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Les salaires risquent de gonfler dans le jeu vidéo

Surrenchère ?

L'industrie québécoise du jeu vidéo risque de se lancer dans une surenchère pour attirer et retenir des employés talentueux lors des prochaines années.

L'enjeu est soulevé par Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins, dans une note intitulée Entre le réel et le virtuel : l'industrie du jeu vidéo au Québec.

Mme Noreau souligne que le secteur emploie présentement une main-d'œuvre formée et multilingue, lui accordant un salaire moyen de 62 000$ à 72 500$ en 2012.

Ces chiffres pourraient toutefois monter. Les jeux en ligne lui livrent concurrence tant pour le marché que les employés. «La recherche de main-d'œuvre sera plus ardue d'autant plus que les applications mobiles ne se développent pas que dans l'industrie du jeu», estime Joëlle Noreau.

«Y aura-t-il surenchère sur les salaires? Cela reste à démontrer, mais la pression pourrait être un peu plus forte ces prochaines années, a ajouté l'économiste de Desjardins. Déjà, des firmes recrutent à l'étranger, le temps que le marché du travail s'ajuste».

L'Ontario et la Colombie-Britannique ont-elles aussi l'œil sur le créneau. Elles accordent, comme le Québec, des incitatifs fiscaux pour que les studios s'y installent. «La concurrence dépasse largement les frontières canadiennes, a indiqué Mme Noreau. Elle est mondiale. Bien que les États-Unis et le Japon soient les champions de l'industrie, cela n'empêche pas d'autres pays de tirer leur épingle du jeu. Ainsi, la France compte plusieurs fleurons, dont un certain nombre ont pignon sur rue au Québec.»

Singapour serait aussi une menace avec son intention de devenir «incontournable» pour les médias numériques.

Forte croissance

Joëlle Noreau fait toutefois un bilan de santé intéressant de l'industrie au Québec en publiant sa note.

Le nombre de travailleurs de l'industrie a explosé, passant de 1200 en 2002 à 9000 en 2012. À la fin de la période, 80 à 100 entreprises travaillaient sur la conception de jeux, développaient des logiciels, faisaient de la production ou assuraient la qualité.

Le marché mondial équivalait à 63,4 milliards $ de ventes en 2012 selon le cabinet de conseil d'affaires PwC. Il doit croître de 6,5 % par année.

Au Québec seulement, l'industrie a déclaré des revenus de 240 millions $ en 2008. Desjardins est certaine qu'il y a eu une forte croissance, remarquant que l'Entertainment Software Association of Canada a estimé les dépenses à 741 millions $ en 2012. De plus, les coûts de production dans le jeu vidéo québécois seraient encore 22 % inférieurs à ceux aux États-Unis.

Tout n'est toutefois pas rose à Montréal, soutient la note de Mme Noreau. Electronic Arts a fait des compressions dans deux studios et THQ a fermé ses portes.

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