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Encore des coupes à Radio-Canada

Effectifs réduits de 25% d'ici 2020

CBC/Radio-Canada réduira ses effectifs de 25 % d'ici 2020, a annoncé la direction de la société d'État, jeudi, lors d'une conférence de presse visant à présenter son plan quinquennal.

Selon le président Hubert T. Lacroix, le diffuseur public comptera de 1000 à 1500 employés de moins d'ici les cinq prochaines années. La plupart des quelque 300 employés qui partent à la retraite chaque année ne seront pas remplacés. Reste que pour faire fondre le quart de sa main d'œuvre, différents secteurs devront procéder à des licenciements, a admis M. Lacroix.

Cette réduction des ressources s'ajoute aux compressions de 130 millions $ annoncées en avril dernier par M. Lacroix, qui avaient forcé la suppression de 657 postes à plein temps d'ici deux ans. D'autres compressions avaient aussi été effectuées ces dernières années.

«On ne veut plus faire d'annonces comme celles-là, a dit M. Lacroix, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue en après-midi jeudi. On veut se donner un avenir, une meilleure situation financière qu'on va pouvoir mieux contrôler.»

En conférence de presse, tant le président que le vice-président principal des services français, Louis Lalande, se sont montrés positifs, préférant mettre l'accent sur la transition numérique qu'amorce la société d'État plutôt que sur la réduction des ressources.

En effet, l'annonce de jeudi s'inscrit dans une stratégie appelée «Un espace pour tous» visant à doubler la présence de la société d'État sur ses plateformes numériques et mobiles d'ici 2020.

«Nous devons trouver un moyen d'assurer notre viabilité, a indiqué M. Lacroix. Cette fois-ci, ces changements - et certains d'entre eux seront difficiles - nous permettront d'améliorer notre environnement.» Le diffuseur public dit vouloir explorer de nouvelles formes d'écriture et de nouvelles formes narratives.

Moins de productions maison

Pour mettre en œuvre cette transition «d'un modèle traditionnel à un modèle moderne», CBC/Radio-Canada réduira «considérablement» sa production interne d'émissions générales de télévision «à l'exclusion de l'information, des affaires publiques et de la radio», a précisé la haute direction. On n'exclut toutefois pas d'amputer certains bulletins de nouvelles de soirée, qui passeraient de 90 à 30 minutes. L'information régionale et les sports seront les plus touchés.

Pour ces émissions de divertissement, CBC/Radio-Canada compte «davantage se tourner vers des producteurs indépendants», a indiqué M. Lalande. Quant à savoir ce qu'il adviendra de ses six studios de production à Montréal, les deux dirigeants ont mentionné qu'il est encore trop tôt pour statuer sur leur avenir. «On va garder un noyau d'expertise en matière production», a assuré M. Lalande.

La programmation à heures de grande écoute sera préservée par ce changement de cap.

Ce sont les émissions diffusées dans la journée qui écoperont le plus. Au printemps dernier, l'émission «Alors on jase» avait déjà souffert de cette restructuration, alors qu'on avait annoncé qu'elle ne reviendrait pas.

La société d'État mise aussi sur une diminution de ses espaces de bureaux pour parvenir à équilibrer son budget. D'ici cinq ans, elle compte se réduire de moitié ses infrastructures à travers le Canada.

Le syndicat veut un moratoire

Dans un communiqué, le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN), la Fédération nationale des communications-CSN et la Confédération des syndicats nationaux ont uni leur voix pour dénoncer les orientations du plan stratégique dévoilé par la société d'État.

Le dévoilement de ce plan stratégique «nous démontre encore une fois que la haute direction de CBC/Radio-Canada effectue des changements majeurs qui démantèlent et privatisent de nombreuses activités importantes de ses opérations, ce qui affecte dangereusement l'avenir du diffuseur public, et ce, sans consultation et surtout, sans mandat», a déploré le président du FNC-CSN, Alex Levasseur.

«Ces nouvelles orientations signent la mise à mort de la production interne dans tous les secteurs, sauf celui de l'information», a-t-il ajouté.

Le président conclut sa missive en revendiquant un moratoire sur toute compression budgétaire à CBC/Radio-Canada «et la mise en place urgente d'une commission parlementaire publique sur l'avenir de notre seul diffuseur public au pays».

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