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De nouveaux détails troublants

Drame dans une garderie de Gatineau

Plus les jours avancent, plus la chronologie de l'évènement tragique causant deux morts dans une garderie de Gatineau commence à se préciser.

Vendredi dernier Robert Charron, 49 ans, présumé tireur dans cette histoire, s'est présenté au 225 rue Gamelin, où se trouvait 5 poupons.

C'est alors qu'il a abattu un employé de la garderie, un homme d'origine française âgé de 38 ans.

Il s'est ensuite rendu dans l'autre bâtiment, pour parler à son ex-conjointe, Nathalie Gagnon qui est également la directrice de l'établissement.

Selon des sources policières, M. Charron aurait alors tenté d'asperger d'essence son ex-conjointe.

Robert Charron (Gracieuseté)

La dame a réussi à s'échapper et c'est à ce moment qu'il a retourné l'arme contre lui pour s'enlever la vie.

Le tout se serait produit très rapidement, à peine en cinq minutes, affirment ces mêmes sources.

Réunion des parents

Par ailleurs, les parents des enfants et plusieurs éducateurs se sont réunis aujourd'hui pour faire le point et essayer de comprendre ce qui a pu se passer.

«Les gens commencent tranquillement à se remettre et à faire face à la réalité», explique le propriétaire de l'édifice abritant la garderie, Dorcéna Dorzilmé.

Ils doivent se revoir cette semaine pour décider d'une version commune à raconter à leurs enfants sur le fil des évènements de vendredi et sur la disparition de l'éducateur tombé sous les balles du tireur.

La garderie sera fermée demain.

«Il devait être désespéré pas à peu près»

L'équipe de TVA Nouvelles s'est entretenue avec le maire de Denholm, Pierre Nelson Renaud, où résidait Robert Charron.

«C'était un bon employé, un bon travaillant... c'est dur à croire ce qui s'est passé. Il était toujours souriant. Les gens ont été surpris par les évènements», raconte-t-il.

Elle croyait que c'était un jouet

Pour la petite fille de Marie-Claude Le Clair, âgée de 5 ans, le fusil employé par le tireur dans la garderie de Gatineau ressemblait à un jouet.

Samedi, une grand-mère soulagée est retournée aux 225 et 229 rue Gamelin, à l'endroit où un homme armé d'un fusil gros calibre a ouvert le feu, tuant un autre homme et terrifiant les parents de 53 enfants.

Ce même endroit où la fillette de 5 ans et son frère de deux ans plus jeune auraient dû se trouver en sécurité.

«Nous ne savons pas exactement ce qu'elle a vu, a raconté Marie-Claude Le Clair. Elle a vu quelqu'un avec un fusil et pensait que c'était un jouet.»

La fillette a dit à sa famille qu'elle avait vu l'homme tirer des coups de feu dans le mur du petit bungalow, où les jouets des enfants demeuraient dispersés samedi dans la cour arrière.

Mme Le Clair, une psychologue, a affirmé qu'il est difficile de jauger à quel point la description des événements fournie par l'enfant est juste.

Son petit frère, a-t-elle expliqué, ne semble pas avoir été témoin du drame, mais était sous le choc et apeuré jusqu'à ce qu'il se retrouve en compagnie de sa grande sœur.

Heureusement, la petite fille était davantage excitée de raconter comment s'est déroulée l'évacuation, et ne s'est pas attardée sur la violence qui aurait pu se produire devant ses yeux innocents.

«Elle a mimé la sortie, comment l'éducatrice chuchotait (pour avoir son attention)», a souligné la grand-mère.

Mamie - tel qu'elle est nommée par ses petits enfants - a écouté attentivement pendant que sa petite fille racontait l'héroïsme des éducatrices.

«On ne pouvait pas amener rien avec nous, Mamie! lui a dit la fillette. On n'avait pas nos manteaux ni nos foulards et pas de tuques. On a tout laissé sur la table et on s'est enlignés devant l'éducatrice.»

Selon l'expérience professionnelle de Mme Le Clair, l'attention de la fillette est demeurée focalisée au bon endroit. «C'est extraordinaire, a-t-elle dit. Psychologiquement, c'est exactement la bonne chose à faire pour que les enfants puissent suivre le processus.»

Le mari de Mme Le Clair a été le premier membre de la famille à apprendre la fusillade après l'avoir lu sur internet. Il a appelé sa belle-fille, qui a couru jusqu'à la garderie pour y prendre ses enfants. Les grands-parents n'ont pas tardé ensuite.

La nuit qui a suivi la fusillade s'est déroulée tranquillement, a raconté la grand-mère, tandis qu'elle et son mari sont demeurés avec la famille pour la nuit.

«Nous avons joué», a-t-elle souligné. «Ce que nous avons essayé de faire c'est de bien entourer les enfants et d'éviter les questions qui pouvaient leur remémorer d'autres éléments.»

Les parents qui désirent des conseils pour leurs enfants peuvent contacter le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) au 819-779-3555 ou la ligne 24/7 au 819-595-9999.

Avec la collaboration de Simon-Pier Ouellet

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