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«Il n'y a jamais eu de 3%; c'est impossible!»

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

La ristourne de 3% sur la valeur des contrats octroyés par la Ville de Montréal et versée au parti Union Montréal est une pure invention.

C'est ce qu'est venu raconter à la commission Charbonneau un Gérald Tremblay témoignant avec fougue et prêt à tout pour rétablir sa réputation. L'ex-maire de Montréal n'a même pas attendu que la procureure en chef, Me Sonia Lebel, aborde le sujet avant de se défendre bec et ongles.

«Il n'y a jamais eu de 3% à Union Montréal. C'est impossible! On n'avait pas besoin de ça», a lancé le témoin avant de préciser que son parti a «toujours respecté les dispositions de la loi».

Lorsque la présidente France Charbonneau lui a demandé comment il pouvait avancer une telle certitude alors qu'il venait tout juste d'expliquer qu'il ne s'était jamais occupé de financement, Gérald Tremblay a fourni une explication qui n'a pas semblé convaincre la Commission.

«Je me base sur la confiance que j'avais en l'intégrité de mon agent officiel», a-t-il dit.Dans cette lignée, Me LeBel a à mots couverts accusé Gérald Tremblay d'avoir accordé une confiance aveugle à certaines personnes, ce qui a donné lieu à un échange corsé entre la procureure et le témoin.

«Où étiez-vous en tant que maire?
- Je n'ai jamais fait d'aveuglement volontaire.
- Êtes-vous naïf?
- Je ne suis pas naïf. Je suis une personne qui fait confiance.»

Répondant à une question de la présidente, Tremblay a par la suite demandé comment il aurait pu voir «ce que personne n'a vu». «À toutes les fois que j'ai eu des faits, j'ai agi», a-t-il déclaré en rappelant avoir remis des dossiers à la Sûreté du Québec.

Gérald Tremblay a par la suite expliqué que, dès son arrivée à la Ville, il avait eu vent de «rumeurs» au sujet «d'enveloppes brunes» à l'hôtel de ville. «J'arrive dans une situation difficile. [...] Je comprends que j'ai les épaules larges, mais j'ai 29 000 employés, j'ai une ville à gérer et chaque fois que j'ai appris des choses, j'ai agi», a-t-il répété.

Association avec Zampino

La Commission a aussi voulu connaître les circonstances ayant mené à l'association de Gérald Tremblay avec Frank Zampino lors de la campagne de 2001.

L'ex-maire a expliqué que c'est Georges Bossé, à l'époque représentant des maires de banlieues, qui lui avait suggéré de rencontrer le maire de Saint-Léonard, jugé «crédible» et couvert d'«éloges» par le monde politique municipal, ce que Tremblay a fait.

Le témoin a par la suite admis ne jamais avoir eu de raisons de douter du travail de Frank Zampino alors qu'il était président du comité exécutif.

«Il n'y a pas de personnes loyales qui vous parlaient de ce qui se passait?», lui a demandé France Charbonneau. «Non. Si j'avais été avisé, il aurait perdu ses fonctions de président du comité exécutif», a déclaré Tremblay ajoutant plus tard que chacun des membres du comité faisait l'objet d'une enquête policière et que jamais il n'a eu de rapport au sujet de qui que ce soit. «Personne n'est venu me dire: Méfie-toi de Frank Zampino

De nombreux secrets

Gérald Tremblay est venu confirmer le témoignage de l'ancien président du comité exécutif à savoir que ce dernier ne lui a jamais fait part de ses relations d'amitié avec l'ingénieur Rosaire Sauriol et l'entrepreneur Antonio Accurso.

Zampino lui a aussi caché les véritables raisons de son départ de la Ville. L'ex-maire a raconté que lorsque son bras droit a démissionné en mai 2008, il lui a simplement expliqué qu'il désirait passer au secteur privé.

Ce n'est qu'en décembre de la même année que Frank Zampino aurait appelé Tremblay pour lui annoncer son embauche par la firme de génie-conseil Dessau, ce que le maire aurait qualifié de «grave erreur». Le témoin a même affirmé avoir appelé Jean-Pierre Sauriol, président et chef de la direction de l'entreprise, pour lui faire part de sa réaction.

«En politique, c'est la perception qui compte. Je ne pourrai jamais expliquer sur la place publique que mon président du comité exécutif s'en va travailler pour la firme impliquée dans le contrat des compteurs d'eau», lui aurait-il dit.

À de nombreuses reprises, Gérald Tremblay a affirmé qu'il aurait remplacé Frank Zampino comme président du conseil exécutif s'il avait été mis au courant des relations de ce dernier avec des ingénieurs et des entrepreneurs.

Voyages sur le Touch

L'ex-maire de Montréal a raconté que c'est par les médias qu'il a appris que Frank Zampino avait séjourné à deux reprises sur le Touch, luxueux yacht de Tony Accurso. Il a alors demandé à son directeur de cabinet de contacter le principal intéressé pour avoir sa version.

