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8D Technologies ouverte au dialogue

Lydia Labbé-Roy

Le conflit opposant la Société de vélos en libre-service (SVLS - Bixi) et 8D Technologies pourrait être en voie de se régler. L'entreprise, à la base du logiciel installé dans les bornes d'ancrage, a récemment envoyé une demande pour rouvrir le dialogue.

8D Technologies a fait parvenir une lettre à la SVLS afin d'arriver à une entente. «On a récemment retendu la main à la SVLS pour voir si on ne peut pas discuter et régler cette chose-là dans le contexte où il y a un changement de garde», explique la présidente-directrice générale de 8D Technologies, Isabelle Bettez.

De son côté, le PDG par intérim de Bixi, Michel Philibert, indique que «le conseil d'administration décidera de donner ou non suite à la demande de Mme Bettez».

Il souligne que la société a aussi fait des démarches pour arriver à une entente. «Il y a quelques semaines, on a offert à 8D de faire une expertise conjointe pour s'assurer que la facturation était bien. Elle serait menée par un expert indépendant, il s'agirait donc d'une mesure objective. Mais 8D a refusé», dit-il.

Un conflit qui perdure

Le 19 janvier 2012, la SVLS a rompu l'entente avec 8D Technologies qui fournissait «certaines composantes du système Bixi, dont un logiciel qui lui est propre et qui constitue en quelque sorte le «cerveau» des stations d'ancrage », selon un affidavit d'Alain Ayotte, ancien président de la SVLS.

Bixi accuse 8D Technologies d'avoir surfacturé les produits et services qu'elle lui vendait. Un fait que réfute Isabelle Bettez. «Je pense que pour chaque allégation, il y a vraiment quelque chose à répondre», affirme-t-elle.

Aussitôt l'entente terminée, Bixi s'est tourné vers l'entreprise américaine Personica Inc. pour développer le logiciel de son côté. 8D Technologies soutient cependant que la société avait entamé les travaux alors qu'elle était toujours en partenariat avec elle. «C'est clair qu'on ne peut pas développer un logiciel en dedans de trois ou six mois. Les temps associés sont importants et la solution est complexe. Donc ils ont développé ce logiciel-là pendant qu'on était à côté d'eux à répondre à des questions qu'on ne savait pas qui servirait à alimenter le développement d'un logiciel compétitif au nôtre», dénonce Isabelle Bettez.

Le nouveau logiciel que Personica Inc. développe pour le compte de la SVLS dessert seulement les villes de New York, dont la première saison a débuté lundi, et de Chattanooga aux États-Unis. Il sera aussi utilisé dans les futures villes qui feront affaire avec Alta, le partenaire américain de Bixi.

Les stations d'ancrage de Montréal continueront, quant à elles, à être opérées et entretenues par 8D Technologie qui, malgré la fin du contrat avec Bixi, s'assure toujours de l'entretient et des mises à jour.

Pas de fonds publics

Le PDG par intérim de Bixi, Michel Philibert, assure que ce ne sont pas les fonds publics qui paient pour le développement de ce nouveau logiciel qui ne sera utilisé que pour les nouvelles villes. «Ce sont les fonds de Bixi, c'est les commanditaires et c'est les membres de Bixi qui paient. Bixi n'a jamais reçu de subvention en fonds publics. Bixi a un prêt. Ce n'est pas de l'argent que le gouvernement ou la mairie nous a donné. Donc on ne peut pas dire que ce sont des fonds publics. C'est aussi l'argent que nous avons eu des autres systèmes à l'étranger», explique-t-il.

La SVLS devrait passer aux mains de la Société de Transport de Montréal (STM) dès la fin de l'été. Le conseil d'administration de la STM a d'ailleurs voté, le 1er mai, pour que trois représentants de la STM occupent un siège au sein du conseil d'administration de la SVLS.