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Voyages et 400 000$ en argent et cadeaux

Commission Charbonneau

Roger Desbois ne s'est pas seulement occupé de récolter une ristourne de 2% sur la valeur des contrats publics pour le compte du PRO des Lavallois. L'ingénieur à la retraite a aussi autorisé pendant plusieurs années des milliers de dollars d'«extras» à des entrepreneurs qui lui ont valu de somptueux cadeaux.

Du début des années 2000 à 2008, Desbois a usé de ce stratagème pour permettre aux compagnies «politisées» [NDLR: qui payaient une ristourne de 2% sur les contrats] de dégager de l'argent comptant. Prudent, le témoin a raconté qu'il autorisait toujours les dépenses supplémentaires en restant dans la marge de manœuvre prévue au contrat pour éviter de devoir fournir des justifications additionnelles à la Ville.

«Comment on vous remerciait?», lui a demandé le procureur Me Simon Tremblay. «Au début, ce n'était à peu près rien. Avec le temps, les entrepreneurs sont devenus généreux», a expliqué Roger Desbois, parlant de voyages au soleil et de pêche en plus d'une somme en argent totalisant environ 400 000 dollars.

«Les retours étaient volontaires», a-t-il ajouté, jurant qu'il ne négociait jamais de tels cadeaux.

Questionné à savoir ce qu'il avait fait de cet argent, le témoin a répondu qu'il en entreposait une partie chez lui et l'autre partie dans un coffret de sûreté. Lorsque rencontré par les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Roger Desbois a remis les 300 000 dollars restants; somme s'ajoutant aux 81 000 dollars déclarés cet avant-midi dans un autre contexte.

Coordonnateur de la collusion

Le témoin a aussi admis avoir agi en tant que coordonnateur de la collusion à la suite du départ de Claude Deguise, directeur du département du génie de la Ville de Laval, en janvier 2008.

«Ce rôle m'avait déjà été plusieurs fois offert antérieurement et j'avais toujours dit non. J'ai fait ça pour dépanner. Je comprends mal Claude de l'avoir fait aussi longtemps. C'est constamment conflictuel», a expliqué Desbois, étant cependant incapable de dire qui lui a demandé d'assumer ce rôle en 2008.

L'ingénieur n'en démord toutefois pas: le maire Gilles Vaillancourt était au courant de cette responsabilité qui lui avait été confiée.

Roger Desbois sera de retour devant la Commission demain matin. Alors qu'il devait revenir à la barre après la pause de l'après-midi, son avocat a expliqué que l'état de santé de son client, qui souffre de problèmes cardiaques, ne lui permettait pas de poursuivre.

«Il ne pense pas être capable de rendre ce qu'il a à rendre. Il préférerait reprendre plus en forme demain matin», a-t-il déclaré.

La présidente France Charbonneau a accepté de suspendre les audiences jusqu'à demain matin, 9h30.

MISES À JOUR

15h47 - Les audiences sont suspendues jusqu'à demain matin.

15h45 - Reprise des audiences, mais sans le témoin. Son avocat évoque sa «santé physique» pour expliquer son absence. «Il ne pense pas être capable de rendre ce qu'il a à rendre. Il préférerait reprendre plus en forme demain matin.» «Notre but n'est pas de tuer les témoins», réplique la présidente qui accepte la demande.

14h53 - PAUSE

14h46 - Témoin ne se souvient pas qui lui a demandé de prendre la responsabilité de coordonnateur. «Ce rôle m'avait déjà été plusieurs fois offert antérieurement et j'avais toujours dit non. J'ai fait ça pour dépanner. Je comprends mal Claude de l'avoir fait aussi longtemps. C'est constamment conflictuel.»

14h35 - À la suite du départ de Claude Deguise en janvier 2008, la tâche de distribuer les contrats aux entrepreneurs est revenue à Desbois. Dit que le maire était au courant de son rôle de coordonnateur.

14h33 - On revient sur une partie du témoignage de Lino Zambito.

14h30 - Plus gros montant reçu? 40 000$. «Vous faisiez quoi avec cet argent?», demande Me Tremblay. «Je l'entreposais chez moi en partie et je me suis servi de mon coffret de sûreté pour sécuriser cet argent-là.» «J'ai dénoncé l'argent et j'ai donné 300 000$ à l'UPAC.»

14h27 - Témoin dit qu'il accordait des extras aux entrepreneurs qui payaient le 2% seulement. Ceux qui étaient «politisés».

14h19 - Environ 400 000$ en argent comptant au total; correspondant à une ristourne de 8 à 10% estime le témoin. «Les retours étaient volontaires», dit Desbois. Il ne négociait pas ses cadeaux. «Il y en a que j'ai aidé, qui n'ont jamais payé et ça ne me dérange pas.»

14h15 - «Comment on vous remercie?», demande Me Tremblay. «Au début, c'est à peu près rien. Avec le temps, les entrepreneurs sont devenus généreux.» On parle d'argent, de voyages au soleil (4 ou 5 fois pour lui et sa femme) et de pêche. Voyages au Mexique offerts par Tony Rizzuto. Voyages de pêche par Marc Lefrançois.

14h14 - Commence cette pratique «au début des années 2000» jusqu'en 2008 environ.

14h11 - Le fait de rester dans la marge de manoeuvre permettait au témoin de ne pas avoir à fournir de justifications supplémentaires à la Ville.

14h08 - Témoin explique qu'il utilisait les sommes prévues pour les extras pour permettre aux entrepreneurs de dégager de l'argent comptant.

14h05 - Reprise des audiences. On aborde le sujet des extras octroyés aux entrepreneurs.

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