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Philippe Schnobb révèle son homosexualité

Équipe Denis Coderre pour Montréal

Élise Jetté

L'ancien journaliste Philippe Schnobb, candidat au poste de conseiller dans le district Saint-Jacques pour l'Équipe Denis Coderre pour Montréal, a annoncé publiquement son homosexualité.

Dans une entrevue accordée à Fugues, le magazine des gais et lesbiennes du Québec, Philippe Schnobb, qui s'est retiré de la vie journalistique pour se lancer en politique en juin, explique qu'il avait était naturel pour lui de ne pas dévoiler son orientation sexuelle au public à l'époque où il était journaliste.

«Comme journaliste, je n'avais pas plus à le dire publiquement que de dire pour qui je vote aux élections. Quand on est journaliste, faut être drabe, il ne faut pas qu'on nous associe à quoi que ce soit. C'est comme ça que je voyais ça à l'époque, et je le vois encore comme ça.»

En entrevue au journal 24 H, mercredi, M. Schnobb a expliqué avoir toujours été très ouvert par rapport à son orientation sexuelle, tout en ne ressentant pas le besoin de mettre sa vie personnelle de l'avant.

«On ne m'a jamais demandé publiquement si j'étais homosexuel, a-t-il précisé. Je ne suis pas pour le fait de se cacher dans le placard, mais en journalisme le travail prend le dessus sur l'individu.»

Philippe Schnobb ne croit pas que cette sortie publique représente un quelconque opportunisme politique.

«Durant les campagnes électorales, les médias font souvent des portraits de candidats. Mon portrait dans le Fugues était un portrait comme un autre. Je n'y parle pas que de mon homosexualité, on traite aussi de mes idées. En politique, faire parler de nous, pour toutes les raisons, c'est ce qu'on fait tous les jours.»

Sans être officiellement au courant de l'homosexualité de M. Schnobb, le directeur général du Conseil Québécois LGBT (Lesbiennes, gais, bisexuels et trans), Steve Foster, affirme qu'il s'agit d'un modèle positif pour les jeunes.

«On a un grand respect des individus et on attend que les gens décident de faire leur annonce publique eux-mêmes, a-t-il commenté. On trouve ça très salutaire quand des gens respectés comme lui font leur coming out. On aimerait qu'il y en ait plus, mais on respecte ce que les personnalités publiques choisissent de dire ou non.»

Pour le vice-président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreault, le coming out est une décision qui doit être mûrie. «C'est tout à fait normal d'avoir choisi ce moment-ci pour faire une telle annonce, dit-il. Quand on décide de représenter le peuple, c'est tout à fait normal de représenter les gens de façon honnête en dévoilant qui on est. Je lui lève mon chapeau.»

Celui qui briguera les suffrages comme conseiller dans le district Saint-Jacques, dans l'arrondissement de Ville-Marie (qui englobe Le Village), a confié avoir été surpris de recevoir des messages soulignant son courage via les médias sociaux.

«Pour moi, en 2013, ce n'est pas courageux d'annoncer son homosexualité, s'est-il étonné. Ces messages sont gentils et je suis touché, mais je trouve que d'annoncer ça, c'est aussi banal que de se faire couper les cheveux.»

Le candidat dit avoir discuté avec des organismes LGBT de son district, mais ne croit pas que les votes sont gagnés d'avance. «Ce sont des gens que je connais depuis un bout de temps. Je vais leur expliquer ce qu'on a envie de faire en politique comme je l'expliquerai à tous les autres. J'espère qu'ils choisiront de voter pour l'équipe, le candidat et les idées globales, plutôt que pour mon orientation sexuelle», a-t-il dit.

Le message est le même du côté du Conseil Québécois LGBT.

«Les gens LGBT ne votent pas pour les gens LGBT, a confirmé M. Foster. On vote pour des gens intelligents et intéressants. Son coming out n'aura aucun effet dans la balance. S'ils votent pour lui, ce sera pour ses idées.»