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Controverse autour du voyage de Stephen Harper

Proche-Orient

Dans quelques jours, Stephen Harper s'envolera vers Israël pour sa première visite officielle depuis son entrée en poste en tant que premier ministre canadien. Une visite critiquée qui risque d'amoindrir le pouvoir du Canada sur la scène internationale, préviennent des experts.

Le premier ministre, qui partira samedi soir accompagné de quelque 170 personnes, rencontrera le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu pour discuter notamment du projet nucléaire iranien et renforcer les liens économiques entre les deux pays.

Stephen Harper avait annoncé cette rencontre en grande pompe à Toronto en décembre devant la communauté juive du Canada où il avait «réaffirmé son appui indéfectible à l'égard du droit d'Israël de vivre en paix et en sécurité».

Rencontre symbolique

Le voyage d'une durée de sept jours est hautement symbolique et compte parmi les voyages les plus importants du gouvernement Harper en raison des rapprochements des dernières années entre les deux pays.

Une proximité qui, selon le professeur au département d'histoire à l'Université de Montréal, Yakov Rabkin, exclura le Canada du processus de paix entre Israël et la Palestine, divisés par un sanglant conflit depuis 1948.

Israël a été notamment pointée du doigt pour l'implantation de colonies au sein de la population palestinienne.

«Harper a promis d'appuyer Israël quel qu'en soit le coût, ce qui a permis à des mauvaises langues de se demander si M. Harper est premier ministre du Canada ou d'Israël, a avancé M. Rabkin. Mais cette position partisane a largement privé le Canada de toute influence sur ce qui se passe entre les Israéliens et les Palestiniens.»

«C'est déplorable que M. Harper fasse fi du non-respect des droits de la personne du peuple palestinien», a ajouté le cofondateur de l'organisation Palestiniens et Juifs unis (PAJU), Bruce Katz.

Selon M. Rabkin, cette visite n'a que des visées électoralistes. Il rappelle la nomination d'une nouvelle ambassadrice considérée pro-Israël par le ministre des Affaires étrangères, John Baird, tout juste avant le départ en Terre sainte.

«Même si elle n'est pas diplomate et n'a aucune expérience internationale, la nouvelle ambassadrice est une activiste sioniste de longue date à Toronto, où le parti de Harper avait réussi à obtenir quelques sièges cruciaux lors des dernières élections», a affirmé le professeur Rabkin.

Une opinion que partage Bruce Katz.

«Il a compris que s'il prenait un discours pro-Israël sans réfléchir, il pourrait aller chercher l'appui d'individus influents de la communauté juive du Canada», a-t-il précisé.

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