/news/law

L'ex-ingénieur Gilles Vézina risque trois ans de radiation

Témoin à la commission Charbonneau

Le syndic de l'Ordre des ingénieurs demande trois ans de radiation pour Gilles Vézina, ancien ingénieur à la Direction des infrastructures de la Ville de Montréal, dont le nom a retenti à maintes reprises à la commission Charbonneau.

L'ex-ingénieur Gilles Vézina, mis à pied par la Ville de Montréal en novembre 2012 et aujourd'hui à la retraite, s'expose à une radiation de la profession de trois ans.

Après l'avoir entendu lundi matin, le Conseil de discipline de son Ordre rendra sa décision dans les prochaines semaines.

À l'automne 2012, M. Vézina avait reconnu devant la commission Charbonneau avoir reçu de nombreux cadeaux de la part d'entrepreneurs en construction lorsqu'il était à l'emploi de la Ville de Montréal.

À l'époque des faits, il était le supérieur de l'ingénieur Luc Leclerc qui avait admis avoir reçu plus de 500 000$ en pots-de-vin notamment pour gonfler des extras sur les chantiers. Ce dernier estimait avoir bénéficié de la «complicité tacite» de son patron.

À la suite de ces allégations, le syndic de l'Ordre des ingénieurs avait déclenché une enquête menant au dépôt d'une plainte contre Gilles Vézina. Il lui était notamment reproché d'avoir dérogé au Code de déontologie des ingénieurs en acceptant des avantages et des cadeaux.

Retraite

Gilles Vézina a été déclaré coupable et n'a pas contesté la sanction de trois ans de radiation requise par le syndic de l'Ordre des ingénieurs lundi matin.

«Mon client reconnaît avoir fait preuve d'un peu de laxisme dans son travail, il a fait un peu trop confiance à certaines personnes. Il aurait dû être plus prudent», a indiqué son avocate Me Guylaine Lavigne.

Il a toutefois toujours nié avoir reçu quelque somme d'argent que ce soit contrairement à plusieurs de ses confrères à la Ville de Montréal, a-t-elle rappelé.

Le syndic juge que la punition demandée est «appropriée» et «sévère», malgré le fait que Gilles Vézina ait précisé qu'il n'était plus membre de l'Ordre des ingénieurs depuis février et qu'il ne comptait pas renouveler son inscription dans le futur puisqu'il a pris sa retraite.

«Ce n'est pas un facteur à prendre en considération. Théoriquement il peut se réinscrire demain», a déclaré Me Sébastien Dyotte, l'avocat du syndic.

«Il faut que la sanction ait un effet dissuasif. La gravité des gestes posés est objectivement élevée (...)», a-t-il fait valoir au président du Conseil de discipline Me Jean-Guy Légaré.

Gilles Vézina a quitté la salle en indiquant qu'il ne ferait aucun commentaire.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.