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Tremblay justifie le congédiement de Trépanier

Commission Charbonneau



Lisez le compte rendu du témoignage de Gérald Tremblay de cet avant-midi

L'ancien directeur du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier, a été congédié par Gérald Tremblay après avoir tenté d'extorquer un million de dollars à un important promoteur.

C'est ce qu'a expliqué l'ex-maire de Montréal, cet après-midi, devant la commission Charbonneau confirmant l'hypothèse évoquée il y a plusieurs semaines dans la même salle d'audience.

«Sous le sceau de la confidentialité, j'ai reçu un appel pour me dire qu'il y aurait eu une demande d'un million de dollars pour réaliser un projet de la firme Smart Centres», a raconté le témoin. Il aurait par la suite vérifié cette information auprès du président de la compagnie, à Toronto, mais aussi auprès du représentant du promoteur au Québec.

Ce dernier lui aurait alors dit que Bernard Trépanier s'était présenté à lui comme «official of the mayor» pour discuter.

Après avoir informé le président de Smart Centres qu'il n'y avait aucun montant à payer, Gérald Tremblay aurait rencontré Frank Zampino pour lui faire part de cette histoire avant de congédier Trépanier sans lui donner la raison de son renvoi.

Ne voulant pas en rester là, Tremblay aurait informé le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Yvan Delorme, quelques jours plus tard, mais ce dernier aurait répondu qu'il ne pouvait rien y faire.

Congédié... mais toujours là

Malgré le congédiement de celui qui a été surnommé «Monsieur 3%», le témoin a confirmé qu'il a continué d'apercevoir Trépanier dans les activités de financement, mais que, dans son esprit, il ne sollicitait plus pour le parti.

«Pour moi, c'était clair qu'il n'y avait plus de lien d'emploi avec Union Montréal. C'était un citoyen comme un autre», a-t-il expliqué, ajoutant qu'il ignorait que le trésorier Marc Deschamps lui avait délivré un certificat de solliciteur de 2007 à 2009. «Je n'ai jamais interprété la présence de Bernard Trépanier comme quelqu'un qui sollicitait des dons après son congédiement.»

En toute fin de journée, Gérald Tremblay a toutefois avoué qu'à «une seule reprise» il a remercié Trépanier lors d'un événement réunissant des centaines de personnes s'étant déroulé après son congédiement.

«Vous avez remercié celui qui a demandé un pot-de-vin et que vous avez congédié?», s'est étonné le commissaire Renaud Lachance. «Il m'a dit: J'ai rempli la salle. Alors, j'ai dit: Merci! C'est un bénévole, il le fait par amitié!», a répondu le témoin.

Financement occulte

Concernant le financement de son parti, Gérald Tremblay a poursuivi dans la même lignée que cet avant-midi, affirmant qu'il connaissait bien les règles de financement politique, mais qu'il ne s'est jamais impliqué personnellement dans le processus.

L'ex-maire a dit ne pas être en mesure de contredire le témoignage de plusieurs autres témoins qui ont évoqué un financement occulte d'Union Montréal, mais ne jamais pour autant en avoir entendu parler.

Selon lui, jamais une firme de génie n'est venue se plaindre des pratiques de Bernard Trépanier. «Ça fait leur affaire; ils font plus d'argent», a-t-il dit avant de nier une fois de plus l'existence d'une ristourne de 3% sur la valeur des contrats octroyés.

«C'est impossible! On parle de millions de dollars! Cet argent n'est jamais venu à Union Montréal. Mon agent officiel m'en aurait parlé. C'est impossible! On s'est servi de ma formation politique pour solliciter des dons qui n'étaient pas nécessaires et qui ne sont pas venus à ma formation.» L'ex-maire a d'ailleurs émis l'hypothèse que l'argent a pu finir dans les poches de certaines personnes.

Gérald Tremblay a aussi expliqué qu'il ignorait tout de l'organisation des cocktails de financement. On lui demandait de se présenter à un événement, mais le témoin jure qu'il ignorait toujours la liste des invités et le coût qu'ils avaient dû débourser pour y participer.

