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Ex-associé d'un mystérieux millionnaire dans la mire de l'AMF

Penny stocks

Un ancien proche associé de John Babikian, le mystérieux multimillionnaire montréalais de 26 ans qui est dans la mire de l'AMF et de Revenu Québec, dit avoir été trahi par lui dans la promotion d'actions de pacotilles (penny stocks).

Éric Van Nguyen se défend d'avoir été naïf en «louant», en quelque sorte, son compte et son nom pour quelques dizaines de milliers de dollars à Babikian pour qu'il fasse la promotion de penny stocks.

«À l'époque, relate-t-il, on n'avait aucune idée que ça deviendrait aussi gros. On ne s'en doutait pas.»

Notre Bureau d'enquête a réussi à retrouver ce jeune homme d'affaires québécois accusé en 2009, avec Babikian, dans une poursuite pour le vol d'une liste d'adresses de courriel.

Van Nguyen dit avoir vendu toutes ses participations dans le monde des penny stocks en 2012. Il ne veut rien dévoiler de l'acheteur de ces sites, hormis qu'il était de l'extérieur de l'Amérique du Nord.

Extrêmement secret, l'homme, qui dit avoir initié Babikian aux penny stocks, est invisible sur internet depuis plusieurs années. Il n'a pas de compte Facebook.

De nombreuses connaissances qui l'ont connu quand il étudiait à l'Université Concordia sont sans nouvelles de lui. Des rumeurs qui circulaient sur internet le disaient même à Singapour, en Asie.

La luxueuse maison qu'il habite dans le West Island n'est pas à son nom.

S'il est encore au Québec malgré les ennuis de son ancien associé, c'est parce qu'il s'inquiète pour ses parents, dit-il.

«Je pourrais voyager, c'est sûr, dit-il, mais je ne veux pas laisser mes parents régler mes problèmes. Il y a beaucoup de gens qui cognent à leur porte» depuis la publication d'articles sur John Babikian.

Babikian voulait se cacher

Éric Van Nguyen dit avoir connu Babikian en 2009. À l'époque, il était lui-même déjà impliqué dans la promotion de penny stocks.

Sa compagnie, Golden Dragon Media, enregistrée au Québec, est derrière un réseau de sites de promotions boursières. Ces sites envoient des newsletters faisant la promotion agressive d'actions boursières qui ne valent que quelques sous et qui sont hautement spéculatives.

«Il voulait connaître mes techniques», dit-il.

Selon Van Nguyen, John Babikian l'a payé pour utiliser un compte qu'il avait ouvert sur un site de relations publiques, PR Newswire. Il se serait aussi entendu avec lui pour gérer des sites affiliés à Golden Dragon Media (dont pennystockslove.com, loveforstocks.com et unrealstocks.com).

«Aujourd'hui, à cause de ça, mon nom est dans la poubelle. Il m'a trahi, il a ruiné mon nom», dit-il.

Pourquoi John Babikian voulait-il utiliser son nom plutôt que le sien, lui avons-nous demandé.

«Il ne voulait pas que son nom apparaisse. La SEC (Securities and Exchange Commission) avait commencé à s'intéresser à scruter le business dans lequel on était», explique-t-il.

Nous n'avons pas pu joindre John Babikian.