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Bilan d'une semaine difficile

Commission Charbonneau

La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CEIC) en aura connu de meilleures. La semaine qui se termine a été particulièrement difficile pour la crédibilité de l'enquête présidée par France Charbonneau.

Lundi matin, 9h55: le témoin Gilles Cloutier, qui s'apprêtait à conclure son témoignage, fait acte de contrition et admet avoir trompé volontairement la Commission par «orgueil mal placé».

Alors qu'il avait prétendu quelques jours plus tôt être propriétaire de la résidence de Pointe-au-Pic où la firme de génie-conseil Roche envoyait certains de ses clients, M. Cloutier admet maintenant en être simple locataire.

«J'ai fait une affirmation qui n'était pas vraie. J'ai faussé la Commission. J'ai beaucoup de peine, de tristesse et de culpabilité concernant cette affirmation-là», a-t-il lancé en guise d'excuse.

Mercredi, 9h15: la Commission est forcée de modifier ses plans. Alors qu'elle devait entendre 15 minutes plus tard le témoignage du directeur général de la Ville de Laval, Gaétan Turbide, des informations qui remettent «sérieusement en doute» la crédibilité du témoin parviennent aux procureurs qui décident d'ajourner les travaux jusqu'à 14h.

Turbide collabore pourtant depuis des semaines, sinon des mois, avec les policiers dans le cadre du projet Honorer, qui a mené à 37 arrestations à Laval la semaine dernière.

C'est finalement le directeur général adjoint, Jean Roberge, qui s'est présenté à la barre. Des éléments de son témoignage sont toutefois restés en plan, dont cette mystérieuse rencontre avec l'actuel maire de Laval, Alexandre Duplessis, quelques jours avant son témoignage au cours de laquelle des membres du comité exécutif se sont assuré que la discussion ne soit pas enregistrée.

«On nous a demandé de remettre tous les cellulaires et de les sortir de la pièce.

- Pour ne pas qu'il y ait de téléphones dans cette salle de réunion?, a demandé le procureur, Me Paul Crépeau.

- De téléphone ou d'enregistrement des discussions», a conclu le témoin.

La commission n'a pas cherché pas à en savoir plus et le maire de Laval n'a fait que confirmer l'existence de la rencontre. Que s'est-il dit derrière les portes closes? Le mystère reste encore aujourd'hui entier.

Les audiences reprendront mardi prochain. La Commission entendra alors un témoin-surprise dont l'identité n'a pas été révélée pour des raisons de sécurité.

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