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Le suicide assisté est un «permis de tuer»

Un oncologue américain se prononce

Le suicide assisté est un «permis de tuer», a déclaré dimanche un oncologue américain, qui était invité à Montréal par la Coalition des médecins pour la justice sociale.

Le radio-oncologue Kenneth Stevens, qui a plus de 40 ans d'expérience, a affirmé que la loi permettant aux médecins de l'Oregon, où il travaille, d'aider un malade à mourir lance le message suivant aux patients: «les médecins peuvent faire un meilleur travail en vous tuant qu'en tentant de vous guérir».

À quelques jours du vote sur la Loi concernant les soins de fin de vie (projet de loi 52) à l'Assemblée nationale, le coprésident de la coalition, Dr Paul Saba, a invité le spécialiste américain pour qu'il donne un bilan de son expérience de travail en Oregon où le suicide assisté est officiellement permis par la loi depuis 15 ans. Les deux médecins espèrent influencer Québec à abandonner le projet de loi.

Le texte du projet québécois stipule qu'une personne atteinte d'une maladie grave, incurable, qui éprouve des souffrances physiques ou psychiques constantes et insupportables, a le droit de recevoir de l'aide médicale pour mourir.

Pour le Dr Stevens, donner le choix de pouvoir mettre fin à ses jours à un patient revient à une incitation au suicide. En entrevue avec l'Agence QMI, il a raconté qu'il avait rencontré au cours de sa carrière de nombreux patients qui se croyaient condamnés, mais qui, après le traitement, avaient vécu pendant de nombreuses années.

Une de ses patientes de 68 ans, Janette Hall, qui était à ses côtés dimanche, a affirmé qu'elle était prête à mourir il y a 13 ans lorsqu'elle a appris qu'elle était atteinte d'un cancer foudroyant et avait besoin d'un traitement agressif de radiothérapie pour survivre.

«Je ne voulais pas être un fardeau pour ma famille, a-t-elle dit en entrevue. J'ai demandé au Dr Stevens de me donner la pilule (du suicide).»

Le Dr Stevens l'a convaincue de suivre le traitement. «C'est bon d'être en vie aujourd'hui», a-t-elle affirmé.

Québec riposte

La ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon, dénonce l'alarmisme du Dr Stevens.

«Je pense qu'il faut arrêter de lever et d'agiter des épouvantails. Ce projet de loi est vraiment fondé sur des objectifs de compassion, de solidarité, de protection des personnes vulnérables», a dit Mme Hivon en entrevue dimanche.

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