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Isabelle Gaston «en état de choc»

Nouveau procès pour Guy Turcotte

La mère des petites victimes de Guy Turcotte était sous le choc, après avoir appris que la Cour d'appel ordonne un nouveau procès pour le cardiologue qui a tué ses enfants.

Isabelle Gaston se dit sous le choc, donc, mais aussi ambivalente à l'égard de cette décision.

«J'ai une partie de moi qui est très heureuse» parce que, «enfin, le système va dans la bonne direction». Mais elle ne peut s'empêcher d'éprouver de la colère, parce qu'elle estime qu'elle n'aurait jamais dû subir l'expérience traumatisante d'un procès qui se solde par ce verdict.

Rappelons que Guy Turcotte a été reconnu non criminellement responsable le 5 juillet 2011 des meurtres prémédités de ses enfants Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, pour cause de troubles mentaux.

En septembre dernier, la Couronne s'est adressé à la Cour d'appel pour casser le verdict de non responsabilité criminelle, et elle a obtenu gain de cause ce matin.

Une nouvelle femme

Isabelle Gaston prévoit assister au nouveau procès qui se profile. Par devoir, explique-t-elle, parce qu'elle demeure la mère d'Olivier et d'Anne-Sophie, «même s'ils sont décédés».

Et c'est une femme différente de la première fois qui se présentera au palais de justice. La mère des victimes se dit beaucoup plus solide, habitée par une paix nouvelle, comme si quelque chose s'était guéri en elle.

D'ailleurs, à rebours, elle croit que d'assister au premier procès l'a sauvée de la démence. «Si je n'avais pas été là, je pense que je serais en institution psychiatrique aujourd'hui, parce que je ne comprendrais vraiment pas ce qui s'est passé», lance-t-elle.

Faits erronés

Mme Gaston n'en démord pas: ce qui a été présenté au jury était, à la base, problématique. «Il y a eu une erreur de droit, mais même s'il n'y en avait pas eu, les faits qui ont été présentés étaient erronés, ou du moins, ils avaient été très enveloppés pour les rendre présentables», a expliqué Mme Gaston en entrevue à TVA Nouvelles.

À cet égard, elle remet en question le travail qui a été fait, notamment celui des médecins, un métier qu'elle connaît pour le pratiquer elle-même. «Quand j'annonce un diagnostic à un patient, ce n'est pas parce qu'il m'a posé la bonne question que je lui dis qu'il a un cancer. [...] C'est à moi d'être claire!», lance Mme Gaston. Bien guidé, le jury n'aurait pas rendu pareille décision selon elle.

Elle croit aussi qu'il faut en finir avec des sentences atténuées parce qu'un accusé plaide l'état d'ébriété, par exemple. Ces «non-sens» doivent être décriés.

Malgré tout, elle garde confiance dans le système judiciaire. Elle croit cependant qu'il faut s'attacher à redonner confiance au public.

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