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«Je suis en colère!» - Nathalie Normandeau

TVA Nouvelles

EXCLUSIF - L'ancienne vice-première ministre du Québec de l'ère Charest, Nathalie Normandeau, n'a finalement témoigné qu'une seule journée devant la commission Charbonneau et au terme de l'exercice, elle se dit soulagée.

«Aujourd'hui, je sens que je peux tourner la page», a-t-elle confié lors d'une entrevue accordée en primeur à TVA Nouvelles. Elle en profite également pour fermer un livre: celui de son implication en politique.

«Je ne pensais pas que le prix à payer pour faire de la politique était aussi élevé», a admis Nathalie Normandeau. À un point tel qu'elle rejette toute possibilité d'y faire un retour, visiblement dégoûtée.

«Je suis en colère, évidemment! C'est un mélange de déception, de colère, de frustration et de révolte», résume-t-elle.

Une journée à la commission

Mme Normandeau s'est présentée ce matin, apparemment solide et préparée, prête à défendre son intégrité avec vigueur devant les commissaires.

Elle a soutenu que s'il y avait eu magouille lors de son règne, cela s'était fait à son insu, blâmant plutôt son ancien chef de cabinet, Bruno Lortie, qui aurait fourni des informations privilégiées à la firme de génie Roche. Auparavant, la commission d'enquête avait fait la démonstration que Roche s'était montrée la plus généreuse en dons dans l'ancienne circonscription de Nathalie Normandeau, Bonaventure, en Gaspésie.

Si elle se trouvait devant M. Lortie ce soir, elle tenterait d'ailleurs d'en savoir un peu plus sur ce qu'il a raconté aux commissaires. «Je lui poserais des questions sur ce qu'il a réellement fait, parce que là, on est dans un contexte de faits non avérés», explique-t-elle.

«Incorruptible»

Sur les médias sociaux, plusieurs internautes qui ont suivi son témoignage devant la commission Charbonneau ont jugé que l'ex-ministre l'avait eue «facile».

Mais celle qui a été la femme de confiance de Jean Charest est fermement en désaccord. «Ça fait deux ans que mon nom se retrouve dans les journaux à répétition, deux ans que mon nom est injustement traîné dans la boue... et tout ça est fondé sur quoi? Aujourd'hui, je me rends compte: absolument rien», a soutenu celle qui estime avoir fait son travail de ministre de façon honnête.

Elle rappelle aussi qu'aucune accusation n'a été déposée contre elle. Se décrivant comme «incorruptible», elle assure n'avoir jamais accordé de retour d'ascenseur, du temps où elle était ministre. «Je n'ai jamais commis d'acte criminel», a-t-elle martelé.

Nathalie Normandeau est également claire sur un point: «ce n'est pas une partie de plaisir d'aller à la commission.» Elle reconnaît d'ailleurs que l'exercice lui a valu plusieurs heures de préparation.

Maintenant, il lui tarde de mettre l'épisode derrière elle. «J'espère qu'un jour ça va s'arrêter, parce qu'une enquête, ça a un début mais ça a une fin», a-t-elle expliqué.

À rebours, qu'est-ce qui l'aura le plus affectée? Mme Normandeau réfléchit un instant, puis se lance. «Moi, j'ai 46 ans. Tout ce qu'il me reste dans la vie, c'est de construire sur mon intégrité et mon honnêteté», confie-t-elle, la voix étranglée par l'émotion.

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