/finance/finance

Des commerçants stupéfaits

Terminaux de point de vente

Richard Olivier

Aux moins six commerçants du centre-ville de Victoriaville dénoncent les pratiques commerciales douteuses d'Insta Payment, spécialisé dans la location de terminaux de point de vente, et de TPV, cet appareil où on insère une carte bancaire pour payer.

On apprend dans un reportage diffusé à l'émission «J.E.» que l'entreprise de Montréal se présente comme un courtier négociant les meilleurs taux pour les marchands.

Ces taux sont facturés pour chaque transaction par cartes de crédit ou de débit.

(Agence QMI)

Patricia Beaucage de la bijouterie Naïade n'en croyait pas ses yeux. «C'était incroyable comme taux, a-t-elle indiqué. On économisait au moins 100 $ par mois ».

Alexandre Moreau, d'Alexcardz, s'est laissé convaincre par les prix de la location du terminal. «Je devais économiser 40 $ par mois», a-t-il dit.

Des promesses jamais réalisées

Insta Payment a livré aux commerçants un TPV d'une ancienne génération même si on leur avait promis un appareil dernier cri. De plus, Insta Payment n'a jamais envoyé l'argent devant couvrir les frais de résiliation de plus de 500 $ exigés par leur autre fournisseur pour rompre leur contrat.

Au contraire, Insta Payment et Ladco ont commencé à retirer de l'argent de leur compte même si les machines n'étaient pas utilisées.

Quand les victimes ont voulu tout annuler, elles ont découvert qu'elles étaient engagées dans un bail de location/achat de cinq ans non résiliable avec Ladco, une filiale de la compagnie américaine de système de paiement Evalon. Ladco leur réclame maintenant plus de 4000 $ en pénalités pour briser le contrat.

Plusieurs mauvais joueurs
Les documents qu'ils ont signés réfèrent à un site internet qui n'existe pas ou qui présente parfois des clauses dans un français incompréhensible.

Selon Luc Audet, avocat spécialisé en droit commercial, «il y a tellement de choses dans ce contrat qui dépasse ce qui est commercialement acceptable, que je ne vois pas pourquoi on devrait embarquer dans des choses comme ça».

Insta Payment n'est pas la seule compagnie de ce type à avoir mauvaise réputation. Plusieurs commerçants se plaignent de First Data et de NLS, qui fait l'objet d'un recours collectif aux États-Unis.

Un code de conduite

L'Agence de la consommation en matière financière du Canada a tenté de mettre l'industrie au pas en instaurant en 2010 un code de conduite. Depuis, elle a reçu 382 plaintes pour de mauvaises pratiques.

Si bien que le code sera encore plus contraignant à partir de novembre prochain.
Le hic, c'est que l'adhésion au code est volontaire. «On se demande s'il ne faudrait pas le rendre obligatoire», a confié à «J.E.» la vice-présidente au Conseil canadien du commerce de détail, Nathalie Saint-Pierre.

Insta Payment n'a jamais voulu répondre à nos questions.