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Zampino confronté de toutes parts

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

L'ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a poursuivi son verbiage, aujourd'hui, au troisième jour de son témoignage devant la commission Charbonneau affirmant qu'il n'avait été au courant de rien concernant la collusion et les relations d'ingénieurs de la Ville avec des entrepreneurs.

Malgré tout, la Commission a réussi à le confronter à diverses contradictions ainsi qu'à la version d'autres témoins.

Alors que la procureure en chef, Me Sonia LeBel, a attaqué de front le thème de la collusion, M. Zampino s'est lancé dans un double discours qui n'a pas échappé à la Commission.

Le témoin s'est tout d'abord longuement distancié professionnellement de son ami et ancien directeur du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier.

«Je ne lui posais pas de questions. Il s'occupait du financement, moi j'avais une ville à gérer», a-t-il dit en expliquant que Trépanier ne lui parlait jamais des doléances ou des entrepreneurs ou des ingénieurs. «Je ne voulais pas voir la parade des ingénieurs dans mon bureau!»

Frank Zampino a par la suite été forcé d'admettre qu'il recevait non seulement des cadeaux (bouteilles de vin, parties de golf, billet dans une loge) de certains entrepreneurs et ingénieurs, mais qu'il partageait aussi des repas avec eux. Il s'est toutefois empressé de spécifier qu'il ne donnait jamais d'information privilégiée lors de ces rencontres.

«Je n'avais aucune information privilégiée à donner à qui que ce soit! [...] Les seules personnes qui ont de l'information privilégiée, c'est la fonction publique», a expliqué le témoin, allant même jusqu'à évoquer que Robert Marcil, directeur du Service des infrastructures, pouvait être à l'origine des fuites.

«Pourquoi vous prenez la peine d'aller rencontrer des entrepreneurs si vous êtes si occupé et que ce n'est pas pour donner de l'information privilégiée?», a demandé Me LeBel. «Par politesse», a répondu Zampino.

Le témoin a ainsi admis avoir mangé avec Paolo Catania de CATCAN, mais aussi avec l'entrepreneur du même nom de chez F. Catania. L'ancien président du comité exécutif a avoué que les entrepreneurs payaient la plupart du temps, mais qu'il prenait parfois la facture chez Pacini, pour un déjeuner «deux rôties pain brun à 7,95$», par exemple.

Zampino n'a rien vu

En cette troisième journée, Frank Zampino a répété une fois de plus qu'il n'a jamais été mis au courant ni du système de collusion ni du versement d'une ristourne à Bernard Trépanier alors qu'il était élu.

«Personne n'est venu avec un drapeau rouge ou une alarme quelconque», a-t-il affirmé au sujet du partage de contrats. Il a du même coup affirmé ne pas avoir reçu de plainte concernant celui qu'on a surnommé «Monsieur 3%», ne serait-ce que Rosaire Sauriol, de Dessau, aurait confié à Zampino le trouver «gourmand».

Un menteur dans la salle

Même s'il a décrit Rosaire Sauriol comme un «très bon ami», Frank Zampino a juré que jamais il ne lui a parlé ou du système de collusion ou des sommes versées à Bernard Trépanier.

Or, lors de son témoignage, l'ingénieur a juré que l'ancien président du comité exécutif était bien au courant de ces deux faits, ce que n'a pas manqué de souligner le commissaire Renaud Lachance. Le témoin a alors répliqué que son ami a menti à la Commission, ce qui a poussé le commissaire à demander quels auraient été les motifs de Rosaire Sauriol pour mentir.

«Si on croit M. Sauriol, c'est vous le menteur! Quand on pense à M. Sauriol, on n'en trouve pas tellement [des raisons de mentir]», a lancé Renaud Lachance. «Je vous dis la vérité! Je ne peux pas juger les raisons pour lesquelles M. Sauriol aurait voulu mentir. Je n'ai aucune idée pourquoi on tente de m'impliquer», a répondu Zampino qui a affirmé qu'il aurait sonné «la fin de la récréation» s'il avait été au courant de quoi que ce soit.

Ne s'arrêtant pas là, le témoin a aussi accusé à mots couverts l'ancien directeur général de la Ville, Claude Léger, d'avoir menti à la Commission. Lors de son témoignage, celui-ci a affirmé que Frank Zampino avait fait pression afin que Robert Marcil participe à des comités de sélection, ce que le témoin a vertement nié.

Toujours au sujet de Robert Marcil, l'ancien directeur du comité exécutif a affirmé ne pas avoir entretenu de relation particulière avec lui, affirmant même ne jamais l'avoir rencontré à l'extérieur du comité exécutif.

Me LeBel a alors présenté en preuve un extrait de l'agenda électronique du témoin évoquant une rencontre entre Zampino, Trépanier et Marcil le 19 février 2008, chez Pacini.

«Je n'ai jamais rencontré ces personnes, je ne sais pas pourquoi j'ai cette inscription à mon agenda», a fourni Zampino en guise de réponse, évoquant une fois de plus le fait que son agenda aurait pu être trafiqué.

