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Un budget préélectoral audacieux

Aucune marge de manoeuvre

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À l'aube d'élections inévitables, le gouvernement Marois n'a pas froid aux yeux. Le budget Marceau, déposé jeudi, prévoit un dégel audacieux des tarifs de garderie et met la table pour un bras de fer avec les fonctionnaires, les médecins et les commissions scolaires.

Les contribuables se réjouiront d'apprendre que le budget ne contient ni hausse de taxes ou d'impôts. Cependant, le budget Marceau ne leur réserve aucun autre bonbon électoral. Québec ne dispose d'aucune marge de manœuvre.

En sonnant le glas des garderies à 7$ - qui augmenteront à 8$ en septembre 2014 et à 9$ en septembre 2015 - le PQ brise même sa promesse de ne pas hausser les tarifs dans le mandat actuel.

Le ministre des Finances mise toujours sur une hausse de 5,8% des tarifs d'Hydro-Québec le 1er avril et attend la décision de la Régie de l'énergie. Dans le cas contraire, il demandera à Hydro-Québec de combler l'écart en effectuant de nouveaux gains d'efficacité à l'interne. Les cibles de déficit n'ont pas bougé: 2,5 G$ cette année,1,75 G$ l'an prochain et le déficit zéro en 2015-2016.

«Nous avons préparé un budget dont le Québec a besoin, un budget responsable qui répond aussi aux demandes des Québécois qui ne veulent pas de hausse de taxes ni d'impôts. Un budget qui contrôle les dépenses et stimule l'économie. L'idée de le vendre dans n'importe quel contexte ne me pose pas problème», a déclaré le ministre des Finances Nicolas Marceau.

Commissions scolaires

Québec veut fusionner des commissions scolaires pour réaliser des «économies d'échelle», renégocier les ententes salariales avec les médecins, changer le paradigme du financement des soins de santé.

Le ministre des Finances mise aussi sur des revenus additionnels de 61 millions, grâce à la lutte à l'évasion fiscale, notamment dans le secteur des bars où la facture deviendra obligatoire pour chaque transaction dans la prochaine année. L'implantation des modules d'enregistrement des ventes se fera graduellement à compter de l'automne.

Il demandera également un «effort» de 150 millions $ aux organismes publics. Toutefois, devant l'absence de la présentation de crédits budgétaires, il est impossible d'identifier où s'effectueront ces compressions. Dans un contexte de gouvernement minoritaire, le ministre Marceau a expliqué qu'il voulait obtenir le vote de l'Assemblée nationale sur le budget avant de compléter l'exercice des crédits.

«On est en situation de gouvernement minoritaire et avant de finaliser les crédits, on veut être certain d'avoir un cadre financier qui a été adopté par l'Assemblée nationale. Moi, je considère qu'il y a toute l'information nécessaire pour que les parlementaires puissent prendre une décision éclairée.

Limiter la croissance

Le ministre Marceau espère limiter la croissance des dépenses en santé et en éducation à 3%, tout en coupant 0,8% dans les autres ministères. Au total, cela représente 2% dans les trois prochaines années, un objectif bien en deçà des 4,4% sous le gouvernement libéral. «J'ai confiance d'y arriver. Maintenant, je ne l'ai jamais caché, c'est très exigeant.»

Malgré la chute des revenus autonomes dans la dernière année, il anticipe une augmentation de 4,2 % des revenus en 2014-2015 et 4,5 % en 2015-2016. Il se défend de pécher ainsi par excès de confiance. «On est dans un monde très prudent», a-t-il rétorqué, rappelant que le Vérificateur générateur estime que ses prévisions sont «raisonnables» pour 2013-2014.

À la veille de la négociation avec le secteur public en 2015, le ministre Marceau avertit déjà qu'il faudra tenir compte de la «capacité de payer des contribuables». Les fonctionnaires s'étonnent de cette mise en garde hâtive et soupçonnent le PQ de vouloir de gagner des points politiques sur leur dos en campagne électorale.

Des élections imminentes

Si le PQ ne déclenche pas lui-même des élections, les partis d'opposition assurent qu'ils renverseront le gouvernement sur le budget après la pause parlementaire de deux semaines. C'est un budget mort-né selon le PLQ.

«Vous venez d'assister au lancement de la campagne électorale. On n'aura même pas l'occasion de voter sur le budget», a réagi le chef libéral Philippe Couillard. «C'est la répétition du scénario de 2003. Un dépôt de budget incomplet avec des coupes importantes, le tout enrobé d'annonces électorales», a réagi Philippe Couillard.

Le budget Marceau ne rencontre aucune des trois conditions de la CAQ qui va voter contre. «Les grands perdants de ce budget, ce sont les familles du Québec. Plus de 500$ d'augmentation de tarifs pour une famille de deux enfants. Elles avaient un seul avantage, c'est d'avoir des tarifs de garderie plus bas. Mme Marois ne fait qu'augmenter le fardeau fiscal des familles», a pesté le chef caquiste François Legault.

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