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Ils veulent un coupable

Tragédie à Lac-Mégantic

«Les gens ont besoin d'un coupable», estime la famille de Diane Bizier, 46 ans, qui est décédée au Musi-Café lors de l'explosion du train d'enfer.

«Moi j'en ai besoin, je veux qu'il y en ait un. Ce n'est pas parce que je suis méchante, mais toutes ces personnes n'étaient pas supposées mourir à cet endroit», a laissé tomber la fille de Diane Bizier, Mégane Turcotte.

Sans pointer quelqu'un du doigt, le conjoint de Diane Bizier, Guy Ouellet, trouve de son côté anormal qu'un train ait pu exploser en plein centre-ville. «Il y a une personne qui a un tort là-dedans. Si un gars soûl frappe ta femme, tu aimerais ça le retrouver», a-t-il illustré.

L'endeuillé fait notamment partie d'un groupe qui a intenté un recours collectif la semaine dernière afin d'indemniser les victimes de Lac-Mégantic qui ont subi des pertes importantes.

«La ville est détruite au complet et il y a 50 morts. C'est ça la raison du recours. Il y a quelqu'un qui est responsable de ces morts-là.»

Elles s'amusaient

Trente minutes avant le déraillement dramatique au centre-ville de Mégantic, Guy Ouellet profitait d'une belle fin de soirée avec sa conjointe et plusieurs amis. Voyant son chum fatigué, Mme Bizier lui a conseillé de rentrer à la maison, lui indiquant qu'elle viendrait le rejoindre plus tard. Diane avait décidé de rester sur la terrasse avec sa nièce, Joanie Turmel. «Elles prenaient une bière et il faisait super beau. Je les regardais et elles avaient du fun terrible», a avoué l'amoureux de Diane Bizier.

Une fois à la maison, Guy Ouellet s'est aperçu que quelque chose clochait à l'extérieur. Il est donc sorti croyant qu'un feu avait éclaté au garage voisin. Cependant, plus il avançait et plus il s'apercevait que le centre-ville brûlait.

Il a bien tenté de retrouver Diane à la suite de l'explosion, même au détriment de sa santé. Toutefois, les recherches n'ont rien donné. Un témoin a vu Diane 15 secondes avant la déflagration, elle montait aux toilettes du Musi-Café.

«Trois à quatre heures après, je me disais que je ne la reverrais pas. Elle m'aurait téléphoné», a convenu M. Ouellet, d'autant plus que la maison familiale se trouve à moins d'un kilomètre du Musi-Café, un endroit que le couple aimait particulièrement. Il soutient d'ailleurs y avoir perdu, en plus de sa douce, près d'une quinzaine d'amis. «On se tient là, je connais les serveuses, je connais tout le monde.»

Une mère souriante

Ce soir-là, Mégane a perdu une mère ainsi que deux cousines. «C'était une femme qui aimait la vie, et ce, même si elle ne l'a pas toujours eu facile. Elle était souriante, elle profitait de la vie et elle avait plein de projets», a-t-elle relaté, les yeux brillants en rendant hommage à sa maman.

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