Grand ménage

En fin d'après-midi, Gérald Tremblay a quelque peu étourdi la Commission en dressant à un rythme effréné une liste de dossiers où il est intervenu; gestes qui prouvent, selon lui, qu'il n'a pas fait preuve d'aveuglement volontaire.

Il a ainsi raconté avoir communiqué avec la Sûreté du Québec, en mars 2009, après avoir reçu des informations voulant que des membres du crime organisé aient tenté d'extorquer 40 000 dollars à l'entrepreneur Paul Sauvé; somme qui devait servir aux élus Sammy Forcillo et Cosmo Maciocia.

L'ex-maire a aussi évoqué le courriel reçu d'un retraité de la Ville qui l'a alerté au sujet du voyage de Robert Marcil avec Giuseppe Borsellino, de Garnier, en Italie. À la suite d'une enquête, le fonctionnaire a été congédié.

Finalement, Tremblay a fait congédier le directeur de l'arrondissement Saint-Laurent ainsi que le chef de la division de l'ingénierie de Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles; le premier pour avoir accepté un cadeau de Lino Zambito en échange de contrats et le deuxième pour des relations de proximité avec des entrepreneurs.

Gérald Tremblay reprendre son témoignage lundi matin, dès 9h30.

MISES À JOUR

16h40 - Les audiences sont suspendues jusqu'à lundi matin.

16h30 - Tremblay confirme avoir remercié Trépanier à une seule reprise après son congédiement pour avoir rempli la salle d'un grand rassemblement réunissant des centaines de personnes. «Vous avez remercié celui qui a demandé un pot-de-vin et que vous avez congédié?», s'étonne Renaud Lachance. «Il m'a dit: J'ai rempli la salle. Alors j'ai dit merci! C'est un bénévole, il le fait par amitié!»

16h21 - En 2010, le chef de la division de l'ingénierie de Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles, Laurent Gravel, a été congédié pour des relations de proximité avec des entrepreneurs.

16h19 - Témoin dit avoir fait des «représentations» à Québec pour ne plus être obligé de donner sans condition un contrat au plus bas soumissionnaire.

16h15 - Tremblay raconte aussi avoir congédié le directeur de l'arrondissement Saint-Laurent en 2003 après que ce dernier eut accepté, en retour de contrats, un tracteur Kubota de la part de Lino Zambito, d'Infrabec.

16h11 - Lorsque Borsellino s'est fait tabasser en juillet 2009, la Ville était en appel d'offres pour un contrat de 14 M$ pour le CUSM. Tremblay y voit quelque chose de louche et refuse d'accorder le contrat à Garnier. «J'ai dit à mon administration: je ne lui donne pas le contrat.» L'appel d'offres a finalement été retardé.

16h09 - C'est Robert Delisle, un retraité de la Ville, qui a envoyé le courriel. Il avisait le maire au sujet du voyage en Italie de Marcil avec Borsellino. Le courriel a mené à une enquête et Marcil a par la suite été congédié.

16h05 - En avril 2009, témoin reçoit un courriel au sujet de Robert Marcil et d'une autre personne dont il devrait se méfier. Courriel donné au Capital humain et au DG. Me LeBel dépose en preuve une copie du courriel.

15h59 - En mars 2009, Tremblay apprend que des gens du crime organisé ont tenté d'extorquer 40 000$ à l'entrepreneur Paul Sauvé. L'argent aurait servi pour le financement de Sammy Forcillo et Cosmo Maciocia. Maire a appelé la SQ. Les deux élus ont nié.

15h57 - Tremblay n'écarte pas la possibilité que l'argent récolté se soit retrouvé dans les poches de certains individus. «C'est allé où?», demande-t-il.

15h51 - «Je n'ai jamais interprété la présence de Bernard Trépanier comme quelqu'un qui sollicitait des dons après son congédiement.»

15h43 - «Pour moi, c'est clair, il n'y a plus de lien d'emploi avec Union Montréal. C'est un citoyen comme un autre», dit Tremblay quant au fait que Trépanier a continué à solliciter après son congédiement. Dit avoir appris à la commission que Marc Deschamps a continué à lui remettre un certificat de solliciteur. «Il n'a pas suivi les consignes que je lui ai données.»

