/news/culture

Deux nouveaux livres jeunesse pour Dany Laferrière

Le baiser mauve de Vava et L'odeur du café

Daniel Daignault

Ce n'est pas parce qu'il est devenu «immortel» depuis qu'il a été admis à l'Académie française que Dany Laferrière a rangé sa plume.

Il a lancé mercredi soir deux nouveaux livres jeunesse : le troisième tome de la série Vava, Le baiser mauve de Vava, en plus d'une édition illustrée de son roman L'odeur du café.

«Il s'agit du troisième et dernier album de cette série, dit-il. Le premier portait sur l'amour (Je suis fou de Vava), le second sur la mort (La fête des morts) et ce troisième traite de politique. Ce sont les trois thèmes qui, à mes yeux, pouvaient intéresser les enfants. J'ai essayé, dans ce dernier livre écrit l'an dernier, de raconter la dictature vue par un enfant de dix ans. La dictature, c'est le monstre qui empêche un enfant de dix ans, Vieux Os, de voir son amoureuse qui a la fièvre. C'est très simple, il n'y a pas de détails sordides», a confié Dany Laferrière.

Le baiser mauve de Vava, comme les deux livres précédents publiés aux Éditions de la Bagnole, a été superbement illustré, tout en couleur, par Frédéric Normandin. Des livres qui, selon Dany Laferrière, sont presque considérés en Haïti comme des classiques.

Quant à L'odeur du café, il s'inscrit dans une collection luxueuse d'oeuvres illustrées qui compte déjà des titres tels Maria Chapdelaine et Les aventures de don Quichotte.

«C'est une grande fierté pour moi parce que c'est une collection de livres dits classiques. C'est le même texte que mon roman publié en 1991, sauf quelques chapitres qui ont été enlevés pour faire place aux illustrations de Francesc Rovira, mais le texte n'a pas changé», ajoute Dany Laferrière.

Lancement couru

Il y avait foule pour saluer Dany Laferrière à l'occasion de ce lancement de livres et ce dernier, toujours affable, avoue candidement que le regard que les gens portent sur lui a changé depuis qu'il a fait son entrée à l'Académie française en décembre dernier.

«Moi je n'ai pas changé, je continue à faire ce que je faisais, mais l'idée de l'immortalité, qui est en fait l'immortalité de la langue française et non de l'écrivain, ça a un impact sur les gens; il y a quelque chose de magique qui remonte à la fable enfantine. Imagine: il y a des gens qui veulent me toucher: ils croient prendre ainsi dix ans pour ajouter sur leur temps!», dit-il en riant.

Lorsqu'on lui demande s'il a commencé l'écriture d'un nouveau roman, Dany Laferrière lance à la blague: «Ah, mais pourquoi écrire quand on peut lire des meilleurs livres que ce qu'on pourrait écrire ! Plus sérieusement, il pourrait y avoir un roman publié chez Boréal l'année prochaine, qui serait dans la continuité de «L'art presque perdu de ne rien faire» et «Le journal d'un écrivain en pyjama». Ce sera sans doute quelque chose qui portera sur le voyage et l'exil.»