«Je ne voulais pas lui parler! Je n'étais pas content!», a expliqué Gérald Tremblay.

Zampino a finalement fourni une lettre avouant les voyages; document rendu public par le maire. Tremblay a par la suite contacté directement son ex-bras droit pour avoir les factures justificatives, ce qu'il a refusé de fournir. Zampino aurait aussi refusé de dire au maire quelles étaient les autres personnes sur le bateau.

«Il sait très bien que s'il me donne les noms, c'est la fin du contrat des compteurs d'eau.»

C'est finalement ce que le maire a fait en apprenant finalement l'identité des autres passagers. «Il n'y avait plus d'adhésion publique au contrat des compteurs d'eau», a-t-il expliqué.

Congédiement de Robert Abdallah

Le témoignage de Gérald Tremblay aura aussi permis d'éclairer le mystérieux congédiement du directeur général Robert Abdallah en 2006 alors que le principal intéressé ignorait, encore aujourd'hui, le véritable motif de son renvoi.

L'ex-maire a raconté avoir appris, en février de cette année-là, qu'Abdallah mangeait régulièrement avec Tony Accurso dans un restaurant italien du centre-ville. «C'était inacceptable! [...] Le lien de confiance n'existait plus», a expliqué Gérald Tremblay.

«Je n'avais pas de raison à lui donner. On lui a donné un an de salaire pour éviter les poursuites», a-t-il poursuivi.

MISES À JOUR

12h32 - PAUSE DU DÎNER

12h28 - «Pendant les années qu'on a travaillé ensemble, il avait ma confiance et nous avons fait un travail pour rénover Montréal.»

12h23 - Tremblay ignorait aussi la relation entre Zampino et Paolo Catania.

12h18 - «Il ne veut pas me donner les factures! Je vais faire quoi? Je vais aller chez lui? Moi, je ne connais pas ses motivations...»

12h14 - «Il sait très bien que s'il me donne les noms, c'est la fin du contrat des compteurs d'eau.»

12h11 - Tremblay a appris ensuite qui étaient les autres passagers du bateau. Il a annulé le contrat. «Il n'y avait plus d'adhésion publique au contrat des compteurs d'eau.»

12h08 - Tremblay dit avoir appris par les médias les séjours de Zampino sur le Touch. Confirmé par la suite par une lettre de Zampino qui a été rendue publique par le maire. «Je ne voulais par lui parler! Je n'étais pas content», dit Tremblay. C'est son directeur de cabinet qui a communiqué avec Zampino. Le maire ne lui a pas parlé directement à ce moment. L'a appelé ensuite pour avoir les factures, ce que Zampino a refusé. Tremblay lui a aussi demandé qui occupait les autres cabines. «Il a refusé de me répondre.»

12h05 - Tremblay dit qu'il aurait résilié le contrat des compteurs d'eau avant si Zampino lui avait parlé de ses voyages avec Accurso.

12h01 - Témoin dit que chaque personne du comité exécutif était enquêtée par la police. Jamais il n'a eu de rapport sur qui que ce soit, dit-il. Tremblay dit que si la GRC lui avait montré les vidéos de Colisée, «on ne serait pas là».

12h00 - Tremblay explique qu'il rencontrait beaucoup de gens, mais qu'il n'a jamais accordé de privilège.

11h55 - Présidente demande qu'elle aurait été réaction s'il avait appris que Zampino était ami avec Sauriol et Accurso. «Moi, je fais confiance. Je prends pour acquis que les gens sont honnêtes. Je l'aurais remplacé comme président du comité exécutif.»

11h50 - «En politique, c'est la perception qui compte. Je ne pourrai jamais expliquer sur la place publique que mon ancien président du comité exécutif s'en va travailler pour la firme impliquée dans le contrat des compteurs d'eau.» C'est ce qu'il aurait dit à Jean-Pierre Sauriol, de Dessau.

11h49 - «Personne n'est venu me dire: méfie-toi de Frank Zampino.»

11h44 - Tremblay a remplacé Abdallah après avoir appris, en février 2006, qu'il mangeait régulièrement avec Accurso dans un restaurant italien. «C'était inacceptable!» «Le lien de confiance n'existait plus. Là, j'avais une preuve.» Tremblay n'a pas donné la raison à Abdallah. «Je n'ai pas de raisons à donner», a-t-il dit à Abdallah à l'époque. «On lui a donné un an de salaire pour éviter des poursuites.»

11h42 - Ignorait aussi les repas entre Zampino et Sauriol. «Il n'y avait pas de personnes loyales qui vous parlaient de ce qui se passait?», demande présidente. «Non. Si j'avais été avisé, il aurait perdu ses fonctions de président du comité exécutif.»

11h41 - Tremblay dit que jamais Zampino lui a dit que Sauriol et Accurso étaient ses amis.

11h39 - Lorsque Zampino lui a annoncé qu'il partait chez Dessau (décembre 2008), Tremblay lui a dit que c'est une «grave erreur», car tout est une question d'apparences. Tremblay dit aussi avoir appelé la firme.

