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Des placements offshore hantent l’Université de Montréal

Des placements offshore hantent l’Université de Montréal

TVA Nouvelles

Agence QMI

Des placements offshore catastrophiques de 100 millions de dollars effectués par un gestionnaire de l’Université de Montréal (UdeM) au tournant des années 2000 reviennent hanter l’établissement.

Un recours collectif mené par des professeurs en colère contre les mauvais placements de l’Université sera entendu à partir de janvier 2015, selon des informations obtenues par notre Bureau d’enquête.

Le recours sera entendu près de 15 ans après que Germain Bourgeois, ex-directeur des placements de l’UdeM, eut confié des sommes colossales à un gestionnaire de hedge funds américain, Michael Lauer, dans le paradis fiscal des Îles Vierges britanniques.

Cinq tranches d’investissement, réalisées avec le bas de laine des 10 000 employés de l’UdeM, ont été réalisées entre 1998 et 2000, dans un fonds offshore de la compagnie de Lauer, le Lancer Group.

«Selon toute vraisemblance, le placement dans le Fonds Lancer ne vaut plus rien», indiquent des documents de cour consultés.

Les Québécois surreprésentés

Le syndicat des professeurs de l’Université reproche aux membres du comité de placement de ne pas avoir bien fait leurs devoirs.

Les Québécois sont en nombre disproportionné parmi les gens qui ont perdu de l’argent avec Michael Lauer, un ancien chauffeur de taxi débarqué sans le sou aux États-Unis.

Bombardier, la Fondation Lucie et André Chagnon, Desjardins, la Banque Nationale et l’École polytechnique ont aussi été convaincus d’investir dans ses fonds, selon des documents, apparemment tous sur les conseils du même Germain Bourgeois.

Au total, c’est plus d’un demi-milliard d’investissements québécois qui auraient été confiés à Lauer.

À un certain moment, la valeur des placements allait jusqu’à 10 % du portefeuille total du bas de laine des employés de l’UdeM.

Valeur gonflée

Il s’est avéré que le fameux gestionnaire vedette, Michael Lauer, gonflait la valeur des placements qu’il faisait.

En avril 2005, la Securities and Exchange

(l’équivalent américain de l’Autorité des marchés financiers au Québec) a déposé des accusations contre lui «pour une des plus importantes fraudes dehedge funds de l’histoire des États-Unis».

Il a été condamné à payer une amende de 62 millions de dollars US.

En avril 2011, il a cependant été jugé non coupable de fraude.

Carte blanche

Selon une source proche du dossier, l’acquittement de Michael Lauer est facile à expliquer.

«Il s’était fait faire un contrat béton pour traiter avec ses clients. Il avait carte blanche pour faire ce qu’il voulait sans être inquiété», a-t-elle dit.

Il promettait de réaliser des rendements mirobolants en investissant dans des très petites compagnies, qu’il disait pouvoir relancer.

«C’est un gros dossier. On a prévu deux semaines d’audience», a confié Jean Portugais, chef du Syndicat des professeurs de l’Université de Montréal, à notre Bureau d’enquête.