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Chantiers Chibougamau : «Il faut être compétitif»

TVA Nouvelles

Agence QMI

 

Les défis ne manqueront pas pour Chantiers Chibougamau au cours des cinq prochaines années. L’entreprise située au nord du Québec devra manœuvrer avec la forte valeur de la monnaie canadienne, le prix à la baisse - encore - du bois d’œuvre et la poursuite nécessaire de la diversification de ses produits pour stabiliser sa place dans des marchés non résidentiels.

«Depuis 2011, nous avons une présence marquée dans la construction multi-étage d’immeubles de 4 à 10 étages, a souligné Frédéric Verreault. Nous devons donc continuer à investir dans nos produits pour que la construction en bois redevienne un choix normal.»

Car, comme il l’ajoute avec réalisme, personne n’achète les produits du bois pour les beaux yeux des scieries québécoises. Les poutrelles et les planchers doivent être sécuritaires, économiques et avantageuses en comparaison aux poutrelles d’acier.

« Cela nous demande de maximiser la production pour faire en sorte de déplacer les achats des matériaux conventionnels vers nos produits. Mais il faut être compétitifs, les clients n’ont pas un dollar à jeter par les fenêtres » a renchéri le directeur du bureau montréalais de Chantiers Chibougamau.

À ce défi de crédibilité sur les marchés de la construction non résidentielle, l’entreprise de Chibougamau doit aussi affronter la valeur du dollar canadien qui s’est apprécié de manière importante, pour atteindre la valeur au pair du dollar américain. Une cargaison de bois ne peut plus compter maintenant sur son prix inférieur pour traverser les frontières.

«On n’a pas le choix, pour avancer, on a toujours les manches bien retroussées», a donné comme image Frédéric Verreault.

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Trois questions à Frédéric Verreault

Q; : Quelle est la place de Chantiers Chibougamau dans le marché du bois d’œuvre ?

R. : «En 2012, l’entreprise a traité 5 % de tout le bois d’œuvre québécois avec 850 000 mètres carrés.»

Q. : Faudrait-il une Loi pour imposer l’usage du bois dans la construction industrielle?

R. : «Non. Je rêve que l’on arrête de dire que l’industrie du bois a besoin de mesures d’aide. On gagnerait à rappeler que la construction en bois possède une empreinte écologique moins forte que celle qui utilise l’acier et le béton. Il faut revenir à des pratiques qui étaient bien maîtrisées, avec les outils technologiques d’aujourd’hui.»

Q. : Est-ce que le marché du bois d’œuvre s’est rétabli?

R. : «Avec la crise immobilière américaine, les prix ont chuté dramatiquement. Ils s’étaient graduellement rétablis pour récemment rechuter de 25 % en trois semaines. Il faut travailler avec cette connaissance de la précarité».

Profil de l’entreprise

Chantiers Chibougamau

Domaine d’affaires : fabrication de matériaux de construction à partir de bois en provenance de la forêt boréale.

Basée à : Chibougamau, Montréal, New York.

Nombre d’employés : 600, dont 30 personnes à Montréal.

Actionnaires : Famille de Lucien Filion et ses enfants.

Chiffres d’affaires (moyenne sur 10 ans) : 150 millions $.

Site web : chibou.com

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