15h37 - Me LeBel veut savoir pourquoi Tremblay ne parle pas des raisons du congédiement d'Abdallah à Zampino. «Je pense qu'il commençait à prendre conscience que j'avais des informations.» Il voulait protéger sa source.

15h34 - Tremblay dit qu'il n'appréciait pas la présence fréquente de Trépanier près de Zampino. «Je ne voulais que Zampino s'occupe de quelque façon que ce soit du financement.»

15h30 - Reprise des audiences. Me LeBel veut savoir pourquoi Tremblay a informé Zampino des raisons du congédiement de Trépanier. «Je savais qu'ils avaient une relation privilégiée.»

15h02 - PAUSE

14h59 - Dans les jours suivants, Tremblay a parlé de cette situation à Yvan Delorme, mais ce dernier lui a dit qu'il n'y avait rien à faire.

14h52 - Concernant le congédiement de Trépanier: «Je reçois un appel pour me dire qu'il y aurait eu une demande d'un million de dollars pour réaliser un projet de la firme Smart Centres.» Tremblay a appelé le président pour lui dire qu'il n'y a pas d'argent à donner. Le représentant de la firme au Québec lui a dit que Trépanier s'était présenté à lui comme un «official» du maire. Trépanier lui a demandé pourquoi. «Je ne te donnerai pas de raison.» «Pour moi, le lien de confiance était rompu.»

14h46 - Jamais une firme de génie n'est venue se plaindre des demandes de Bernard Trépanier, dit Tremblay. «Ça fait leur affaire, ils font plus d'argent.» «C'est impossible! On parle de millions de dollars! Cet argent n'est jamais venu à Union Montréal. Mon agent officiel m'en aurait parlé. C'est impossible! On s'est servi de ma formation politique pour solliciter des dons qui n'étaient pas nécessaires et qui ne sont pas venus à ma formation.»

14h45 - «Avez-vous eu vent de la ristourne de 3% avant la commission?», demande Me LeBel. «Il y avait certaines rumeurs de Benoît Labonté en 2008.»

14h44 - Croit que DGEQ aurait pu faire plus de vérifications pour s'assurer de la validité des dons, mais cela ne relevait pas de son parti, selon lui.

14h42 - Plus personne ne veut financer les partis politiques, dit Tremblay.

14h36 - Témoin dit avoir dit en 2009 qu'il ne voulait plus de «chapeau», plus de dons anonymes.

14h32 - Tremblay dit qu'il ne s'impliquait pas dans l'organisation de ce genre d'événement. On lui demandait de se présenter et c'est tout. Il ignorait la liste des invités, le coût que les invités avaient à débourser, etc.

14h30 - «Je ne savais même pas qui était pour être là.»

14h26 - On parle d'un petit-déjeuner au Club St-Denis en mai 2004. Témoin dit avoir fait son discours et avoir quitté ensuite.

14h24 - Tremblay dit qu'il ne peut pas nier les témoignages faits devant la Commission, mais qu'il n'était pas au courant du financement occulte à l'époque.

14h23 - Tremblay dit qu'il était «insistant» auprès de son agent officiel pour que tout soit fait selon les règles.

14h20 - Témoin dit qu'il été bien au fait des règles entourant le financement politique.

14h18 - Tremblay dit qu'il restait rarement longtemps lors des événements de financement. Serrait des mains, socialisait, prononçait son discours et repartait.

14h14 - On aborde Bernard Trépanier. Tremblay dit qu'il ne le connaissait pas avant son arrivée à Union Montréal, fin 2003, début 2004. «Je savais qu'il était un organisateur politique très près de l'équipe de Saint-Léonard, mais je ne connaissais pas les liens d'amitié [avec Zampino].»

14h11 - «Je l'ai rencontré pour lui dire que ça serait une bonne idée qu'il démissionne.»

14h09 - Tremblay dit avoir appris la tenue d'une fête pour la conjointe de Dauphin en septembre 2009. Il n'a pas été invité et a appris son existence seulement l'événement. Sauriol était parmi les invités. A demandé au contrôleur de faire une enquête. «Le dossier est entre les mains de la SQ.»

14h07 - Reprise des audiences. On aborde le choix de Claude Dauphin en remplacement de Frank Zampino.

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