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La GRC demande à Ottawa de resserrer la classification

Armes à feu

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) pousse le ministre de la Sécurité publique Steven Blaney à ajouter plus d'armes à la liste de celles qui sont interdites ou à usage restreint.

Selon une note d'information rendue publique cette semaine, mais qui avait été rédigée pour le ministre dans le cadre d'une rencontre avec plusieurs responsables de la GRC, il est question notamment des fusils de calibre .50, soumis à aucune restriction au Canada.

«Il était prévu que la classification de plusieurs armes à feu soit mise à jour lorsqu'elles sont arrivées sur le marché canadien, mais la dernière mise à jour date de 1995», peut-on lire dans la note.

«Les armes à feu qui ne rentraient pas dans les deux définitions justifiant le placement sur la liste étaient de fait catégorisées comme non restrictives. Parmi elles, on compte des fusils d'élite de calibre .50 ainsi que des armes militaires ou paramilitaires.»

Pour les personnes formées pour utiliser ce genre d'armes, cette perspective de requalifier certaines armes était absurde, a indiqué Rob Furlong, un ancien policier et le tireur d'élite des Forces canadiennes qui avaient tué un taliban à près de 2,5 km de distance en Afghanistan en 2002, un record avec un .50.

«Ce n'est pas une arme que vous portez avec vous dans votre camionnette, a-t-il dit. En moyenne, ce genre de fusil pèse 30 kg et mesure 1,20 m. Ce n'est pas discret. Combien de crimes ont été commis avec un fusil de calibre.50 ? Zéro.»

Les amateurs d'armes contestent depuis longtemps leur système de classification. Même la GRC reconnaît que les modifications envisagées pourraient prêter à polémique.

«Les gens qui possèdent des armes à feu ne sont pas des Rambo. Ce sont des citoyens respectueux des lois», a affirmé pour sa part Blair Hagen, vice-président de l'Association nationale des armes à feu.