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Qui est Bernard Trépanier?

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin

Après avoir navigué dans le monde politique pendant des décennies, Bernard Trépanier a été directeur du financement d'Union Montréal, parti politique de l'ex-maire Gérald Tremblay, à partir de 2004.

Jusqu'à tout récemment, la version officielle était que Trépanier avait quitté ses fonctions en février 2006, mais de nombreux témoins ont certifié devant la commission Charbonneau que celui qu'on a surnommé «Monsieur 3%» était encore bien en selle en 2009.

Cette version a été validée plus tôt cette semaine par Marc Deschamps, représentant officiel d'Union Montréal, qui a confirmé le congédiement du grand argentier à la demande de Gérald Tremblay, mais aussi le fait que Trépanier ait agi comme solliciteur pour le parti jusqu'en 2009.

Selon plusieurs ingénieurs qui ont défilé devant la commission Charbonneau, Bernard Trépanier réclamait une ristourne de 3% en argent comptant de la valeur des grands travaux d'infrastructures octroyés par la Ville de Montréal.

Le directeur du financement aurait aussi réclamé d'importantes sommes d'argent - jusqu'à 200 000 dollars - aux firmes de génie-conseil pour la campagne électorale de 2005.

Lors de son témoignage, Marc Deschamps a affirmé que jamais de telles sommes d'argent comptant n'auraient pu entrer au parti. Il a plutôt soulevé l'hypothèse que l'argent en question aurait seulement profité au principal intéressé.

«Bref, pour vous, le 3% restait dans les poches de M. Trépanier?» lui a demandé la présidente, France Charbonneau. «Oui», a répondu le trésorier d'Union Montréal.

Par ailleurs, le congédiement de Bernard Trépanier demeure, encore aujourd'hui, entouré de mystère. Les témoins liés à Union Montréal qui ont défilé devant la commission Charbonneau ont juré ne jamais avoir su le fond de l'histoire.

Un des procureurs de la commission, Me Paul Crépeau, a toutefois avancé l'hypothèse que «Monsieur 3%» ait été remercié de ses services après avoir tenté d'extorquer un million de dollars à un promoteur immobilier.

M. Trépanier fait d'ailleurs face à des accusations criminelles concernant le scandale du Faubourg Contrecoeur, à Montréal.

Le témoignage de Gérald Tremblay et celui de Bernard Trépanier devraient permettre d'éclaircir cette affaire, mais aussi le départ de ce dernier.

L'ancien grand argentier d'Union Montréal sera interrogé par le procureur en chef adjoint de la commission, Me Denis Gallant. Me Gallant a fait ses preuves jusqu'à maintenant en réalisant notamment les interrogatoires serrés de Lino Zambito, Robert Marcil et Rosaire Sauriol.

À lire sur Bernard Trépanier:

- Bernard Trépanier a été congédié «pour la forme» (témoignage de Marc Deschamps - 25 mars 2013)

- Dessau a refusé de payer la ristourne de 3% à Bernard Trépanier (témoignage de Rosaire Sauriol - 20 mars 2013)

- Une sollicitation intensive à Montréal (témoignage de Rosaire Sauriol - 20 mars 2013)

- Des dizaines de milliers de dollars en ristournes de BPR (témoignage de Pierre Lavallée - 18 mars 2013)

- SNC-Lavalin remettait de l'argent comptant à Trépanier (témoignage d'Yves Cadotte - 14 mars 2013)

- «Monsieur 3%», acteur incontournable (témoignage de Charles Meunier - 13 mars 2013)

- Au moins 300 000$ remis à Bernard Trépanier (témoignage de François Perreault - 13 mars 2013)

- Trépanier a réclamé 200 000$ à Génivar (témoignage de François Perreault - 12 mars 2013)

- Le «départ mystérieux» de Bernard Trépanier (témoignage de Christian Ouellet - 12 mars 2013)

- Le veston qui ne fermait pas (témoignage de Martin Dumont - 30 octobre 2012)

- 3% au parti de Gérald Tremblay (témoignage de Lino Zambito - 1er octobre 2012)

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