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Air Canada délocalise des emplois

EXCLUSIF - Du Québec vers l'Ontario

Olivier Bourque

Le transporteur Air Canada délocalise de plus en plus d'emplois de ses bureaux de Montréal vers l'Ontario où il vient d'implanter un centre d'excellence situé dans la banlieue torontoise, a appris TVA Nouvelles.

Selon des documents obtenus, une trentaine de postes de planificateurs et d'expéditeurs de pièces seront envoyés au centre de Brampton que le transporteur a inauguré en août dernier. Un immense centre de 75 000 pieds carrés qui deviendra le centre nerveux de l'entreprise.

Cela s'ajoute aux 100 postes d'affectation d'équipage qui ont été envoyés également à Toronto lors de la dernière année.

Dans une lettre dont nous avons obtenu copie, les intentions d'Air Canada sont d'ailleurs très claires quant au rôle du centre de Toronto.

Un responsable des ressources humaines Andrea Zaffaroni averti le syndicat que «l'entreprise va augmenter sa présence opérationnelle à Toronto afin d'être davantage efficace et maximiser le nouveau centre d'excellence».

Questionnée sur ces intentions, la porte-parole d'Air Canada Isabelle Arthur a confirmé l'envoi de ces postes vers Toronto.

«On est en train de faire un réaménagement de main-d'œuvre en fonction de l'exploitation de notre réseau. Il faut diviser les choses en deux. A Montréal, on a un siège social administratif. On fait des rénovations, on va investir 10 millions $. Mais comme toute compagnie aérienne, on met le contrôle de notre exploitation dans notre plaque-tournante. Et pour nous, c'est Toronto», a indiqué Mme Arthur.

Une délocalisation tranquille ?

Cette dernière affirme qu'il n'y a pas de plan à court terme de délocaliser d'autres emplois montréalais et qu'il ne s'agit pas d'emplois du siège social. Selon la loi de 1988, Air Canada doit conserver ce siège à Montréal.

Mme Arthur soutien aussi que d'autres postes peuvent aussi prendre le chemin de Toronto vers Montréal. Environ 12 postes du centre d'excellence des moteurs ont été transférés vers la Métropole, dit la porte-parole.

Mais selon plusieurs sources consultées, l'inquiétude est palpable aux installations de Montréal. «On le constate, c'est clairement à Toronto que les emplois glissent en ce moment. Ils nous disent qu'on a le même nombre d'emplois, mais ce sont souvent des travailleurs des centres d'appel, moins payés. Et ils le font doucement, donc ça ne paraît pas», nous dit une source.

Cette délocalisation d'emplois fâche le chef du Bloc Québécois Daniel Paillé qui estime que le transporteur est un «récidiviste» faisant référence à la fermeture d'Aveos au printemps dernier.

«Après Aveos, on n'est pas surpris. Mais il y a une loi et Air Canada doit la respecter. On doit conserver les emplois à Montréal et ce n'est pas ce qu'on voit actuellement», croit-il.