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À temps pour le 375e de Montréal?

Projet d'expansion de Pointe-à-Callière

Guillaume Picard | Agence QMI

Pointe-à-Callière veut devenir une véritable cité d'archéologie et d'histoire de Montréal à temps pour les célébrations entourant le 375e anniversaire de la fondation de la métropole, en 2017.

La vision de sa fondatrice et directrice générale depuis 22 ans, Francine Lelièvre, est de prolonger l'expérience des visiteurs dans sept nouveaux sites et pavillons. Elle veut ainsi faire du musée du Vieux-Montréal un vaste complexe d'envergure internationale où les curieux seront plongés dans les fondations du Parlement du Canada-Uni et du marché Sainte-Anne, ainsi que dans celles du fort Ville-Marie, théâtre des balbutiements de la métropole en 1642, et du Château de Callière qui a été érigé sur ses ruines en 1695.

L'agrandissement pourrait être constitué d'autres phases visant notamment l'intégration du bâtiment des sœurs grises, qui a été le premier hôpital de Montréal. Des espaces verts ceintureront tout le complexe, qui englobera la caserne d'Youville.

Pour ce faire, il faut en venir à un accord tripartite impliquant les gouvernements du Québec et du Canada ainsi que la Ville de Montréal. Et le temps file puisqu'il reste trois ans pour mener le projet à bon port.

Règlement d'emprunt

Mardi, le conseil municipal a adopté un règlement d'emprunt de 10,6 millions $ pour financer des travaux de construction, d'infrastructures et d'aménagement dans le cadre du projet d'expansion évalué à 110 millions $. Il s'agit d'une première tranche, la Ville devant, au final, s'engager pour une somme totale de 27 millions $.

Dans le sommaire décisionnel, il est précisé que les travaux de construction et d'infrastructures doivent se dérouler l'an prochain, puis les travaux de construction et d'aménagement suivront en 2016, donc théoriquement à temps pour une ouverture de la Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal en mai 2017.

«Oui, on peut encore parvenir à livrer notre projet de 110 millions $ dans trois ans, mais il faut s'entendre dès cette année avec tous les partenaires, a souligné Mme Lelièvre. Nous sommes très avancés pour notre part, il nous reste seulement à compléter une quatrième phase de fouilles et nous aurons bientôt terminé le programme fonctionnel et technique.

Même nos concepts muséographiques sont très avancés, notamment avec Moment Factory pour la mise en valeur de l'égout pluvial qui reliera tous les pavillons.»

Francine Lelièvre, qui se décrit comme une bâtisseuse et une femme ayant orienté toute sa carrière sur le développement, demeure persuadée que tous les fils vont s'attacher selon l'échéancier prévu.

«Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas y arriver en trois ans, a-t-elle dit. Nous l'avons déjà fait avec la première phase de Pointe-à-Callière en 1992. Notre projet est culturel, patrimonial, il préserve l'histoire et la rend accessible, mais il vise aussi à accroître les espaces d'accueil, car nous sommes à l'étroit dans les pavillons actuels avec nos 350 000 à 400 000 visiteurs.»

«On parle d'un attrait touristique majeur pour Montréal et notre projet d'expansion vise à préserver des lieux où Montréal a pris naissance - comme le Fort de Ville-Marie et le Château de Callière -, c'est une chance unique que peu de villes ont à leur portée, la plupart étant incapables d'identifier leur lieu de fondation et de le rendre accessible comme on va le faire.»

Au terme des travaux d'agrandissement, Pointe-à-Callière pourrait accueillir entre 500 000 et 600 000 visiteurs bon an mal an et ainsi renforcer sa position d'attrait culturel dans le quartier historique de Montréal. Mais, pour ce faire, il faut plus d'espace.

De fait, sous la rue Normand, attenante aux installations à venir sous l'ancien Parlement du Canada-Uni, Pointe-à-Callière entend se doter d'une vaste agora répondant aux normes muséales internationales en matière de salle d'exposition.

«Le nouveau pavillon au-dessus de l'ancien Parlement du Canada-Uni et du marché Sainte-Anne deviendra le lieu d'accueil principal, rue McGill, alors que le bâtiment principal que l'on connaît jusqu'à maintenant sera davantage dévolu aux clientèles scolaires.»

En parallèle à toutes les discussions en coulisse visant à compléter le montage financier entre les partenaires (50 % pour le fédéral, 25 % pour Québec et 25 % pour Montréal), la campagne de financement de 10 millions $ de Pointe-à-Callière atteindra son objectif au cours des prochains jours.

«On va y parvenir la semaine prochaine, notamment avec l'activité-bénéfice du Club des bâtisseurs de Montréal, a-t-elle dit. Ces 10 millions $ vont servir au budget de fonctionnement de tous les nouveaux espaces.»

Passer le flambeau

Après avoir piloté le projet d'agrandissement de Pointe-à-Callière, qui coïncidera avec le 25e anniversaire du musée qu'elle a fondé, Francine Lelièvre entend passer le flambeau.

«Il sera alors temps de penser à une retraite, une retraite active», a-t-elle précisé. Mme Lelièvre a reçu récemment le Prix du service méritoire 2014 remis par l'Association des musées canadiens.