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Les ventes de livres reculent

Québec

Les ventes de livres neufs ont reculé de nouveau au Québec l'an dernier, rapporte l'Institut de la statistique du Québec.

Les ventes sont passées de 707 millions $ en 2011 à 678 millions $ en 2012, pour une baisse de 4,1%. Il s'agit de la troisième baisse annuelle consécutive depuis trois ans.

Par rapport au sommet de 770 millions $ atteint en 2007, les ventes de livres ont reculé en moyenne de 2,4% chaque année.

L'Observatoire de ventes de la culture et des communications, qui analyse l'évolution la question pour ISQ, attribue cette chute de revenus à la diminution de 16,2% des ventes des éditeurs aux particuliers et aux collectivités et de 1,6% des ventes dans les librairies. Même les ventes des livres dans les grandes surfaces commerciales ont affiché une baisse de 0,8%.

«Les ventes de livres ont connu une période d'or au milieu des années 2000, à cause de la réforme scolaire, a expliqué Benoît Allaire, conseiller à L'Observatoire de ventes de la culture et des communications. Cette situation est terminée depuis au moins deux ans. L'industrie se retrouve dans une situation normale.»

Grandes surfaces favorisées

Ce sont les librairies à succursales qui s'en sortent le mieux, puisqu'elles ont connu une progression constante depuis 2008, accaparant maintenant une vente de livre sur deux.

Le groupe Archambault a confirmé cette tendance. «La décroissance, nous on ne la vit pas», a mentionné Michelle Fortier, porte-parole aux affaires corporatives. Le Groupe Archambault ne dévoile pas cependant le nombre de ventes de livres en format papier et numérique dans sa vingtaine de succursales.

Ce sont en contrepartie les librairies indépendantes qui écopent avec une baisse de leur part de marché de 4,2% en quatre ans.

«Oui, globalement il y a une baisse, mais chaque librairie est unique, a expliqué Laurent Borrego, responsable du développement institutionnel à la Librairie Monet, membre de l'Association des libraires du Québec. Certaines ont des spécialités comme les sections de bandes dessinées ou jeunesse. On se rattrape en allant chercher des lecteurs de ces niches.»

Le livre souffrirait avant toute chose de facteurs qui influencent le comportement des acheteurs de livres. «La température, l'atmosphère économique maussade, l'endettement des ménages et le prix du livre ont une influence, a ajouté M. Borrego. Cela fait en sorte que les acheteurs vont trouver que cela crée un trou dans leur budget avant de passer faire l'épicerie.»

Il a constaté aussi que les amateurs de livres numériques, souvent plus âgés et fortunés que les jeunes, ont tendance à télécharger leurs livres à partir des bibliothèques publiques. Le marché en croissance souffrirait aussi d'une offre en livres français inférieure à la demande. De plus, un certain nombre abandonnent la formule de la lecture sur tablette après l'avoir expérimentée.

«Ce n'est pas un métier de tout repos, a souligné Laurent Borrego. Les libraires doivent constamment faire attention et se battre. C'est pourquoi ils attendent avec impatience la Commission parlementaire sur le livre annoncée pour l'automne.»