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Crachats, sévices et tentatives de meurtre dans les centres jeunesse

Hausse de la violence

Pas facile de travailler dans les centres jeunesse du Québec. Alors que les travailleurs constatent une importante augmentation des actes de violence de la part des jeunes, ils réclament un moratoire pour mettre fin au sous-financement.

Représentant plus de 10 000 employés œuvrant dans les centres jeunesse de la province, Line Beaulieu, vice-présidente de la Fédération de santé et des services sociaux (FSSS-CSN), constate une augmentation «très, très importante» du nombre d'incidents violents dans les établissements.

«On n'a pas de statistiques officielles, mais c'est clair que les intervenants sont de plus en plus exposés à la violence», a-t-elle soutenu en entrevue au journal 24 h.

«Monnaie courante»

À Montréal, environ 800 jeunes sont hébergés. Selon la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre jeunesse de Montréal (STTCJM), Sylvie Théorêt, la situation est identique dans la métropole.

Cette dernière affirme que les menaces, les crachats, les coups de pieds, les sévices et les tentatives de meurtre sont «monnaie courante» dans plusieurs établissements montréalais.

Elle refuse toutefois de jeter le blâme sur les jeunes eux-mêmes. «Ce n'est pas parce que les enfants sont méchants, ils sont tout simplement blessés», a-t-elle soutenu.

D'importantes coupes

Inquiète pour l'avenir de ces enfants, Mme Théorêt estime que le sous-financement des centres jeunesse, les suppressions de postes et l'excès de tâches administratives posent un sérieux problème pour les intervenants.

«Quand tu es pris à remplir de la paperasse 75% du temps, tu ne peux pas donner toute l'intensité nécessaire pour effectuer une intervention de qualité. Cela a clairement un impact sur les jeunes», dit-elle en ajoutant que près de 14 millions $ ont été coupés pour les services à Montréal depuis quatre ans.

En plus des quelque 150 postes qui ont été supprimés durant cette période, Mme Beaulieu affirme qu'il y a un problème de rétention de personnel qui, selon elle, serait partiellement imputable aux incidents violents.

«Un intervenant sur trois quitte les centres jeunesse dès la première année d'embauche. C'est énorme», a-t-elle lancé.