Finalement, l'ancien président du comité exécutif a qualifié de «fabulation» la version de Serge Pourreaux, ancien directeur de l'Approvisionnement, qui a raconté en février dernier que Robert Abdallah, Guy Hébert et lui-même avaient été victimes d'un «putsch» par l'administration Tremblay dans le cadre du plan d'optimisation.

Frank Zampino poursuivra son témoignage demain matin.

MISES À JOUR

16h36 - Travaux suspendus jusqu'à demain matin.

16h35 - Encore une fois, Zampino dit qu'il ne s'agit pas d'une information privilégiée.

16h30 - Commission dépose courriel de l'adjointe de Zampino à l'adjointe de Sauriol du 30 mai 2006. Zampino envoie alors une copie du discours du maire à Sauriol avant même qu'il soit prononcé.

16h20 - Concernant Guy Hébert, Zampino dit qu'il a décidé de changer de poste et qu'il n'a rien à voir là-dedans.

16h15 - Zampino explique le cas de Robert Abdallah. Gérald Tremblay a décidé de mettre fin au contrat du DG, alors que Zampino voulait le renouveler. «C'est ça la vérité!» Selon le témoin, aucune raison n'a été donnée au principal intéressé.

16h13 - Lors de son témoignage, Serge Pourreaux a affirmé que des gens avaient été «tassés» du chantier d'optimisation. Zampino dit qu'il s'agit d'une pure «fabulation» et propose d'expliquer pour chacune d'elles ce qui s'est passé.

16h09 - On discute longuement du plan d'optimisation mis en place au milieu des années 2000.

15h50 - «Je refuse d'être le bouc émissaire de hauts fonctionnaires qui n'ont pas assumé leurs responsabilités.»

15h48 - Un rapport de 2004 faisait état d'un marché fermé à Montréal, mais Zampino dit que ce n'était pas «un signal d'alarme».

15h39 - En 2002-2003, on n'évoque pas la possibilité d'un marché fermé, selon Zampino.

15h37 - Reprise des travaux. On aborde le sujet des dépassements de coûts et le fait que les travaux coûtaient plus cher à Montréal.

15h05 - PAUSE

15h00 - Zampino explique comment, selon lui, le système de collusion a pu fonctionner.

14h54 - On est toujours dans un débat autour des comités de sélection.

14h38 - Selon Zampino, Claude Léger a mal interprété ses interventions.

14h24 - «Qu'est-ce qui peut expliquer que votre adjointe administrative a inscrit ça à votre agenda?», demande Lachance. «Je ne sais pas combien de personnes ont eu accès à mon agenda depuis mon départ...»

14h20 - La Commission dépose en preuve un extrait de l'agenda de Zampino. Il est question d'un rendez-vous avec Marcil et Trépanier, le 19 février 2008, au Pacini. «Je n'ai jamais rencontré ces personnes, je ne sais pas pourquoi j'ai cette inscription à mon agenda.» Dit être certain «à 100%» que la rencontre n'a jamais eu lieu.

14h18 - On analyse la relation entre Zampino et Marcil. «Je n'ai aucun rapport avec M. Marcil. J'ai pu le voir trois ou quatre fois au comité exécutif, mais je ne l'ai jamais rencontré à l'extérieur.»

14h09 - Zampino dit ne jamais avoir tenté d'influencer la nomination d'une personne pour un comité de sélection. Lors de son témoignage, Claude Léger a pourtant dit que Zampino avait fait pression pour que Robert Marcil participe à un comité. «Je n'ai pas demandé à M. Léger de nommer M. Marcil sur les comités de sélection.»

14h04 - Reprise des travaux. On questionne le témoin sur les comités de sélection.

12h35 - PAUSE DU DÎNER

12h22 - «Les seules personnes qui ont de l'information privilégiée, c'est la fonction publique.» Zampino dit que les ingénieurs n'ont besoin de personne à la Ville pour faire fonctionner le système.

12h17 - «Qui fournissait les informations à M. Trépanier?», demande Me LeBel. «C'est sûrement pas moi, c'est sûrement pas à mon bureau. De ce que j'en comprends, il obtenait certaines informations de la part de Robert Marcil. Je n'avais aucune information privilégiée à donner à qui que ce soit!»

12h10 - «Vous avez plusieurs amis qui vous cachent bien des choses... Est-ce parce que vous étiez aveugle?», demande Lachance. «Je n'étais pas aveugle.»

12h08 - Qu'aurait fait Zampino s'il avait été au courant du système? «Ça aurait été la fin de la récréation.»

12h03 - Renaud Lachance demande quels seraient les motifs de Sauriol d'avoir menti. «Si on croit M. Sauriol, c'est vous le menteur», dit le commissaire en demandant à Zampino quels seraient ses motifs de mentir. «Quand on pense à M. Sauriol, on n'en trouve pas tellement...», ajoute Lachance. «Je vous dis la vérité! Je ne peux pas juger les raisons pour lesquelles M. Sauriol aurait voulu mentir. Je n'ai aucune idée pourquoi on tente de m'impliquer.»

11h56 - Zampino dit ne jamais avoir été informé par Sauriol d'un système de partage des contrats. Sauriol a pourtant dit que Zampino était au courant. «M. Sauriol ne m'a jamais dit avoir participé à un système de partage des contrats.»

