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Une journaliste enceinte menacée de viol

Par un parlementaire russe

Une journaliste russe enceinte de six mois a été admise en observation dans un hôpital de Moscou après que le chef d'un parti d'extrême droite ait demandé lors d'une conférence de presse l'aide de deux hommes «pour la violer» vendredi dernier.

Stella Dubovitskaya, qui travaille pour Russia Today, avait eu l'«innocence» d'interroger le nationaliste Vladimir Zhirinovsky sur les sanctions du Kremlin contre l'Ukraine.

Le fondateur du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR) lui a alors répondu en lui hurlant dessus, avant de la malmener avec l'aide de deux jeunes du parti.

«Lorsque je vous le dirai, vous vous jetez sur elle et vous la violez», leur a-t-il lancé.

La journaliste parlementaire a alors été transportée à l'hôpital pour un choc nerveux. Son employeur envisage une poursuite contre M. Zhirinovsky, rapporte le Daily Mail.

«Après l'incident survenu à la Douma et l'hospitalisation de notre collègue, nous avons décidé d'utiliser toutes les options légales possibles pour poursuivre M. Zhirinovsky», a fait savoir la directrice de Russia Today, Margareta Simonyan.

Discours d'un autre âge

Lors de ce point de presse, de nombreux autres journalistes ont tenté de venir en aide à Mme Dubovitskaya questionnant le fondateur du LDPR sur la façon dont il la traitait.

«Pourquoi intervenez-vous? Êtes-vous lesbienne? Sortez d'ici», a-t-il répondu à une journaliste qui demandait pourquoi il s'attaquait si violemment à sa collègue.

Dans un discours d'un autre âge, il a aussi expliqué que les femmes enceintes «ne devraient pas se présenter au travail». «Restez à la maison et prenez soin de votre enfant. C'est compris?»

Vladimir Zhirinovsky a finalement présenté ses excuses à Stella Dubovitskaya, lui offrant même de l'aider pour ses dépenses médicales.