11h37 - Me LeBel veut «vider la question Frank Zampino». Elle aborde le sujet de sa démission. Zampino lui aurait dit qu'il quittait pour partir vers le privé. «Je n'avais pas de raisons de douter du travail que Frank Zampino avait fait pendant des années.»

11h36 - Reprise des audiences. L'avocate représentant le DPCP demande une ordonnance de non-publication préventive sur la partie du témoignage concernant le Faubourg Contrecoeur.

11h03 - PAUSE

10h52 - Tremblay dit qu'il y avait bel et bien des «rumeurs» d'«enveloppes brunes». «Dès le début de mon mandat, je suis accueilli par des allégations.» «J'arrive dans une situation difficile.» «Je comprends que j'ai les épaules larges, mais j'ai 29 000 employés, j'ai une ville à gérer et chaque fois que j'ai appris des choses, j'ai agi.»

10h49 - «Où étiez-vous en tant que maire?», demande procureure. «Je n'ai jamais fait d'aveuglement volontaire.» «Êtes-vous naïf?» «Je ne suis pas naïf. Je suis une personne qui fait confiance.» Tremblay demande comment il aurait pu voir «ce que personne n'a vu.» «À toutes les fois que j'ai eu des faits, j'ai agi. J'ai donné des dossiers à la SQ.»

10h47 - «Ce n'est tellement pas la réalité», répond Tremblay au sujet de Claude Léger qui l'a à la limite traité de «potiche».

10h40 - «Si je me suis entouré de personnes qui ont pu trahir ma confiance, j'en assume la responsabilité.»

10h38 - Dit qu'il n'a pas choisi Zampino en sachant que ce dernier n'avait pas de difficulté à collecter des fonds.

10h37 - «Il y avait des levées de fonds selon les dispositions de la loi.» «Je n'ai jamais été personnellement impliqué dans la sollicitation de fonds, sauf quand j'ai demandé à quelques amis en 2000, et à mon épouse, de m'accompagner dans mon défi à la mairie.»

10h35 - «Il n'y a jamais eu de 3% à Union Montréal. C'est impossible. On n'avait pas besoin de ça!» «On a toujours respecté les dispositions de la loi.» Charbonneau lui demande comment il peut dire ça alors qu'il dit qu'il ne s'occupait pas du financement. «Je me base sur la confiance que j'avais en l'intégrité de mon agent officiel.»

10h33 - «J'avais des personnes d'expérience autour de moi, qui connaissaient le municipal. Je ne me suis pas occupé du financement. Il y avait une équipe qui s'occupait du financement.»

10h30 - Tremblay dit avoir gagné l'élection de 2001 en raison de son travail: dès novembre 2000, il voulait serrer 1000 mains par jour. Dit avoir rencontré 1 365 000 électeurs potentiels en un an. «Le financement, ce n'était pas ma responsabilité.»

10h27 - «Si je n'avais pas eu la complicité de Zampino et Bossé, je ne serais pas allé. Ça aurait été impossible.» À l'époque, il n'y avait «que des éloges» pour Zampino, dit Tremblay.

10h24 - Dit s'être assis pendant au moins 3 heures avec Zampino un samedi matin de 2001 pour apprendre à le connaître. Ils ont parlé de son emploi, de ses valeurs et de la situation de la ville.

10h22 - Bossé lui suggère de rencontrer Zampino, jugé «crédible». Tremblay dit qu'il ne le connaissait pas, à l'époque.

10h19 - «C'était le chaos», dit Tremblay au sujet de l'atmosphère à Montréal en 2000, époque des fusions.

10h15 - En novembre 2000, après que son rapport eut été mis de côté, Tremblay songe à son avenir politique. Georges Bossé, représentant des maires de banlieues, demande à le voir. Lui demande de présenter sa candidature à la mairie.

10h08 - On parle de Montréal International.

10h02 - Tremblay trouve «regrettable» qu'on ait dit que Trépanier sollicitait des fonds pour la Fondation du maire. Ce n'est «jamais, jamais, jamais» arrivé, dit-il. Aucune implication politique dans la Fondation, dit le témoin.

9h57 - «Jamais, jamais je n'ai pensé être maire de Montréal!»

9h55 - Tremblay profite de l'analyse de son CV pour étaler ses réalisations au fil des ans.

9h47 - Saut en politique provinciale en 1989 à la suite de la proposition de Robert Bourassa. Élu député d'Outremont et nommé ministre.

9h41 - Voulait faire de la politique depuis l'âge de 15 ans.

9h39 - On trace un portrait du témoin. Il parle déjà de ses valeurs: «entraide, solidarité, honnêteté, intégrité, justice sociale». Membre du Barreau depuis 1970.

9h38 - Début des audiences. Gérald Tremblay s'amène à la barre et est assermenté. L'ex-maire fait un signe de croix avant de s'asseoir. Il sera interrogé par Me Sonia LeBel.

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