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Nuisance sonore «excessive et intolérable»

Centre de parachutisme Adrénaline

La municipalité de Saint-Colomban se tourne vers la Cour supérieure pour forcer le centre de parachutisme Adrénaline, de Saint-Jérôme, à cesser de faire voler ses avions au-dessus de son territoire.

Dans sa requête en injonction signifiée au début de mai, la Ville invoque surtout la nuisance «excessive et intolérable» causée par le bruit des aéronefs, qui causerait «une atteinte sérieuse à la qualité de vie» des résidents d'un secteur domiciliaire.

Selon la requête, neuf propriétés, au-dessus desquelles les avions décollent ou atterrissent, sont particulièrement touchées par ce problème. D'ailleurs, ces propriétaires (14 personnes en tout) intentent eux aussi conjointement des procédures contre Adrénaline.

En plus d'y demander que cessent le passage des avions et le largage de parachutistes au-dessus de leur domicile, ils réclament chacun des dommages de 15 000 $ pour «la perte de jouissance de leurs biens, la perte de quiétude, le stress, la fatigue et l'anxiété» qui découlent des activités du centre de parachutisme.

«Un véritable calvaire»

Dans les affidavits accompagnant leur requête, les citoyens expliquent en détail les désagréments que leur cause le passage répété des avions. On y évalue à 4300 en moyenne le nombre d'envolées entre les mois d'avril et octobre.

Ils affirment ne plus pouvoir faire d'activités à l'extérieur de leur domicile, où une simple conversation serait même impossible à cause du bruit. Les soirs de semaine et les week-ends seraient devenus un «véritable calvaire», au point où ils devraient quitter leur propriété pour avoir un peu de quiétude. Ils s'inquiètent en outre de la perte de valeur de leur propriété. L'audition initiale des requêtes doit avoir lieu jeudi au palais de justice de Saint-Jérôme.

À Saint-Jérôme

La controverse entourant les activités d'Adrénaline remonte à plus de deux ans. Ce sont d'abord des résidents du secteur Bellefeuille à Saint-Jérôme (où se trouve l'aérodrome utilisé par l'entreprise) qui ont multiplié les plaintes, notamment au conseil municipal, où une pétition a été déposée.

La Ville a maintes fois invoqué le fait que les activités aériennes sont de compétence fédérale pour expliquer son incapacité d'agir dans ce dossier. Le maire Marc Gascon a aussi fait valoir que cet aérodrome existait depuis une cinquantaine d'années et ne constituait donc pas un «vice caché» pour les résidents d'aujourd'hui.

Il n'en demeure pas moins que l'automne dernier, un comité formé de quatre conseillers municipaux a été mis en place pour se pencher sur le problème. Mardi à la séance des élus, le conseiller Martin Pigeon a indiqué que le comité a rencontré des dizaines de citoyens et qu'Adrénaline a bien collaboré à l'exercice. Par contre, il n'a pas terminé son travail et n'est donc pas encore en mesure de faire ses recommandations.

Activités «conformes»

De leur côté, les dirigeants du centre de parachutisme maintiennent que leurs activités sont conformes à la réglementation et ont bien l'intention de le faire valoir devant le tribunal. Leur porte-parole, Frédéric Baillargeon, réitère que plusieurs mesures ont été mises en place pour diminuer les inconvénients.

Il constate que Saint-Colomban a autorisé des développements résidentiels dans l'axe direct de la piste d'atterrissage, à moins d'un kilomètre, et que cette ville doit maintenant composer avec ses nouveaux citoyens «s'ils se sentent floués de ne pas avoir été informés de cet environnement avant de s'installer dans le voisinage d'un aérodrome».