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Gilles Cloutier admet avoir menti

Commission Charbonneau

Revirement à la commission Charbonneau: après trois jours d'un témoignage pour le moins percutant, la crédibilité de Gilles Cloutier a été mise à mal, aujourd'hui, après que l'ancien vice-président au développement des affaires pour les firmes Roche et Dessau eut admis avoir menti.

D'entrée de jeu, M. Cloutier a avoué avoir fait une «affirmation pas vraie» lors de son contre-interrogatoire par Me Estelle Tremblay, représentant le Parti québécois (PQ), le 2 mai dernier.

Alors qu'il a affirmé sous serment être propriétaire de la résidence de Pointe-au-Pic où ont séjourné des clients de Roche, le témoin a été forcé d'admettre qu'il en était plutôt locataire.

«J'ai beaucoup de peine, de tristesse et de culpabilité concernant cette affirmation. J'ai révisé tout mon témoignage et tout ce que j'ai dit est vrai et je le jure encore aujourd'hui», s'est-il empressé d'ajouter.

«J'avais même mis une pancarte au bord du chemin pour identifier La maison des Cloutier. [...] J'étais tellement habitué à aller là, j'avais le contrôle de la maison, c'est sorti tout seul», a-t-il expliqué, disant avoir menti par «orgueil mal placé».

«Est-ce qu'il y a autre chose qui n'est pas tout à fait la vérité dans ce que vous avez dit?», lui a alors demandé la présidente France Charbonneau. «Non, je persiste à dire que tout le reste est la vérité.»

Échange acrimonieux

Me Tremblay s'est par la suite lancée dans un échange acrimonieux avec le témoin, tentant de lui faire admettre une série d'autres «inventions».

«Est-ce exact de dire que vous avez inventé plusieurs histoires au cours de votre interrogatoire?», a lancé l'avocate. Elle a alors exposé à Gilles Cloutier qu'il avait affirmé sous serment avoir acheté la maison par l'entremise d'un notaire, avoir payé la résidence 200 000 dollars et l'avoir revendue 400 000 dollars. Le témoin a admis avoir menti pour toute cette histoire.

L'avocate du PQ a aussi tenté de faire dire au témoin qu'il avait inventé le cocktail de financement pour Lucie Papineau, dans Prévost, en 2001, ce que Cloutier a vivement nié.

«Il n'est pas faux! Je dis la vérité!», a-t-il affirmé. «Mme Papineau, elle était bien contente!»

S'acharnant longuement sur le témoin, Me Tremblay a même fait perdre patience à l'ancien vice-président au développement des affaires de plus en plus irrité des questions de l'avocate.

«Vous faites perdre du temps à tout le monde», lui a-t-il lancé.

Un peu plus tôt, Gilles Cloutier a admis être «gravement malade», mais a nié le fait que cela puisse affecter sa mémoire.

Des dates contradictoires

Toujours en contre-interrogatoire, Me Michel Décary, représentant le Parti libéral du Québec (PLQ), a soulevé des contradictions temporelles dans un dossier évoqué par Gilles Cloutier lors de son témoignage.

L'avocat est d'abord revenu sur le contrat de l'usine de filtration de Saint-Stanislas-de-Kostka pour lequel le témoin a raconté avoir facilité l'octroi d'une subvention du gouvernement du Québec via le ministre Jean-Marc Fournier.

Lors de son interrogatoire, Gilles Cloutier a affirmé avoir invité le maire de la municipalité, Maurice Vaudrin, au match inaugural des Expos en 2003 et que c'est à la suite de cet événement que les deux hommes auraient entrepris des discussions au sujet du contrat.

Or, Me Décary a présenté au témoin une lettre signée de la main d'André Boisclair et datée du 19 février 2003 dans laquelle on peut lire que ce dernier a soumis le projet de la municipalité à un programme de subvention alors que le match des Expos a eu lieu deux mois plus tard, le 22 avril.

C'est toutefois Jean-Marc Fournier qui a eu la tâche de confirmer l'octroi de la subvention au maire une fois son parti au pouvoir.

Toujours dans le même dossier, Gilles Cloutier a prétendu avoir assisté, à la suite du match des Expos, à un match du Canadien au Centre Bell le même soir que Maurice Vaudrin et son petit-fils.

L'avocat du PLQ a alors expliqué au témoin que cela était impossible puisque, cette année-là, le Canadien a été éliminé avant le 22 avril.

Le reste du témoignage de Gilles Cloutier est frappé d'une ordonnance de non-publication temporaire puisque la Commission souhaitait questionner le témoin au sujet du projet Fiche (Boisbriand) qui fait actuellement l'objet d'accusations criminelles.

Par ailleurs, France Charbonneau a refusé la requête du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui souhaitait que le témoignage de Gaétan Turbide, directeur général de la Ville de Laval, se déroule totalement en non-publication. Seules certaines parties de son témoignage seront soumises à cet interdit.

Gilles Cloutier reviendra demain matin à la barre des témoins, mais toujours en mode non-publication.

MISES À JOUR

16h01 - La commission passe en monde non-publication.

15h51 - Renaud Lachance pose une question au témoin et demande si le cocktail dans Prévost pourrait avoir eu lieu en 1999 plutôt que 2001. Témoin répond par la négative. La liste des invités ne correspond pas, dit-il. Par contre, Cloutier affirme qu'il y a eu un double budget dans des élections provinciales. Commission ne le relance pas.

15h47 - Finalement, on reprend en mode publication. Commission refuse de divulguer les déclarations antérieures de Cloutier aux enquêteurs de la CEIC.

15h13 - Fin du contre-interrogatoire par Me Décary. PAUSE. On reprend en mode non-publication au retour.

