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Saisie de maison : des impacts directs sur votre crédit

Agence QMI

Si, auparavant, rendre les clés de sa maison était relativement simple, la procédure est aujourd’hui plus lourde de conséquences.

« Depuis deux ans, 95 % des reprises sont des ventes sous contrôle de justice. Ce qui veut dire que si la maison est vendue à perte, et c’est souvent le cas, la dette reviendra au propriétaire », explique Pierre Fortin, du syndic Fortin et associés.

Par le passé, les créanciers procédaient plutôt à une prise en paiement. Ils ne pouvaient donc pas récupérer un éventuel manque à gagner suite à la revente du bien, ni poursuivre l’ancien propriétaire.d

Dans un cas comme dans l’autre, l’effet sur le dossier de crédit est le même qu’une faillite.

« Il faut donc absolument prendre tous les moyens nécessaires pour éviter d’en arriver là. Il n’en coûte rien de prendre le téléphone et d’essayer de s’entendre avec sa banque », poursuit le syndic.

Entente avec un créancier

Hugo Leroux, président d’Hypotheca, soutient que les créanciers sont généralement très ouverts à prendre entente avec eux.

« La dernière chose que les banques veulent, c’est reprendre une propriété. Pour leur image, ce n’est jamais bon. Et ils ne sont pas outillés pour le faire », soutient-il. Selon lui, les banques n’ont pas « d’argent à faire » avec les reprises.

Reporter un paiement à la fin du terme, payer seulement les intérêts pendant quelques mois ou un refinancement hypothécaire sont au nombre des arrangements possibles.

« Les clients en défaut ont souvent le réflexe de se cacher plutôt que d’aller au devant pour expliquer leur situation. Mais ils seraient surpris des possibilités qui s’offrent à eux. »

L’Association des banquiers canadiens abonde aussi en ce sens. « Ceux qui sont en difficulté sont invités à contacter leur banque pour obtenir des conseils et surtout se prévaloir d’ententes souples de remboursement de leur prêt », soutient Éric Prud’homme, directeur général, direction du Québec, au regroupement.

Les institutions financières et prêteurs hypothécaires contactés n’ont pas voulu préciser leur façon de faire en cas de défaut de paiement, précisant que tous les cas sont uniques.

À la Banque de Montréal, on indique que « lorsque les paiements sont en retard, nous approchons nos clients afin de comprendre les raisons pour lesquelles il y a eu défaut de paiement. Souvent, ces situations sont résolues rapidement et les paiements sont mis à jour.»

Un long processus

Ce n’est qu’après un processus qui peut s’étirer sur quatre à six mois, que la maison sera reprise par le créancier.

La Loi permet aussi au propriétaire de rembourser les défauts jusqu’à ce que la résidence soit vendue ou qu’un jugement soit rendu.

« Il y a d’abord une communication écrite de la part de la banque, suivi d’une mise en demeure et finalement de l’envoi d’un préavis d’exercice d’un droit hypothécaire, mieux connu comme l’avis de 60 jours. Ces délais doivent inciter à une réflexion en profondeur sur sa situation financière », indique Pierre Fortin. 

 

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