike Pelletier qu'il était déçu d'avoir raté son coup, que la gorge de sa mère était plus dure à couper qu'il le pensait, que ce n'était pas comme dans les films, a plaidé Me Loiselle. Lors de son arrestation, il comprenait les ordres et il les exécutait, ce que n'aurait pas été capable de faire un individu en dissociation. Le corps ne discute pas et pourtant l'accusé à répondu à deux questions de son père en disant qu'il n'avait rien pris et qu'il faisait ça parce que ses parents l'avaient mis au monde. Nous estimons qu'il avait prévu sa journée. Il a même pensé à mettre son capuchon pour ne pas se faire tirer les cheveux. Nous pensons qu'il a commis un meurtre au premier degré et deux tentatives de meurtre.»


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