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Un appel au 911 qui donne froid dans le dos

Procès pour meurtre de Tobby Carrier

TVA Nouvelles

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Les jurés qui ont entendu la cause de Tobby Carrier, au palais de justice de Rimouski, sont maintenant séquestrés et ont entamé leurs délibérations cet avant-midi.

Les dix hommes et deux femmes doivent donc déterminer la responsabilité de Carrier lorsqu'il a tué son frère Ismaël et tenté de tuer ses parents le soir du 31 mars 2009. Parmi les éléments de preuve présentés au jury, on retrouve l'interrogatoire vidéo de Carrier, qui a aujourd'hui 22 ans, et l'appel au 911 fait par sa mère le soir du drame.

L'écoute de cet extrait donne d'ailleurs des frissons. On y entend Chantal Michaud, en panique, demandant de l'aide de toute urgence. Voici la transcription de la conversation entre la préposée du 911 et Mme Michaud.

«911, quelle est l'adresse de l'urgence?
- 26 de la Falaise. Vite, il y a deux personnes en train de mourir. Mon fils a tenté de nous tuer!
- Dans quelle ville, madame?
- Matane (cris)
- Mme Michaud?
- Oui!
- Quel est le problème exactement?
- Mon fils m'a poignardé plusieurs fois.
- Ok.
- Ainsi que mon mari et mon fils. Je vais m'évanouir.
- Ok. Là, est-ce que vous êtes... C'est vous qui êtes poignardée c'est ça? Madame? Allo?
- (cris, propos inaudibles)»

Cet appel a été fait vers 22h40, quelques minutes à peine après que le père, Nelson Carrier, a réussi à expulser de la maison son fils atteint d'une rage meurtrière.

«Mon rêve, c'était de tuer ma famille»

Lors de son interrogatoire quelques heures à peine après les événements, Tobby Carrier a non seulement passé aux aveux, mais a aussi affirmé regretter ne pas avoir réussi à tuer ses parents.


Tobby Carrier lors de son interrogatoire (Capture d'écran)

«Je n'ai jamais vraiment eu le goût à la vie depuis à peu près mes 15 ans. Ça a fait que là, hier, j'étais écoeuré. Moi, mon rêve, c'était de tuer ma famille. [...] Je me trouve un peu fou, parce qu'il ne faut pas être sain d'esprit non plus pour faire ça. Mais, je dois l'admettre, ça m'a fait du bien. Ça m'a défoulé de ma rage. Puis je dois admettre aussi que j'ai été déçu de ne pas tuer mes parents parce qu'entre mon frère et mes parents, c'est bien plus mes parents que je détestais.»

Devant la preuve accablante (les aveux de l'accusé et le témoignage des deux survivants), l'avocat de la défense, Me Rodrigue Beauchesne, a admis que son client avait bel et bien tué son frère.

Le nœud de cette affaire repose donc sur la responsabilité de Carrier au moment des faits. Une psychiatre qui a témoigné pour la défense est venue raconter que le jeune homme avait visiblement vécu un épisode dissociatif, c'est-à-dire que son corps et son esprit étaient séparés lorsqu'il s'en est pris à sa famille. La Couronne prétend au contraire que les gestes étaient mûrement réfléchis.

«Vous devez déterminer si Tobby Carrier avait l'intention spécifique de causer la mort d'Ismaël ou de lui causer des lésions corporelles qu'il savait de nature à lui causer la mort. Si la réponse est non, vous devez le reconnaître coupable d'homicide involontaire. Si c'est oui, vous devrez déterminer si son geste était prémédité», a expliqué le juge Michel Huot lors de ses directives au jury.


Le 26, rue de la Falaise, à Matane, là où a eu lieu le drame (TVA Nouvelles)

Le soir du 31 mars 2009, Tobby Carrier a poignardé ses parents à une dizaine de reprises avant de poignarder son frère à la tête et au cœur au domicile familial de Matane. La pathologiste judiciaire qui a examiné le corps de la victime est venue raconter au tribunal que le couteau a pénétré à une profondeur de 18 centimètres dans le cœur, sectionnant presque l'organe vital en deux.

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