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L'accusé raconte froidement son crime

Interrogatoire de Tobby Carrier

TVA Nouvelles

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Le sort de Tobby Carrier, accusé du meurtre de son frère et de tentative de meurtre sur ses parents, est maintenant entre les mains du jury qui délibère depuis ce matin au palais de justice de Rimouski.

Lors du procès, les jurés ont notamment pu visionner l'interrogatoire vidéo de Carrier, quelques heures à peine après les tragiques événements survenus rue de la Falaise, à Matane.

Alors qu'il rencontre l'enquêteur des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, Tobby Carrier raconte froidement et en détail le crime qu'il vient de commettre. Voici la transcription de deux extraits de cet interrogatoire.

«Je n'ai jamais vraiment eu le goût à la vie depuis à peu près mes 15 ans. Ça a fait que là, hier, j'étais écoeuré. Moi, mon rêve, c'était de tuer ma famille. Je sais que c'est bad comme rêve... Quand il y a un gros esprit de vengeance qui te torture pendant longtemps, tu sais... Je connaissais les conséquences de ce que ça allait engendrer, mais en même temps, j'avais le sentiment que je n'avais rien à perdre. Je n'avais pas peur de grand-chose. Je préparais mes affaires et un moment donné je me suis décidé quand ma mère était dans la salle de bain. Je suis arrivé en arrière d'elle. Comment dire ça... J'ai eu un peu de misère à agir. Quand ma mère me voit, elle me parle. Moi je joue la comédie et je lui parle normalement. Quand elle commence à prendre ses produits pour se maquiller, je ferme la porte, je mets ma main sur sa bouche, j'essaie de lui ouvrir la gorge, mais le couteau ne coupait pas. Elle criait, elle criait. J'ai continué. Un coup que c'est parti, tu continues. J'essayais de la tuer et là mon père a entendu ça. Il arrive, il ouvre la porte. Lui, je savais qu'il allait se défendre et que ça allait être quelque chose. Donc, je me mets tout de suite à l'attaquer. [...] Je lui donne un coup. Il se met à crier. Il a mal, il a mal. Il se couche à terre, je constate en deux secondes qu'il ne m'opposera pas résistance. Je continue à me battre avec mon père sauf que lui a réussi à me sortir et à barrer la porte. Je ne pouvais pas mettre mon pied, il me l'aurait écrabouillé carrément. En tout cas, il a réussi à me sortir de la maison. J'admets que c'est assez sadique ce que j'ai fait, mais j'étais contrôlé par la rage.»

Dès le début de l'interrogatoire, Tobby Carrier évoque son désir de mettre fin à ses jours. À un certain moment, il demande même à l'enquêteur s'il peut éviter la suite du processus.

«Si je veux mourir, est-ce qu'il y a une façon d'y arriver ou si je suis obligé d'aller en pénitencier et tout ça?
- Moi c'est sûr que... Je vais te demander une chose. C'est sûr que dans le poste de police ça n'arrivera pas. Tu ne mourras pas dans le poste de police, ça c'est clair. Je vais te demander une chose, c'est de ne pas essayer de le faire.
- De toute façon... Mettons que je n'ai rien à ma disposition.»

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