14h49 - Me Décary soulève une autre contradiction: Cloutier prétendait être allé à un match du Canadien au Centre Bell avec le maire de Saint-Stanislas-de-Kostka à la suite du match d'ouverture des Expos, le 22 avril 2003. Or, le Canadien était déjà éliminé à cette date.

14h41 - C'est toutefois Jean-Marc Fournier qui a eu la tâche de confirmer au maire la subvention; une tâche administrative normale.

14h37 - Me Décary affirme que le projet a obtenu le feu vert de Québec en février 2003, par André Boisclair, et non par Jean-Marc Fournier. Lettre de Boisclair le 19 février alors que le match d'ouverture des Expos a eu lieu le 22 avril 2003.

14h16 - Début du contre-interrogatoire par Me Michel Décary, représentant le PLQ. L'avocat revient sur l'histoire de Saint-Stanislas-de-Kostka.

14h14 - Reprise des audiences.

12h33 - Fin du contre-interrogatoire par Me Houle. PAUSE DU DÎNER

12h31 - Appelé à comparer son honnêteté à celle de Gérald Tremblay, Cloutier dit que l'ex-maire est plus honnête que lui.

12h19 - Cloutier dit que Bernard Trépanier gardait pour lui une partie de l'argent qu'il récoltait. Nie avoir fait quelque chose du genre.

12h15 - Me Houle demande à Cloutier si son témoignage est un «règlement de comptes».

12h05 - Fin du contre-interrogatoire par Me Tremblay. Me Denis Houle, représentant l'ACRGTQ, contre-interroge le témoin. Il revient lui aussi sur l'histoire de la maison de Pointe-au-Pic.

11h54 - Cloutier admet avoir fait faillite. Dit conduire à l'occasion un véhicule de marque Mercedes de l'année 2012. Ce n'est pas lui qui fait les paiements, c'est son neveu Robert Cardinal.

11h51 - Reprise des audiences.

11h15 - PAUSE

11h05 - Présidente suggère une pause. Me Tremblay dit qu'elle aimerait terminer, qu'elle en a pour «10 minutes». «Maximum», lui répond la présidente.

11h02 - «Vous faites perdre du temps à tout le monde», lance Cloutier à Me Tremblay.

10h49 - Cloutier en rajoute sur le cocktail pour lequel Me Tremblay l'accuse d'avoir menti. «Mme Papineau, elle était bien contente! Vous allez loin avec la vérité, vous aussi!»

10h40 - «Ce n'est pas parce qu'on est un bon vendeur, qu'on fait du développement des affaires, qu'on est menteur.»

10h21 - Cloutier dit être «gravement malade», mais que cela n'affecte «pas du tout» sa mémoire, répondant ainsi à une question de Me Tremblay.

10h17 - Me Tremblay soumet au témoin qu'il a aussi inventé le cocktail de financement pour Lucie Papineau dans Prévost en 2001. Témoin nie. «Il n'est pas faux, je dis la vérité!» L'avocate confronte le témoin au fait que les dons ne correspondent pas aux données du DGE. Cloutier répond que plusieurs ont payé en argent.

10h12 - «Est-ce exact de dire que vous avez inventé plusieurs histoires au cours de votre interrogatoire?», demande Me Tremblay. L'avocate revient sur le fait que Cloutier a dit avoir acheté la maison devant notaire et au prix de 200 000 dollars de son propre argent. Cloutier admet aussi avoir menti lorsqu'il a dit avoir vendu la maison 400 000 dollars.

10h06 - Cloutier s'engage à déposer devant la Commission ses déclarations fiscales de 2007 à 2012 après qu'il eut admis avoir des milliers de dollars à la maison. Me Tremblay va même jusqu'à lui demander où il cache cet argent. Présidente s'interpose et fait remarquer que ce n'est pas une bonne idée. «Je ne pense pas qu'on ait besoin de la combinaison du coffre-fort», dit Me Sonia LeBel.

10h01 - Devant les nouveaux faits, Me Estelle Tremblay, représentant le PQ, désire de nouveau contre-interroger le témoin.

10h00 - «Est-ce qu'il y a autre chose qui n'est pas tout à fait la vérité dans ce que vous avez dit?», demande la présidente. «Non, je persiste à dire que tout le reste est la vérité.»

9h56 - Cloutier dit avoir fait une «affirmation pas vraie» lors du contre-interrogatoire par Me Estelle Tremblay, du 2 mai dernier. Il dit finalement ne pas être propriétaire, mais bien locataire de la maison à Pointe-au-Pic. «J'avais même mis une pancarte au bord du chemin pour identifier La maison des Cloutier. J'ai beaucoup de peine, de tristesse et de culpabilité concernant cette affirmation. J'ai révisé tout mon témoignage et tout ce que j'ai dit et vrai et je le jure encore aujourd'hui.» «J'étais tellement habitué à aller là, j'avais le contrôle de la maison, c'est sorti tout seul.» Cloutier dit avoir menti «par orgueil mal placé».

9h54 - On appelle Gilles Cloutier à la barre.

9h48 - France Charbonneau prend les requêtes en délibéré.

9h46 - L'avocat de Gilles Beaulieu demande à contre-interroger Gilles Cloutier. Il dit en avoir pour une dizaine de minutes.

9h43 - L'avocat de Guy Chevrette demande le statut de «plein participant» pour son client. L'avocat qualifie les propos de Cloutier au sujet de Chevrette de «vagues, imprécis et faux». Il considère que son client a été victime d'une attaque «gratuite».

9h41 - Deux requêtes doivent être entendues avant la reprise du contre-interrogatoire de Gilles Cloutier.

9h39 - Début des audiences pour la journée.

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