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L'héritage laissé par Réal Carbonneau

Tragédie de rafting, 10 ans déjà

Il y a 10 ans aujourd'hui, Réal Carbonneau, ancien directeur régional du service de protection de la Faune en Estrie, trouvait la mort dans une descente de rafting au centre-ville de Sherbrooke.

L'événement protocolaire du 19 juin 2004 avait tourné au drame lorsque l'embarcation dans laquelle prenaient place neuf dignitaires et un guide avait chaviré dans les eaux de la rivière Magog, à la hauteur du barrage Abénakis.

L'ancien maire de Sherbrooke, Jean Perrault, qui avait bien failli y laisser sa vie lui aussi, n'était jamais retourné si près des lieux du drame avant cette semaine. «C'est la première fois que j'en reparle publiquement et la première fois que je reviens si près de l'eau. Ouf! Dix ans plus tard, c'est difficile! Réal était un ami.»

Une fois le radeau chaviré, Jean Perrault avait aidé sa collègue Chantal L'Espérance à remonter dans l'embarcation. Il s'était alors retrouvé sous le radeau, avant d'être emporté et secoué violemment par les remous du rapide Hyatt. Il avait échoué sur la rive, exténué ! «Je frappais le fond de la rivière, je remontais, je frappais des roches. J'avais du sang partout. Aujourd'hui, je me dis que mon heure n'était pas sonnée, mais j'ai vu les portes de pas mal proche!».

(TVA Nouvelles, archives)

Une fois à la maison, Jean Perrault avait été avisé par la police de revenir sur les lieux de la descente, puisque Réal Carbonneau était porté disparu. Seule sa veste de flottaison, que plusieurs témoins avaient d'ailleurs aperçue à la dérive, avait été localisée. L'homme de 49 ans, avait été retrouvé sans vie, plus d'une heure après le départ de la descente, un pied coincé sous une roche. Il laissait dans le deuil son épouse et trois enfants.

(TVA Nouvelles, archives)

Une des motivations de Jean Perrault à partager ses douloureux événements aura été d'apprendre que le fils de Réal Carbonneau marchait aujourd'hui dans les traces de son père. «Je suis agent de la faune, comme mon père. Je travaille sur la Côte Nord», nous dit fièrement Nicolas Carbonneau, aujourd'hui âgé de 24 ans. «J'avais 14 ans au moment de l'accident. En plein l'âge où un adolescent a besoin d'une présence paternelle pour l'épauler.»

Ses valeurs et sa passion pour la nature, Réal Carbonneau aura eu le temps de transmettre à son fils. «Au Québec, nous sommes très choyés de par nos ressources naturelles. D'avoir un travail qui implique que je protège cela, pour moi, c'est très valorisant!».

Nicolas Carbonneau (gracieuseté)

Dix ans ont passé. L'épouse de Réal Carbonneau, Lynda Lapointe, est toujours habitée par la peine, mais aussi par la fierté. «Je suis très émue d'entendre parler Nicolas comme ça. Réal leur a laissé un bel héritage: celui d'apprécier la nature et d'en être respectueux.»

La famille Carbonneau fait un détour chaque année par Sherbrooke pour passer au Marais Réal D. Carbonneau. L'agent de protection de la faune avait eu l'idée de transformer le site d'un ancien dépotoir. Pour réhabiliter le marais, pas moins de 60 tonnes de détritus y ont été retirés. À l'entrée du marais, le visage de Réal D. Carbonneau est gravé sur une pierre. On peut lire : «Admirez et appréciez la splendeur de ce marais, j'ai tant aimé m'y promener!»

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