/finance/homepage

Mort suspecte : un casse-tête financier pour les familles

TVA Nouvelles

Agence QMI

 Des familles endeuillées n’ont souvent d’autre choix que l’endettement pour survivre à la mort considérée comme suspecte d’un proche. En 2012, lorsqu’un coroner était impliqué dans un dossier, 55 % des familles ont attendu plus de neuf mois pour obtenir ses conclusions, selon un rapport du Protecteur du citoyen rendu public jeudi.

« Tant que le rapport du coroner n’est pas transmis, le paiement de l’assurance-vie est en suspens. Il n’y a absolument rien qui peut contourner ça », explique Michel Landry, président de soumissionassurancevie.ca.

Michel Landry a côtoyé des familles qui ont passé de longs mois sans revenu. « C’est une situation extrêmement difficile. Si tu t’attends à recevoir 200 000 $ et que tu n’as rien, ça entraîne de graves problèmes financiers. Les comptes continuent de rentrer pendant ce temps. » Les frais funéraires atteignent à eux-seuls plus de 15 000 $.

La Protecteur du citoyen inquiet

Le rapport du Protecteur du citoyen cite en exemple le cas d’un homme ayant assumé la garde de sa nièce encore aux études après le décès subit de son frère, entraînant une certaine fragilisation économique.

Gaétan Veillette, administrateur agréé et planificateur financier au Groupe Investors, le dit d’entrée de jeu, un décès entraîne toujours des complications financières. « L’arrivée d’un coroner dans un dossier multiplie évidemment les difficultés. Malheureusement, c’est impossible de se protéger contre ça », ajoute-t-il.

Les défis sont encore plus grands pour les proches qui étaient financièrement dépendants de la personne décédée. « L’option qui s’impose à ce moment-là, c’est l’endettement, en espérant un règlement rapide du dossier. La famille, les amis, la marge de crédit sont mis à profit ». Ceux qui sont en mesure d’emprunter à des institutions financières s’y résignent.

Les compagnies d’assurances tardent à payer

Dans la plupart des cas, les compagnies d’assurance privées, telles les compagnies d’assurance vie, ainsi que les régimes d’assurance publics, tels ceux de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) ou de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), exigent que les conclusions du coroner soient rendues avant de verser les indemnités aux bénéficiaires.

Le temps mis par le coroner pour réaliser son investigation a des répercussions directes  sur le moment de réception de ces prestations d’assurance, qui représentent souvent un apport crucial de revenu.

Au Québec, le montant d’assurance moyen par assuré est de 132 100 $. Les gens souscrivent de l’assurance-vie pour bien des raisons, mais surtout dans le but d’assurer la sécurité financière de leur famille au cas où ils décéderaient prématurément. Dans un dossier normal, le montant d’assurance est versé rapidement, une dizaine de jours ouvrables. Mais lorsqu’un coroner est impliqué, les délais s’étirent.

Selon Michel Landry, le coroner est impliqué dans moins de 5 % des dossiers. Un tel rapport est attendu par les compagnies d’assurance dans quelques cas seulement : suicide, meurtre, actes criminels ou mort douteuse.