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Des entreprises annulent ce privilège

Rabais aux aînés

Carl Renaud

Les rabais offerts aux personnes de plus de 65 ans ont retenu l'attention au cours des derniers jours, depuis que le service de traversiers de Vancouver a éliminé la gratuité accordée aux aînés voici quatre décennies.

B.C. Transportation évalue qu'en déboursant 50 % du prix régulier, le million et demi d'usagers qui empruntent ses bateaux annuellement va générer 6 millions $ de revenus supplémentaires. Ce qui permettra de réduire la hausse du prix des billets réguliers.

Au Québec, les personnes âgées de 65 ans et plus peuvent aussi obtenir des rabais lorsqu'elles utilisent le transport en commun, vont au cinéma ou s'adonnent à un autre loisir.

Éliminer ces réductions pourrait-il accroître les revenus des entreprises, des sociétés publiques et de l'État? Plus facile à affirmer qu'à démontrer, selon le réseau FADOQ.

L'association de personnes âgées n'est pas convaincue que ses membres consommeraient autant si les prix étaient plus élevés.

«Il y a de plus en plus d'appauvrissement chez les aînés, a commenté Caroline Bouchard, responsable des dossiers socio-économiques à la FADOQ. Environ 42 % d'entre eux touchent le supplément de revenu fédéral, ce qui veut dire qu'ils sont près du seuil de pauvreté.»

À la Société de transport de Montréal (STM), on estime que les revenus auraient théoriquement pu être près de 68 millions $ plus élevés si les 2,6 millions d'usagers, qui ont acheté un titre de transport à tarif réduit en 2012, avaient payé le prix régulier.

La donnée inclut cependant les étudiants de 25 ans et moins, qui bénéficient aussi de tarifs privilégiés. De plus, la STM n'est pas convaincue que ces clients se seraient tous procuré le même titre de transport sans l'existence des rabais.

«Les gens ont un budget, a indiqué Isabelle Tremblay, porte-parole de la STM. Un usager qui achète un laissez-passer à 45 $ ne l'achèterait peut-être pas à 77 $. Peut-être qu'il utiliserait un vélo.»

L'homme d'affaires Vincent Guzzo, propriétaire des cinémas Guzzo, offre un rabais aux cinéphiles de 64 ans et plus. Ces derniers déboursent 8 $ pour voir un film alors que le prix régulier est fixé à 11,50 ou 12,50 $, selon les établissements.

«Ces gens-là sont moins portés à aller au cinéma que les plus jeunes. On essaie de les inciter à venir avec le rabais», a dit M. Guzzo, soulignant que moins de 1 % de ses clients ont plus de 64 ans. L'entreprise n'a cependant jamais évalué les revenus qu'elle perd en accordant le rabais.

Dans le secteur du cinéma, le rabais est d'ailleurs partagé entre les propriétaires de salles, les studios et les distributeurs. «Les cinémas versent une redevance, qui correspond à un pourcentage fixe des revenus sur chaque entrée, peu importe le prix du billet», a précisé Vincent Guzzo.

Les aînés qui se procurent une carte de la FADOQ ont accès à 1000 rabais et privilèges, il y en a chez des assureurs et chez Vidéotron, entre autres. Mais l'association n'est pas en mesure de chiffrer le coût économique des offres utilisées par ses membres.