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Gérald Tremblay: celui qui ne savait rien

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin

Après que les révélations de plusieurs témoins devant la commission Charbonneau lui eurent coûté son poste, c'est au tour de l'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, de faire face à la présidente France Charbonneau.

Même si peu de témoins l'ont directement impliqué dans le système de collusion et de corruption qui gangrénait la ville, reste que M. Tremblay était le symbole d'Union Montréal, parti mis à mal depuis le début des audiences.

Maire de Montréal de 2001 à 2012, Gérald Tremblay a connu une fin de règne difficile alors qu'il a été confronté tour à tour à de nombreuses controverses (contrat des compteurs d'eau, espionnage du vérificateur général, scandale du Faubourg Contrecoeur).

Fortement ébranlé, l'homme de 70 ans n'a eu d'autre choix que de laisser sa place, le 5 novembre dernier, après les révélations fracassantes de deux témoins devant la commission Charbonneau.

Le 1er octobre, l'ex-entrepreneur en construction Lino Zambito a révélé l'existence d'une ristourne de 3% sur les grands contrats octroyés par la Ville de Montréal. Selon son témoignage, c'est Nicolo Milioto, proche du clan Rizzuto, qui réclamait l'argent pour ensuite le remettre au parti de Gérald Tremblay.

Le coup de grâce est venu un mois plus tard lorsque l'ex-organisateur politique d'Union Montréal, Martin Dumont, est venu affirmer sous serment que le parti avait non seulement une double comptabilité, mais que le chef Gérald Tremblay était au courant de ce stratagème. C'est d'ailleurs à ce sujet que M. Tremblay aurait dit la désormais célèbre phrase: «Moi, je n'ai pas à savoir ça.»

Après avoir maintes fois déclaré qu'il n'en savait rien, Gérald Tremblay a affirmé, lors de son départ, qu'il s'était «souvent battu seul» contre le système de corruption et de collusion.

«J'avais beau avoir des doutes, poser des questions, être vigilant, ce n'est malheureusement qu'après les faits qu'on m'a remis des documents, des dossiers et des notes de service internes datant de 2004, 2006, 2009», avait-il dit.

Le témoignage attendu de M. Tremblay permettra sans doute à ce dernier de s'expliquer et d'apporter certains éclaircissements supplémentaires. L'ex-maire de Montréal avait déploré, lors de sa démission, ne pas être «dans les plans à court terme» de la commission Charbonneau.

À lire sur Gérald Tremblay:

- Une ristourne de 3% à Union Montréal (témoignage de Lino Zambito - 1er octobre 2012)

- Une double comptabilité à Union Montréal (témoignage de Martin Dumont - 30 octobre 2012)

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