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L'auteur présumé du stratagème inculpé par un collègue

Appels automatisés par les conservateurs

Giuseppe Valiante

Un ancien collègue conservateur de Michael Sona, l'homme soupçonné d'être à l'origine des appels téléphoniques automatisés illégaux dans la circonscription de Guelph lors des élections fédérales de 2011, a laissé entendre que Sona a agi seul.

Michael Sona subit son procès à Guelph. Celui qui était directeur des communications pour la campagne électorale des conservateurs dans Guelph maintient son innocence devant les accusations portées contre lui.

Lors de son témoignage mercredi, Andrew Prescott, l'ancien directeur adjoint de la campagne du candidat conservateur dans Guelph, a toutefois révélé que le 2 mai 2011, Michael Sona lui a demandé comment télécharger une liste de numéros de téléphone d'une banque de données du Parti conservateur dans le service de messagerie téléphonique automatisée RackNine.

Plusieurs heures plus tard, après que des appels automatisés eurent été faits à des citoyens de Guelph présumément non conservateurs, leur indiquant que leur bureau de vote avait été changé, Sona aurait dit à Prescott : «"Ça marche!"»

«Sona était presque euphorique», a témoigné M. Prescott.

Andrew Prescott a aussi expliqué que, le jour de l'élection, il avait vu un téléphone cellulaire prépayé sur le bureau de Michael Sona dans le bureau de circonscription ainsi que l'emballage du téléphone dans une poubelle.

Selon les documents de cour, le stratagème des appels automatisés aurait été créé à l'aide d'un téléphone prépayé.

Le nom associé à l'abonné du téléphone était celui de Pierre Poutine avec l'adresse «Separatist Avenue, Joliette, Quebec». Ces deux informations étaient fabriquées.

En contre-interrogatoire, l'avocat de Michael Sona, Norm Boxall, a fait référence à la transcription d'un témoignage précédent de Prescott à des enquêteurs d'Élections Canada où il aurait dit qu'il ne se souvenait pas qui lui avait demandé des informations sur le téléchargement de numéros de téléphone dans RackNine.

Prescott a aussi impliqué dans cette histoire le directeur de la campagne, Kenneth Morgan, qui, a-t-il avancé, lui aurait demandé, quelques jours avant les élections, les coordonnées du propriétaire de RackNine.

Prescott a signé une entente d'immunité pour témoigner contre Sona.