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«Des idéologies à l'encontre de nos valeurs et de nos principes»

À Sherbrooke, la communauté musulmane indignée

L'Association islamique de l'Estrie est choquée et condamne les intentions de Chiheb Esseghaier, arrêté par la GRC pour complot terroriste.

La communauté musulmane estrienne, qui a côtoyé le suspect durant quelques années, ne comprend pas ce qui a poussé l'homme et son complice à vouloir planifier un attentat terroriste contre un train de VIA Rail. «C'est choquant! C'est vraiment choquant!», affirme Abdella Chaker, porte-parole de l'Association culturelle islamique de l'Estrie.

Celui qui est venu s'établir à Sherbrooke il y a dix ans et qui, aujourd'hui, est copropriétaire de l'Épicerie Internationale El Baraka, est bouleversé par l'arrestation de Chiheb Esseghaier. Il dit ne pas comprendre les motivations de celui qu'il a côtoyé à la mosquée sherbrookoise.

Les actes terroristes ou complots déjoués ces dernières années font mal, font même très mal à l'ensemble de la communauté musulmane, dit-il. «Ça nous créé beaucoup de problèmes, ça nous créé vraiment beaucoup de problèmes! Nous les musulmans, depuis 2001, souffrons de ces actes individuels. Pour nous il s'agit d'actes individuels!»

Des intentions terroristes condamnées

L'épicier algérien est un modèle d'intégration. Celui qui a complété une maîtrise en Environnement à l'Université de Sherbrooke a opté pour ouvrir son commerce il y a trois ans. Il se fait une fierté aujourd'hui de transformer et de vendre l'agneau québécois et autres produits internationaux aux Musulmans comme aux Québécois. «Je suis citoyen canadien! Je me sens en sécurité ici.»

Sherbrooke compte 133 communautés culturelles différentes. La ville doit continuer d'être perçue comme un modèle au nom, dit-il, de tous les efforts déployés jusqu'ici. «L'Islam n'a rien à voir avec le terrorisme! Nous ne sommes pas responsables des idéologies qui vont à l'encontre de nos valeurs et de nos principes. C'est impardonnable!».

Un propos partagé par Donald Rousseau, de l'Abattoir Rousseau de Sainte-Marguerite-de-Lingwick qui considère les membres de la communauté islamique comme des amis. «Il faut condamner ces actes. Il faut aussi qu'ils ne soient pas protégés dans leur communauté».

Qu'on ait côtoyé Chiheb Esseghaier à l'Université de Sherbrooke ou à la mosquée de la rue Massé à Sherbrooke, le lien de proximité dérange. «Ça choque parce que ça vient nous déranger. Après Boston, c'est nous autres. C'est rendu proche, trop proche!», avance monsieur Rousseau.

L'image fait mal. Les intentions terroristes ébranlent, mais on prie la population de ne pas généraliser. «Il ne faut pas associer ces actes aux Musulmans. Les Musulmans sont des gens pacifiques qui vous aiment!», nous a dit l'épicier au moment de quitter son commerce.

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