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Le «dieu» de la FTQ se présente en victime

Commission Charbonneau

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

Le témoignage fort attendu de Jean Lavallée devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CEIC) s'annonce long et fastidieux.

Après une heure et demie à la barre cet après-midi, la Commission n'a fait qu'examiner le curriculum vitae de son 113e témoin qui n'a pas mis de temps pour se présenter en victime.

Visiblement pressé de se défendre du flot d'accusations qui a déferlé sur lui au cours des derniers mois, M. Lavallée a toutefois décidé de prendre les devants sur le procureur Me Cainnech Lussiaà-Berdou en niant tout le pouvoir que les témoins précédents lui ont attribué.

«J'aime un système qui donne de l'ouvrage au travailleur. Je n'ai pas fait ça pour mon pouvoir personnel. Si j'étais le Bon Dieu, je ferais les choses différentes», a lancé l'homme de 73 ans en référence au témoin précédent, l'ex-PDG de la SOLIM Guy Gionet, qui l'a qualifié de «dieu à la FTQ».

«On s'est tellement essuyé les pieds sur moi dans cette commission-là», a-t-il ajouté en guise de plainte. Jean Lavallée a du même coup annoncé ses couleurs: il n'a aucunement l'intention de «baver» sur qui que ce soit au cours de son témoignage.

Réagissant toujours au témoignage de Guy Gionet, le septuagénaire a rejeté du revers de la main les propos voulant qu'il ait usé de son influence pour présenter des dossiers pour financement à la SOLIM.

«Ce n'est pas Jean Lavallée qui pouvait runner la SOLIM. Il y avait des gens compétents pour faire ça. [...] Moi je me fiais sur lui [Gionet], ce n'est pas mon métier ça. C'est Guy Gionet, un gars très compétent, qui nous amenait les discussions», a-t-il juré.

Jean Lavallée a été président de la FTQ-Construction de sa fondation, à laquelle il a participé, jusqu'à ce qu'il ne sollicite pas de nouveau mandat, en 2008. Il a également siégé au Fonds de solidarité jusqu'en 2009.

Le témoignage de M. Lavallée se poursuivra lundi matin, dès 9h30.

MISES À JOUR

15h32: Les audiences sont suspendues jusqu'à lundi matin, 9h30.

15h15: Procureur annonce en avoir terminé avec le CV du témoin. Il aborde maintenant des entreprises auxquelles le nom de Lavallée est associé.

15h09: Lavallée raconte qu'il n'a pas sollicité un nouveau mandat à la FTQ-Construction, en 2008, parce qu'il était malade. «J'avais 68 ans et j'étais malade. Je pensais plus à ma santé.»

15h02: Lavallée parle de Guy Gionet. «Moi je me fiais sur lui, ce n'est pas mon métier ça. C'est Guy Gionet, un gars très compétent, qui nous amenait les discussions.» «Ce n'est pas moi qui amenais ça. Moi j'étais là pour appuyer Guy.»

15h00: «Ce n'est pas Jean Lavallée qui pouvait runner la SOLIM. Il y avait des gens compétents pour faire ça.» «Je suis ici pour défendre le mouvement syndical, la FTQ, le Fonds de solidarité et tous les travailleurs.»

14h58: «On s'est tellement essuyé les pieds sur moi dans cette commission-là», se plaint Lavallée. «J'ai toujours aidé le monde dans le but de faire avancer le mouvement, pas de m'en faire un pouvoir personnel.»

14h56: «J'aime un système qui donne de l'ouvrage au travailleur. Je n'ai pas fait ça pour mon pouvoir personnel. Si j'étais le bon dieu, je ferais les choses différentes.»

14h51: Lavallée a siégé à la SOLIM pratiquement dès le début jusqu'en 2009.

14h48: Lavallée a été l'un des premiers à cotiser 1500$ pour démarrer le Fonds de solidarité FTQ. Il a siégé au Fonds d'environ 1985 à 2008.

14h40: Le témoin dit avoir pris sa retraite à 79 ans, alors qu'il en a 73.

14h38: On est toujours dans le CV du témoin.

14h29: Lavallée avait, à la fin, un salaire d'environ 120 000$ en tant que DG de la FIPOE (électriciens).

14h26: Lavallée a été président de la FTQ-Construction jusqu'en 2008.

14h20: Lavallée parle du contexte qui a mené à la fondation de la FTQ-Construction au début des années 80.

14h15: Témoin continue de lire son CV. «C'est mon épouse qui a préparé ça», dit-il. France Charbonneau lui demande de «témoigner de mémoire».

14h14: Lavallée a fait ses débuts dans le monde syndical comme délégué de chantier, dans la région de Sorel. «J'ai monté rapidement en raison de mon implication.»

14h09: Début de l'interrogatoire en chef. On dresse un portrait du témoin qui était électricien. Lavallée fait la lecture de son CV en débutant par son école secondaire. Il a été président fondateur de la FTQ-Construction en 1980-1981. Il a siégé au Fonds de solidarité de la FTQ de 1988 à 2009.

14h08: L'avocat représentant Lavallée, Me Gérald Soulière, tient à souligner l'état de santé fragile de son client qui a 73 ans.

14h06: Reprise des audiences. Jean Lavallée s'amène à la barre et est assermenté. Il sera interrogé par Me Cainnech Lussiaà-Berdou. Comme la Commission doit entendre un débat juridique sous ordonnance de non-publication plus tard, Lavallée témoignera exceptionnellement jusqu'à 15h30.

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