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Une caporale violée se sent abandonnée

Forces canadiennes

Depuis le 15 décembre 2011, une caporale des Forces canadiennes qui aurait été violée par un supérieur multiplie les recours pour que justice soit faite. En vain.

C'est du moins ce que la jeune femme, qui voudrait que son agresseur soit puni, a expliqué à Claude Poirier, lundi matin.

«Ce qui m'amène à en parler publiquement, c'est que je suis passée par tout ce qu'il fallait faire au niveau des Forces canadiennes. J'ai fait toutes les plaintes qu'il fallait faire. Je considère que j'ai été traitée avec injustice», a soutenu celle que l'on appellera du nom fictif de Valérie.

Valérie, qui est toujours membre des Forces, a porté plainte à la police militaire. «Il n'y a pas eu de charges contre l'agresseur, car selon les Forces, il ne s'agit pas d'une agression sexuelle. Je n'ai jamais eu droit de voir le rapport de police, dénonce-t-elle. J'ai fait une plainte aux normes professionnelles. J'ai une preuve que l'enquête est incomplète. Aucun témoin n'a été rencontré, même pas le présumé agresseur.»

Aucune aide

La caporale déplore n'avoir eu aucune aide offerte par l'armée. «Ma chaîne de commandement ne m'a jamais offert de rencontrer un padre — un aumônier. On ne m'a jamais suggéré un officier pour m'aider là-dedans. On ne m'a pas donné de conseil non plus. Je me sens assez seule merci.»

Valérie a maintenant de l'aide psychologique sur la base militaire après avoir fait elle-même les démarches. «Je n'en veux pas à l'armée, ce sont les individus qui n'appliquent pas les règles.»

La jeune femme soutient que d'autres militaires ont également été violées dans l'armée. «Je ne suis pas la première, je ne serai pas la dernière non plus. En juin dernier, avant de faire un burn-out, un trouble de l'adaptation, une infirmière m'a confirmé que je n'étais pas la première à me présenter pour la même raison.»

La caporale a su trouver le courage de dénoncer son agresseur, un adjudant, il y a deux ans. Et depuis, c'est un parcours du combattant autant dans sa vie personnelle que professionnelle.

«J'ai quand même gardé la confidentialité de façon assez stricte, mais il y a beaucoup de fuites au niveau de l'enquête, des bris de confidentialité qui font que ce n'est pas la même version ou la bonne version qui se sait. Je me sens beaucoup jugée par la nouvelle chaîne de commandement qui est mise au courant de ce qui s'est passé», soutient Valérie.

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