11h55 - «Je serais hypocrite de vous dire qu'il n'y avait pas d'entrepreneurs sollicités pour faire des contributions aux partis.»

11h49 - Zampino dit qu'il ignorait que Sauriol donnait de l'argent comptant. L'ingénieur a pourtant affirmé le contraire devant la Commission. Zampino dit toutefois que Sauriol lui a dit que Trépanier était «gourmand». Témoin dit que Sauriol a menti.

11h46 - Lors des rencontres entre Zampino et Sauriol, ce dernier questionnait au sujet des projets à venir. Encore là, dit qu'aucune information privilégiée n'a été donnée.

11h40 - Reprise des travaux. On aborde la relation entre Zampino et Rosaire Sauriol, de Dessau. Ils se connaissent depuis 1997 environ. «Il est devenu au fil des ans un très bon ami. Un proche ami, quelqu'un avec qui j'ai eu beaucoup d'affinités.»

11h09 - PAUSE

11h08 - Témoin dit qu'il ne donnait pas d'informations privilégiées à Catania. Il le redirigeait.

10h58 - Zampino admet avoir aussi mangé avec Paolo Catania, de F. Catania, notamment au 357c. «Il s'informait sur ce qui s'en venait à Montréal.» L'a rencontré pour la première fois lorsqu'il l'entrepreneur l'a invité à la soirée de retraite pour Frank Catania.

10h56 - Rosaire Sauriol a invité Zampino au golf «3 ou 4 fois au maximum». C'est l'ingénieur qui payait.

10h54 - Témoin reconnaît qu'il aurait fallu qu'il paye la facture de ses lunchs avec les entrepreneurs. Me LeBel lui fait remarquer qu'il aurait pu payer à même son compte de dépenses. «J'aurais pu.»

10h50 - Zampino admet également avoir «assisté à des loges» au Centre Bell et dit que d'autres le faisaient aussi.

10h46 - «Pourquoi vous prenez la peine d'aller rencontrer des entrepreneurs si vous êtes si occupé et que ce n'est pas pour donner de l'information privilégiée?» «Par politesse», dit le témoin.

10h44 - Témoin maintient qu'il ne donnait pas d'information privilégiée aux entrepreneurs. Il reconnaît toutefois que ce sont les entrepreneurs qui payaient la plupart du temps.

10h37 - Zampino dit qu'il rencontrait des entrepreneurs pour «faire avancer des dossiers», mais nie toute mauvaise intention. La présidente revient constamment à la charge sur la nation d'apparence de conflit d'intérêts.

10h28 - Zampino admet avoir mangé avec Paolo Catania (CATCAN) par courtoisie à la demande de ce dernier. Me LeBel fait remarquer qu'il avait pourtant dit à Trépanier qu'il ne voulait pas traiter avec les entrepreneurs. Pas la même chose, explique le témoin.

10h25 - Me LeBel passe en revue une liste d'entrepreneurs et demande au témoin sa relation avec chacun d'eux.

10h21 - Zampino dit qu'il en a appris beaucoup plus sur la «philosophie» de Trépanier devant la commission qu'à l'époque.

10h19 - Le témoin se distancie professionnellement de Trépanier. «Je ne lui posais pas de questions. Trépanier s'occupait du financement, moi j'avais une ville à gérer.» Zampino dit que jamais Trépanier ne lui a parlé des doléances ou des entrepreneurs ou des ingénieurs.

10h17 - Zampino avait dit à Trépanier qu'il ne voulait pas voir «la parade des ingénieurs» dans son bureau.

10h13 - Le fait que quelqu'un soit ou contributeur ou partisan d'Union Montréal n'influence pas les décisions, dit Zampino.

10h07 - Zampino raconte que Milioto lui a demandé d'intervenir pour l'embauche d'un proche à la Ville.

10h00 - Témoin admet avoir reçu des bouteilles de vin en cadeau de bureaux d'ingénieurs, de bureaux d'avocats, d'entrepreneurs.

9h56 - Zampino ne voit pas de mal aux cadeaux si les règles sont respectées; c'est-à-dire s'il n'y a pas de retour d'ascenseur en fin de compte. «Ce qui est important, c'est que ça ne vienne pas influer sur les décisions.»

9h52 - Avec le recul, Zampino juge «inappropriées» les relations entre les ingénieurs Surprenant et Leclerc avec les entrepreneurs.

9h49 - Zampino dit qu'il ignorait que des ingénieurs de la Ville recevaient des cadeaux. Ne se souvient pas avoir participé à des tournois de golf où il aurait pu voir des ingénieurs de la Ville.

9h44 - Témoin répète que jamais il n'a été mis au courant de la collusion lorsqu'il était élu. «Personne n'est venu avec un drapeau rouge ou une alarme quelconque.»

9h42 - Début officiel de l'interrogatoire. Me LeBel aborde le sujet de la collusion à Montréal.

9h38 - Frank Zampino est assermenté. Il revient sur certains éléments de la semaine dernière.

9h35 - Début des travaux.

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