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Le mystère plane toujours

Soeurs retrouvées mortes à l'île d'Orléans

Le mystère planait dimanche, sur la mort de Solange et Louise Paquet, à l'île d'Orléans, deux sœurs discrètes et isolées.

Au village de Sainte-Famille, où les deux sœurs de 68 et 72 ans vivaient et ont été retrouvées sans vie, samedi, les gens étaient encore sous le choc.

Cependant, même si les résidents connaissaient tous Solange et Louise, ils constatent qu'elles restaient la majorité du temps dans leur maison, n'ayant aucune relation de proximité.

Les seules fois où il était possible de les apercevoir, c'était lorsqu'elles travaillaient sur leur terrain. «Elles avaient toujours de grands chapeaux de paille, des foulards et de grands manteaux», a relaté Jacques Lemelin, le voisin et propriétaire de la maison dans laquelle les deux sœurs sont venues au monde.

40 ans de solitude

Selon lui, les sœurs Paquet ont commencé à s'isoler il y a 40 ans, après le décès de leur père.

«Quand on était jeunes, on avait une relation comme des frères et des sœurs, mais depuis une quarantaine d'années, elles faisaient leurs affaires», a-t-il mentionné, expliquant que la famille Paquet avait acheté la maison juste de l'autre côté de la rue où Solange et Louise ont vécu longtemps avec leur mère.

Devant ce constat, Jacques Lemelin avoue ne pas être surpris de la tournure des événements, principalement lorsqu'il observe la façon dont les deux sœurs vivaient, à l'écart du groupe.

«Ça ne m'a pas surpris, plus tu t'isoles, plus ta situation empire (...) Je ne crois pas que c'étaient des filles qui auraient voulu vivre jusqu'à 90 ans et se faire torcher», a-t-il affirmé, soulignant que l'une des deux sœurs avait commencé à avoir des problèmes de santé, notamment des maux de tête. D'ailleurs, Solange et Louise n'avaient pas beaucoup de famille, mis à part un frère qui, selon les Lemelin, n'était pas très proche d'elles.

Jacques Lemelin (Crédit photo: Karl Tremblay, Agence QMI)

Visage caché

Sur le parvis de l'église de Sainte-Famille, dimanche matin, les villageois s'interrogeaient encore sur les circonstances de l'événement. Par contre, comme les deux sœurs n'avaient pas vraiment d'amis, les gens avaient peu de détails sur leur mode de vie.

«C'étaient des dames solitaires. On ne les a jamais vues de face. L'été, elles avaient un chapeau ou un foulard pour se cacher, et l'hiver, un capuchon. Ça fait 26 ans qu'on reste à Sainte-Famille et on n'a jamais vu leur visage même si on passe pratiquement tous les jours devant chez elles, ont souligné Louise Goulet et son mari, Jacques. Personne dans la paroisse ne les connaissait.»

Denise Drouin, qui est allée à l'école avec la plus jeune des deux sœurs, était aussi ébranlée d'apprendre le décès simultané des Paquet, mais gardait un vague souvenir d'elles. «Louise et Solange, on ne les rencontrait pas», a-t-elle soutenu.

«Il n'y avait jamais de problème»

Surprise et triste, Nathalie Lemelin considère avoir été l'une des privilégiées à percer la coquille dans laquelle les sœurs Paquet s'enfermaient.

«Les deux en même temps, c'est quelque chose. Tu ne t'attends pas à ça», a laissé tomber Mme Lemelin. Elle est surprise qu'une chose comme celle-là soit survenue chez Solange et Louise, considérant qu'elles n'avaient pas des vies très mouvementées.

«On a jasé avec elles il y a trois semaines et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Il n'y avait jamais de problème», a-t-elle ajouté.

Mme Lemelin, contrairement aux autres personnes du village, garde en souvenir le sourire lumineux des deux sœurs. «Tous les matins, elles m'envoyaient la main avec le sourire», s'est-elle rappelée, mentionnant que rien ne pouvait indiquer un tel drame.

Elle décrit certes les deux femmes comme des personnes mystérieuses, mais confie n'avoir jamais vécu de gêne quand elle allait à leur maison. «Elles me mesuraient sur leur mur. Il y avait des traces de crayons même après 30 ans», a-t-elle raconté.

Enquête en cours

Pour l'instant, la Sûreté du Québec souligne que la scène du drame a été passée au peigne fin et qu'aucune trace d'effraction n'a été trouvée sur les lieux. Les corps des deux dames âgées ont été retrouvés dans leur résidence, samedi, après qu'un camelot qui s'inquiétait de voir les journaux s'empiler dans la boîte aux lettres eut alerté les autorités.

Toutes les hypothèses sont étudiées par les enquêteurs, dont le meurtre suivi d'un suicide ou même le double suicide. Le coroner pratiquera une autopsie sur les dépouilles.

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