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Jeunes garçons en proie aux cyberprédateurs

Enquête J.E.

Les jeunes garçons courent encore plus le risque de se voir victimes de cyberprédateurs sexuels que les filles, selon une enquête de l'émission J.E..

Des dizaines d'hommes ont approché le personnage fictif de Jason, 14 ans, créé par J.E. sur le populaire site de rencontre Gay 411. Celui-ci avait publié un message disant simplement: jeune cherche rencontre.

Et même si Jason précisait rapidement son âge, la plupart des hommes qui l'ont contacté ont insisté pour le rencontrer afin d'avoir des relations sexuelles avec lui.

Au cours de son enquête, l'équipe de J.E. a confronté 11 cyberprédateurs sexuels. Mais des dizaines d'autres ont approché chaque jour celui qu'ils croyaient être un garçon de 14 ans.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Ce nombre est plus élevé que lorsque dans des enquêtes similaires où J.E. avait utilisé un personnage fictif féminin. Signe que les jeunes gais se retrouvent davantage ciblés.

Les associations gaies concernées

La question soulève un malaise auprès des associations de protection des droits des gais.

«Les jeunes gais sont plus vulnérables, indique Steve Foster, président, Conseil québécois des gais et lesbiennes. Mais je pense qu'il faut faire une réflexion beaucoup plus large et cela, au-delà de notre communauté.»

Le portrait des cyberprédateurs gais ressemble à celui des hétérosexuels. 80% d'entre eux ont 30 ans et moins. Beaucoup ont fait des études. Parmi les cyberprédateurs interceptés figurent d'ailleurs des étudiants universitaires en sexologie et en psychologie.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Tous ces hommes ont en commun de consommer beaucoup de pornographies sur internet, ce qui alimente leurs pulsions sexuelles déviantes.

«C'est comme si le tabou n'existait plus, estime Michel Dorais, sociologue de la sexualité et auteurs de nombreux ouvrages sur la question. On vit une période de sexualité-spectacle. Les gens se disent : sur internet on est une communauté d'internautes, l'âge importe peu. Alors que c'est faux évidemment. Malheureusement, beaucoup de gens pensent ainsi.»

Des prédateurs prêts à payer

J.E. a constaté que beaucoup d'hommes sont prêts à y mettre le prix pour obtenir les faveurs sexuelles d'un mineur.

Plusieurs des cyberprédateurs se présentaient en effet comme des hommes «généreux», ce qui signifiait qu'ils étaient disposés à payer pour rencontrer Jason.


(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Cette question inquiète particulièrement le professeur Michel Dorais, de l'université Laval.

«L'argent sert à déculpabiliser l'adulte, explique-t-il. À partir du moment où ils payent, ils se disent qu'il n'y a pas d'abus, c'est ni plus ni moins qu'un échange de service. La fille ou le gars qui accepte l'argent consent automatiquement. C'est encore une fois faux bien sûr, parce que ces jeunes sont souvent en état de grande vulnérabilité.»

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