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La cible principale était Michel Arsenault

EXCLUSIF - Syndicalistes mis sous écoute par la SQ

Saisies, écoutes électroniques, filature... La Sûreté du Québec ne croyait pas manquer de preuve contre la FTQ et plusieurs de ses dirigeants. Le président de la centrale syndicale, Michel Arsenault, était le suspect numéro un. Mais aucune accusation n'a finalement été portée, au grand dam de plusieurs policiers.

Notre Bureau d'enquête a pu consulter plusieurs documents confidentiels qui nous ont permis d'apprendre que les forces de l'ordre, dans les dernières phases de l'opération Diligence, ont fait du syndicaliste leur cible principale. Ils savaient même, à peu de jours près, quand et pourquoi il allait être arrêté.

Des sources consultées par notre Bureau d'enquête ont affirmé que le président de la Fédération des travailleurs du Québec aurait reçu à plus d'une trentaine de reprises des cadeaux, des voyages et d'autres avantages que les enquêteurs appellent des «contreparties» par des entrepreneurs en construction.

Entamée en 2007, l'opération Diligence voulait contrer l'infiltration des Hells Angels et de Normand «Casper » Ouimet du chapitre de Trois-Rivières dans l'économie légale et la construction. On a découvert plus: un réseau complexe ou s'entremêlent syndicats, politiciens, entrepreneurs et criminels.

La SQ avait recueilli des preuves suffisantes selon nos sources afin d'obtenir un mandat d'arrestation pour abus de confiance et corruption contre le président du plus gros syndicat de la province.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a toutefois refusé que ces accusations soient portées. Des réunions entre policiers et procureur ont même failli virer à la foire d'empoigne.

Le Touch et ses invités

Nous avons obtenu des documents, dont plusieurs images, que les policiers ont d'ailleurs sous la main depuis 2009. Les photos montrent entre autre l'ancien directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis qui est pris en filature par les policiers. Son arrestation allait permettre de découvrir que le bateau de Tony Accurso, le fameux Touch servait à inviter plusieurs leaders syndicaux.

Sur des clichés inédits que nous avons pu obtenir, il est possible d'admirer le yacht d'une valeur estimée à 25 000 000 ancré aux Iles Vierges et les plaisanciers invités.

En date de mercredi après-midi, la FTQ n'avait toujours pas répondu à notre reportage.

La FTQ répond

En début de soirée mercredi, la FTQ a tenu à répondre à l'exclusivité de notre Bureau d'enquête. Dans un communiqué, la FTQ affirme que Michel Arsenault, président de la FTQ, tenait à «réaffirmer haut et fort qu'il n'a jamais reçu ni demandé de cadeau en retour d'un investissement avec un partenaire du Fonds de solidarité», pouvait-on lire.

Qualifiant notre enquête de «"nouvelle" vieille de plus de quatre ans», la FTQ ajoute que le président Arsenault avait fait son mea culpa en écrivant une lettre à propos de son voyage en bateau avec Tony Accurso.

«J'expliquais que compte tenu de mes nouvelles fonctions de président de la FTQ, mes moindres faits et gestes allaient être scrutés à la loupe, y compris mes vacances. Je comprenais aussi devoir gérer mes activités personnelles dans le respect du devoir de réserve exigé par ma position. De plus, j'ajoute que depuis ce temps, aucun investissement n'a été fait par le Fonds de solidarité dans les entreprises de Monsieur Accurso.»

Avec la collaboration de Jean-Nicolas Blanchet

Plus de détails à venir dans le Journal de Montréal de jeudi.

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